Qui de mieux placé qu'Éric Perrot pour décrypter le grand duel du biathlon mondial ?
Né d'un père français et d'une mère norvégienne, le champion du monde a grandi à la croisée des deux cultures dominantes de son sport.
Et lorsqu'il compare l'approche de la France à celle de la Norvège, son constat est sans appel : tout est une question d'ambition, parfois poussée à l'extrême.
Pour le Français, le modèle scandinave n'a rien à voir avec le nôtre. « En Norvège, il y a beaucoup d'ambition autour du sport, ça peut se rapprocher un peu de la culture américaine, spécialement dans le ski », analyse-t-il sur le site Olympics.
L'usine à champions : deux entraînements par jour à 13 ans
Ce qui frappe le plus Éric Perrot, c'est la professionnalisation ultra-précoce des enfants norvégiens. Là-bas, les familles investissent massivement, comme de véritables petites écuries de Formule 1.
« Ça m'a préservé »
Face à cette débauche d'énergie, le biathlète des Saisies n'hésite pas à employer des mots forts : « C'était... J'ai presque envie de dire excessif pour cet âge-là. »
Lui a choisi, ou plutôt vécu, une autre voie. Bien qu'issu d'une famille de biathlètes, il n'a « jamais été poussé à autant d'entraînements si jeune ».
Une approche française plus progressive qu'il ne regrette absolument pas aujourd'hui, au sommet de son art : « Je pense que ça m'a préservé », admet-il avec lucidité.