Sur la ligne d'arrivée, sa 8e place semble presque miraculeuse au vu des événements. Samedi, lors de la poursuite d'Oberhof, Éric Perrot n'a pas seulement lutté contre ses adversaires, mais aussi contre les éléments et son propre matériel.
Le Savoyard a livré un témoignage glaçant sur la chaine l'Equipe, au sens propre comme au figure, de sa course.
La "triple baffe" d'entrée
Tout a mal commencé avec trois fautes dès le premier tir couché. Une erreur de lecture du vent que le biathlète a payée cash.
« Ah oui, ça fait mal ces trois fautes... Une triple baffe. C'est dur à expliquer. J'ai peut-être loupé une information au niveau du vent. »
L'incident rarissime : le chargeur casse !
Mais le pire était à venir lors du tir debout. Transi de froid, Perrot a vu son matériel le lâcher au pire moment.
« Mon chargeur a décidé de se casser parce qu'il devait avoir froid comme moi... La balle tombe dans le chargeur au lieu d'être remontée. Ce sont des choses qui n'arrivent jamais.
« Je n'avais aucune sensation dans les mains »
S'ensuit alors une lutte désespérée. Obligé de charger la balle manuellement, Perrot ne sent plus ses doigts à cause des températures polaires d'Oberhof.
« La balle tombe, je dois tout enlever... Je finis par y arriver miraculeusement. Bref, un calvaire », raconte-t-il, soulagé d'avoir tout de même réussi à mettre la balle dans la cible.
Sauvé par une forme étincelante sur les skis, Éric Perrot préfère philosopher : « C'est aussi ça le biathlon, il y a des aléas. Heureusement sur les skis c'était bien, sinon cela peut donner une course catastrophe.
J'ai fait de mon mieux, je fais quand même huitième. Peut mieux faire ! »