Col du Galibier · 2 642 m · Savoie / Hautes-Alpes · Vallée de la Maurienne Col du Galibier
au Tour de France
· Émile Georget ·
2 642 mètres. Le col le plus haut régulièrement au programme du Tour de France. Un passage entre deux mondes — la vallée de la Maurienne au nord, le col du Lautaret et les Écrins au sud. Le panorama le plus vaste des Alpes. Et une route qui grimpe sans concession jusqu'aux neiges éternelles. Depuis 1911, le Galibier est le toit de la Grande Boucle.
01Le plus haut — et pas seulement en altitude
À 2 642 mètres d'altitude, le Galibier est le col le plus haut régulièrement au programme du Tour de France. Mais ce chiffre seul ne suffit pas à expliquer pourquoi les coureurs le redoutent et le respectent comme nulle autre montée alpine. Ce qui fait le Galibier, c'est la combinaison de l'altitude réelle — avec ce que ça implique en termes de raréfaction de l'air, de température et de conditions météo imprévisibles — et d'une approche qui ne pardonne pas. On n'arrive jamais au Galibier frais. La route y monte par étapes, depuis la vallée, à travers le col du Télégraphe et les lacets de Valloire, avant d'attaquer la vraie montée finale vers les 2 600 mètres.
C'est Henri Desgrange lui-même qui a rendu hommage au Galibier dans l'Auto après son premier franchissement au Tour de France en 1911. Il écrivait, dans un style grandiloquent mais sincère : devant cette montagne, tous les cols ne sont que de pâles prétentions. Plus d'un siècle plus tard, les coureurs n'ont pas changé d'avis. Le Galibier reste le col qui impose le silence dans les pelotons — celui dont on parle à voix basse les jours qui précèdent.
Le Galibier est au cyclisme alpin ce que l'Everest est à l'alpinisme — pas le plus difficile techniquement, mais le plus haut, le plus imposant, celui qui donne la mesure de tout le reste. Passer au sommet du Galibier en tête au Tour de France, c'est recevoir le Prix Souvenir Henri Desgrange. Une récompense à part entière, pour une montagne à part entière.
02Les voies d'accès — une montagne qui se mérite
Le Galibier n'est jamais une montée simple. Il s'attaque par le nord depuis Saint-Michel-de-Maurienne, via le col du Télégraphe et Valloire, ou par le sud depuis le col du Lautaret. Ces deux approches ont des caractères très différents — et c'est précisément ce qui rend l'organisation d'une étape du Tour sur le Galibier si complexe et si riche.
Versant Nord — Via Télégraphe et Valloire La Grande Approche Hors Catégorie
L'approche nord est la plus utilisée au Tour de France. Elle débute à Valloire après le franchissement du col du Télégraphe (1 566 m) — ce qui signifie que les coureurs ont déjà grimpé 11,9 km à 7,3% avant même d'aborder le Galibier proprement dit. Le col du Télégraphe et le Galibier forment ensemble l'un des enchaînements les plus redoutables du cyclisme alpin : 30 km de montée quasi ininterrompue, 2 200 m de dénivelé cumulé.
Versant Sud — Depuis le Col du Lautaret Le Raide Final Hors Catégorie
Le versant sud part du col du Lautaret (2 058 m), déjà à plus de 2 000 mètres d'altitude. La montée est plus courte mais l'air raréfié à cette altitude transforme chaque pourcentage en effort décuplé. La route grimpe en lacets serrés dans un paysage minéral et lunaire, sans végétation, avec le massif des Écrins et la Meije en toile de fond.
Tunnel ou Passage au Grand Air ? 2 556 m / 2 642 m Variable
Il existe deux façons de franchir le Galibier. Le tunnel perce la montagne à 2 556 mètres et offre un passage plus direct mais moins spectaculaire. La route du sommet, elle, grimpe jusqu'à 2 642 mètres. Le Tour de France passe au sommet quand la météo et l'enneigement le permettent, et par le tunnel sinon.
03Les passages décisifs de l'ascension nord
Le col du Télégraphe (1 566 m) est souvent oublié dans la présentation du Galibier — à tort. Ses 11,9 km à 7,3% depuis Saint-Michel-de-Maurienne constituent une ascension de première catégorie à part entière. Les coureurs arrivent à Valloire déjà bien entamés, avec 850 m de dénivelé dans les jambes, avant même d'attaquer le Galibier.
Plan Lachat marque le point à partir duquel la végétation disparaît et la pente se durcit pour de bon. À 2 100 mètres d'altitude, les arbres cèdent place aux éboulis et aux rochers. C'est ici que les attaques de fond décisives se déclenchent au Tour — ceux qui veulent faire la différence savent qu'en dessous de Plan Lachat, il est encore trop tôt.
Le sommet du Galibier est marqué par un buste d'Henri Desgrange, fondateur du Tour de France. Le coureur qui passe en premier au sommet du Galibier reçoit le Prix Souvenir Henri Desgrange — une récompense emblématique, souvent plus convoitée par les grimpeurs purs que les sprints intermédiaires.
041911 — Georget et la naissance d'une légende alpine
En 1911, un an après l'introduction du Tourmalet, Henri Desgrange pousse encore plus loin sa quête de l'inhumain en intégrant le Galibier au parcours du Tour. Émile Georget passe en tête au sommet lors de cette première historique. Desgrange, qui a assisté à la scène, écrit dans L'Auto des mots restés célèbres : il demande aux lecteurs d'ôter leur chapeau devant cette montagne imposante, au sommet de laquelle les héros du Tour ont souffert comme des damnés.
Depuis, le Galibier n'a pas quitté l'imaginaire du Tour. Il est le col de la démesure, celui qui rappelle chaque année que le vélo de compétition, c'est aussi et avant tout la conquête de la verticale — la recherche de ce que le corps humain peut donner à 2 600 mètres d'altitude, sur un vélo, sous le regard des glaciers.
05Le Galibier au Tour — les dates qui comptent
06Les records — ce que les chiffres disent
07Palmarès — les noms gravés dans la pierre
« Devant ce géant des Alpes, tous les cols ne sont que de pâles prétentions. Ôtez vos chapeaux, messieurs. »
— Henri Desgrange, L'Auto, 1911 — après le premier franchissement du Galibier au TourVous préparez l'ascension du Galibier à vélo ? Profil km par km, Télégraphe + Galibier, Plan Lachat, tunnel ou sommet, versant Lautaret, ravitaillement, où dormir — Guide cycliste complet du Col du Galibier →
