Il y a des victoires qui se fêtent au champagne, et d'autres qui se noient dans les larmes.
Ce jeudi, Tommaso Giacomel a remporté le sprint d'Oberhof, devenant le premier Italien de l'histoire à gagner deux courses masculines consécutives en coupe du monde.
Mais sur la ligne d'arrivée, pas de cri de rage. Juste un doigt pointé vers le ciel.
Cette victoire, il l'a gagnée au nom de Sivert Guttorm Bakken, son ami norvégien tragiquement décédé le 23 décembre dernier à l'hôtel de Lavazé.
« Il n'y a rien à fêter aujourd'hui »
Au micro, le jeune homme de 25 ans a livré un témoignage d'une tristesse infinie, contrastant avec la performance sportive majuscule qu'il venait de réaliser
« C'était une sensation étrange. J'ai gagné la course, ce qui est bien, mais je ne suis pas heureux. Il n'y a rien à fêter aujourd'hui. »
La force de courir pour deux
Giacomel a avoué avoir vécu « l'un des jours les plus controversés de sa vie », tiraillé entre le deuil et l'adrénaline de la compétition.
Il a tenté de faire le vide après la commémoration émouvante du matin (et ce dossard 1 symbolique), mais c'est dans le dernier tour que tout s'est joué.
« Quand, dans le dernier tour, les techniciens m’ont dit que je le faisais pour lui, j’ai compris. Bakken aurait été fier. »