C'est une décision qui a fait tousser plus d'un puriste de l'olympisme, dont nous faisons partie.
Juste après avoir paradé lors de la cérémonie d'ouverture à Milan, l'Équipe de France de skicross a fait ses valises. Direction les pistes d'entraînement des Alpes ? Absolument pas.
Les Bleus se sont envolés pour... les îles Canaries ! Une mise au vert au soleil, loin de la neige, du froid et du village et du fameux moment de partage olympique, pour une "bulle" censée les protéger de la pression.
« Quand je leur dis qu'on part à la plage, les mecs hallucinent »
L'idée venait de Michel Lucatelli, l'entraîneur qui avait déjà réussi ce coup de maître en 2014 en emmenant son équipe en Turquie, avant de signer un triplé historique à Sotchi.
Avant l'épreuve, les athlètes assumaient totalement cette arrogance apparente face aux autres nations qui s'acharnaient sur les pistes.
« Les athlètes d'autres nations nous disent : "On cherche à s'entraîner, on va aller faire du ski là et là, et vous ?" racontait Youri Duplessis Kergomard avant la compétition.
Quand je leur dis qu'on part à la plage, les mecs hallucinent. Ça prend tout le monde à contre-pied. C'est beaucoup trop fort de faire ça. Il faut aussi savoir prendre des risques. »

La cruelle réalité : Un fiasco
Le problème avec les paris audacieux, c'est que l'on passe très vite du statut de génie incompris à celui de prétentieux.
« De toute façon, quand on fait les choses différemment des autres, quand ça marche, on nous encense. Quand ça ne marche pas, on se dit qu'ils ont fait l'inverse de tout le monde... » prédisait judicieusement Duplessis Kergomard.
Et le couperet est tombé. À peine rentrés d'Espagne pour disputer leurs épreuves, les Bleus ont fait naufrage.
Aucune médaille à se mettre sous la dent : Marielle Berger Sabbatel échoue à la pire des places (4e) chez les dames, tandis que Terence Tchiknavorian se contente d'une frustrante 5e place chez les hommes.
Cette fois le pari n'a pas marché mais comment peut-on cautionner une telle idée alors qu'on nous parle pendant 4 ans d'esprit olympique, de rêve d'enfant, et de souvenirs inoubliables entre athlètes.
En soit, les résultats ne sont pas catastrophiques, certes, mais des vacances au soleil, en plein JO, il fallait oser ! Il faudra trouver une meilleure idée pour 2030.

