Il voulait les Strade Bianche, il a eu San Gimignano. Même gravier, même chaos, même résultat. Mathieu Van der Poel n'a pas attendu longtemps pour effacer ses regrets.
Les regrets des Strade Bianche, soldés en une journée
Mathieu Van der Poel avait regardé les Strade Bianche depuis son canapé le week-end dernier, et ça le démangeait. Ce mardi, la deuxième étape de Tirreno-Adriatico lui a offert un décor presque identique : routes blanches, chemins caillouteux, finale technique sur les pavés de San Gimignano. Le Néerlandais d'Alpecin-Deceuninck a réglé ses comptes avec méthode.
Sur les 206 km entre Camaiore et la cité médiévale toscane, la course s'est décidée bien avant l'arrivée. À l'entrée du secteur empierré, Julian Alaphilippe a été le premier à allumer la mèche, vite relayé par Van der Poel qui a vidé les cartouches. La sélection a été brutale. Le peloton s'est disloqué, les favoris ont souffert, et la pluie s'est chargée de rendre le tout encore plus périlleux.
« Je regrette de ne pas avoir fait les Strade Bianche — aujourd'hui, j'ai eu ma revanche sur ce type de parcours. »— Mathieu Van der Poel (Alpecin-Deceuninck), après l'arrivée
La pluie, les chutes, et le chaos qui fait le jeu de VDP
Pile à l'entrée du circuit final, une grosse averse a transformé la chaussée en patinoire. Les descentes techniques et les virages serrés ont fait des victimes. Thymen Arensman (Ineos Grenadiers), deuxième au général au départ, a tout perdu dans une chute — lui qui redoutait pourtant le gravier malgré un solide bagage de cyclocrossman. Matteo Jorgenson (Visma-Lease a Bike), prudent mais pas assez, a subi le même sort.
Dans ce chaos, deux hommes ont gardé la tête froide : Isaac Del Toro et Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora Hansgrohe), très en jambes, ont ferraillé pour recoller à Van der Poel. Le trio s'est retrouvé ensemble pour se disputer la victoire dans les ruelles pavées de San Gimignano.
Pellizzari a failli — Van der Poel a résisté en danseuse
Dans les ruelles du village toscan, Pellizzari a cru tenir sa victoire. Le jeune Italien a lancé son sprint en avance, forçant Van der Poel à répondre immédiatement. Le Batave, aperçu grimaçant dans l'effort, est sorti de selle et a débordé ses deux adversaires en danseuse pour valider son succès. Deuxième bouquet de sa saison après Het Nieuwsblad fin février — et la promesse que la saison des classiques sera la sienne.
Del Toro, lui, repart avec l'essentiel : le maillot bleu de leader. Le Mexicain de UAE Emirates-XRG prend la tête du classement général aux dépens de Filippo Ganna, dont les 22 secondes d'avance gagnées la veille ont fondu dans les chemins blancs.
Del Toro en jaune, Roglič à l'affût
Le classement général s'est redessiné en une étape. Del Toro garde trois secondes de marge sur Pellizzari — un écart dérisoire qui promet des batailles. Sheffield (Ineos) est 3e à 13 secondes devant Heatherly et Roglič, qui cherche encore ses repères après son stage en altitude. Jorgenson accuse une lourde pénalité après sa chute et sort du coup de l'équation pour le général.
Pour Van der Poel, la journée est parfaite. Il a pris sa victoire, il a mis le feu, et il repart sans pression vers les Classiques. San Remo, puis les pavés du Nord — la saison s'annonce longue pour ses adversaires.
Cortona › Magliano de' Marsi · 221 km · Final légèrement bosselé. Les sprinteurs reprennent la main — sauf incident de course, une étape pour les hommes rapides avant les journées décisives en montagne.

