Il y a des gestes qui valent mille mots. En franchissant la ligne d'arrivée du relais d'Oberhof en vainqueur, Vetle Sjåstad Christiansen n'a pas exulté. Il a levé un doigt vers le ciel.
Un message direct, poignant, envoyé à son ami et coéquipier Sivert Guttorm Bakken, décédé brutalement le 23 décembre dernier.
Au micro de la NRK, le colosse norvégien a craqué, révélant l'enfer émotionnel traversé par l'équipe depuis deux semaines.
« C’est la victoire et le relais les plus importants que nous ayons jamais remportés dans notre vie.
Je n’ai pas de mots pour décrire à quel point ces dernières semaines ont été éprouvantes. J’ai probablement pleuré à presque chaque réunion de coureurs. »
« Mon corps était là, mais ma tête était ailleurs »
Avant ce relais salvateur, Christiansen avait sombré lors du sprint (64e), vidé par la cérémonie d'hommage organisée la veille. Le deuil avait pris le pas sur le sportif.
« Je crois que ça a été absolument horrible. Et ça m'a épuisé. Jeudi, j'étais complètement à plat. Mon corps était là, à Oberhof, mais ma tête était ailleurs. »
Mais ce dimanche, porté par une force invisible et le soutien "extraordinaire" reçu de toute la communauté du biathlon ("des milliers de messages"), il a trouvé les ressources pour conclure le travail de l'équipe et coiffé Eric Perrot dans le final.