🖤 Ski alpin · In memoriam · Roland Collombin 🇨🇭

Swiss-Ski rend hommage à l'enfant terrible du ski alpin helvétique

Vice-champion olympique à Sapporo 1972, double vainqueur à Kitzbühel, double détenteur du globe de descente. Roland Collombin est décédé vendredi à 75 ans après un long combat contre le cancer. L'imprévisible, le fougueux, l'inoubliable rival de Bernhard Russi nous a quittés.

La presse suisse le comparait à John McEnroe et disait qu'il avait du Fendant dans les veines. Il ne s'en formalisait pas — c'était un peu vrai, et il le savait. Roland Collombin, enfant terrible du ski suisse, génie fougueux de la descente, est mort vendredi à 75 ans après un long combat contre le cancer. Swiss-Ski a annoncé son décès et lui a rendu un hommage empreint de respect et de reconnaissance.

🏆 Roland Collombin — Palmarès
🥈Vice-champion olympique descente · Sapporo 1972 · derrière Bernhard Russi
🥈Vice-champion du monde descente · Sapporo 1972
🌍8 victoires en Coupe du monde · 2 globes de cristal de descente
🏔️2 victoires à Kitzbühel (1973, 1974) · Wengen 1974 (1re victoire suisse depuis 20 ans)
⚕️Carrière arrêtée à 24 ans — double fracture vertébrale à Val d'Isère (1975) · 2 jours de paralysie

D'un côté Bernhard Russi, le chouchou du pays, le gendre idéal, l'élève modèle. De l'autre Collombin, l'impulsif, le bon vivant valaisan qui faisait la fête sur les pistes et en dehors et se moquait éperdument de son image.

Les deux hommes étaient les meilleurs skieurs suisses du début des années 70, rivaux sur les pistes et amis dans la vie. Russi, pourtant, était convaincu que derrière les portes closes, Collombin travaillait aussi dur que les autres, malgré les apparences soigneusement entretenues.

L'histoire de Sapporo 1972 dit tout sur lui. Il débarque au Japon sans attentes, avec une 7e place comme meilleur résultat en CdM.

Après des chronos d'entraînement étonnants, il dit avoir paniqué. Il repart avec l'argent derrière Russi et passe temporairement en prison après une soirée mémorable avec le hockeyeur Jacques Pousaz. S

a carrière au plus haut niveau tient en trois ans, tous ses succès regroupés de 1972 à fin 1974. La piste Oreiller-Killy à Val d'Isère garde son nom sur le saut qui a mis fin à sa carrière en 1975 : la Bosse à Collombin.

Swiss-Ski gardera de lui un souvenir empreint de respect et de reconnaissance. Swiss-Ski — communiqué officiel

Après le sport, il resta fidèle à lui-même, alpage, vigneron, restaurateur, tenancier du bar à raclette Le Streif à Martigny, bistrot à Versegères son village natal. C'est là qu'il rencontra Sarah, une Québécoise, dont il eut un fils et une fille.

En 1989, il frôla la mort dans une collision frontale. En 2018, il se disait au meilleur de sa vie, partant en montagne chaque jour avec sa femme. Le cancer du foie, après le cancer de la gorge surmonté, aura eu raison de ce corps qui avait bravé les pistes les plus raides de la planète.