221 km de transition tranquille, un passage à niveau, et un sprint massif en légère montée. Andresen a lu la course mieux que tout le monde — et Decathlon CMA-CGM signe un 8e succès en 2026.
Deux cents kilomètres pour rien, vingt pour tout
La Toscane est derrière, les Abruzzes devant. L'étape 3 de Tirreno-Adriatico avait tout d'une journée de transit — 221 km, profil bossé en première moitié puis roulant, aucune échappée digne de ce nom. La pluie a escorté le peloton pendant les 170 premiers kilomètres, rendant la course encore plus prudente, encore plus compacte. Et puis, comme pour confirmer que rien ne se passe normalement sur cette édition, un train a traversé un passage à niveau, forçant l'organisation à neutraliser la course quelques minutes. Le peloton a roulé au ralenti, les équipes de sprinters se sont regardées, et la course a repris son cours.
À 24 km de l'arrivée, Jonas Abrahamsen (Uno-X) a tenté d'animer avec un petit quatuor — sans succès. La dernière ligne droite, en légère montée, s'est chargée de réveiller tout le monde en même temps. Sprint massif, tension maximale, et un homme plus rapide que les autres : Tobias Lund Andresen.
« Je voulais lancer le sprint en premier, surtout après avoir vu Jonathan Milan attaquer tôt. Ma saison a très bien commencé depuis l'Australie — j'ai beaucoup progressé grâce à cette équipe fantastique. »— Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA-CGM), vainqueur de l'étape 3
Milan trop tôt, Andresen au bon moment
Decathlon CMA-CGM a parfaitement géré la finale, lançant son Danois dans les conditions idéales. Jonathan Milan (Lidl-Trek), le sprinteur le plus attendu, a ouvert trop tôt — erreur classique sur une arrivée en faux plat montant. Andresen a vu le mouvement, a patienté une fraction de seconde de plus, puis a pris son envol pour ne plus jamais être repris. Arnaud De Lie (Lotto Intermarché) et Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck) complètent le podium, réduits à jouer les accessits.
Très attendu sur cette étape, Paul Magnier (Soudal Quick Step) n'a pas eu les positions requises au bon moment. Le Français termine 4e, esseulé dans la boîte, sans possibilité de lancer son sprint dans de bonnes conditions. Une frustration de plus pour un coureur qui cherche encore sa première grande victoire.
Del Toro tient, le général reste serré
Au classement général, rien n'a bougé. Isaac Del Toro (UAE Emirates-XRG) conserve le maillot bleu de leader avec 4 secondes d'avance sur Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora Hansgrohe) — un écart symbolique qui promet une fin de semaine animée quand la route commencera à monter. Magnus Sheffield (Ineos Grenadiers) est 3e à 14 secondes, Sheffield et Heatherly s.t., Roglič qui guette toujours.
Décathlon CMA-CGM, elle, s'offre un bilan de saison déjà remarquable. Huit victoires en moins de trois mois — et pas des moindres : le CLM par équipes hier sur Paris-Nice, et maintenant un succès au sprint sur une course WorldTour de premier plan. Andresen monte en puissance au bon moment, pile avant les grandes classiques où son équipe joue toujours un rôle.
Tagliacozzo › Martinsicuro · 210 km · Deux bosses en première partie de parcours, finale roulante. Les sprinteurs sont encore favoris — mais le tracé est assez piégeux pour qu'une échappée tente sa chance. Del Toro défend 4 secondes sur Pellizzari.
