🎿 Ski de fond · Zak Ketterson

Comment Ketterson est devenu norvégien d'adoption

Vainqueur surprise de la Toppidrettsveka devant les fondeurs locaux, l'Américain revient sur son installation à Oslo et le nouveau modèle d'entraînement qui semble transformer sa saison.

Dimanche dernier, Ketterson a remporté la Toppidrettsveka, à la surprise générale devant l'élite Norvégienne et certains des meilleurs fondeurs mondiaux.

Cette progression remarquable de l'Américain s'explique par deux choix forts : modifier sa méthode d'entraînement et s'installer en Norvège pour concourir quotidiennement au plus haut niveau.

Une décision mûrement réfléchie

Le départ pour la Norvège était une option qu'il envisageait depuis quelques années. La décision finale a été prise à la fin de la saison dernière.

Je n'avais rien à perdre. L'un des aspects les plus importants de ma carrière, pour progresser, est de me mettre à l'aise dans des environnements où je peux apprendre de fondeurs plus expérimentés. Je savais que si je terminais ma carrière de skieur sans avoir jamais vécu une telle expérience, je le regretterais peut-être toute ma vie. Zak Ketterson — Langrenn.com

Installé à Oslo avec sa femme Julie, qu'il a épousée en 2026, Ketterson a choisi cette ville pour sa proximité avec les installations utilisées par les meilleurs fondeurs du pays.

Holmenkollen est un site de Coupe du monde. C'est à seulement cinq minutes de chez nous, à Oslo. Il y a une piste de ski à roulettes de cinq kilomètres, très technique et exigeante. S'y entraîner régulièrement permet d'améliorer ses performances. Zak Ketterson
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L'équipe Aker Dæhlie et un programme sur mesure

L'Américain s'entraîne désormais régulièrement avec l'équipe Aker Dæhlie, la structure privée norvégienne à laquelle il est affilié lorsqu'il ne concourt pas pour les États-Unis.

Il a également bénéficié du soutien de Torstein Dagestad, l'entraîneur qui avait succédé à Mattis Stenshagen à la tête de l'équipe Swix.

Dagestad a accepté de l'aider dans sa préparation, en lui construisant un modèle entièrement personnalisé, lui offrant davantage d'autonomie dans la gestion de son entraînement.

C'est sans doute le plus grand changement que j'ai opéré depuis mon arrivée en Norvège. Aux États-Unis, il est courant que les équipes s'entraînent ensemble tous les jours, voire deux fois par jour. Cela peut compliquer l'adaptation du programme en cas d'imprévu. En Norvège, les équipes s'entraînent généralement ensemble une à trois fois par semaine seulement, et ce sont souvent les séances les plus importantes. Cela offre une bien plus grande liberté pour adapter son programme les autres jours. Zak Ketterson

Des blocs de quatre jours plutôt qu'une périodisation classique

La structure d'entraînement de l'Américain a elle aussi évolué. Il suivait auparavant une périodisation traditionnelle basée sur trois semaines de charge suivies d'une semaine plus légère.

Il utilise désormais des blocs de quatre jours : une séance d'intervalles, deux séances à volume élevé et un jour de repos, le bloc suivant démarrant aussitôt le précédent terminé.

🔄 Le cycle de 4 jours
1️⃣Une séance d'intervalles
2️⃣Deux séances à volume élevé
3️⃣Un jour de repos, puis reprise immédiate du cycle suivant
Ainsi, vous bénéficiez toujours d'une journée de repos avant votre séance d'intervalles. La qualité de vos intervalles s'en trouve améliorée, car vous vous sentez plus frais. Parallèlement, vous parvenez à vous entraîner de manière régulière et avec un bon volume, au lieu de vous entraîner intensément pendant quelques semaines et de devoir ensuite consacrer la semaine suivante à la récupération. Zak Ketterson

Ce système, qui présente plusieurs similitudes avec celui adopté avec succès par certaines équipes privées norvégiennes et plusieurs biathlètes de haut niveau, lui permet aussi de mieux suivre sa progression et d'ajuster sa charge d'entraînement à ses sensations quotidiennes.

Je trouve que ce système me permet de comprendre très facilement si ma condition physique s'améliore de semaine en semaine. En même temps, il me permet d'être à l'écoute de mon corps, car il est très facile d'ajuster l'entraînement d'un cycle de quatre jours à l'autre. Zak Ketterson

Des résultats qui ne se sont pas fait attendre

Dès août 2025, Ketterson constatait déjà les premiers signes de progrès. Durant l'hiver, il signait son premier top 10 en Coupe du monde, terminait cinq fois dans le top 20 et était sélectionné pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina, où il participait au relais et à trois des quatre épreuves individuelles.

Fort de son succès à la Toppidrettsveka et à l'approche du début de la saison de Coupe du monde fin novembre, le fondeur de 29 ans préfère toutefois ne pas se focaliser exclusivement sur un objectif unique.

Mon objectif principal est de devenir le meilleur coureur de fond possible, de me concentrer sur les bonnes pratiques au quotidien, et d'espérer que le reste suive. Zak Ketterson

Il dit avoir également puisé de l'inspiration dans le parcours de Mattis Stenshagen, avec qui il s'est entraîné durant l'été et l'automne 2025.

C'était très inspirant de voir Mattis Stenshagen, avec qui je me suis beaucoup entraîné l'été et l'automne derniers, réaliser une saison aussi positive. Il a réussi à se qualifier pour l'équipe olympique norvégienne, ce qui semblait presque impossible. Zak Ketterson

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