🎿 Ski de fond · Delphine Claudel 🇫🇷 · 30 ans

Delphine Claudel : « Cette saison, je fais du ski de fond pour moi. Les JO 2030 ? Je prends année après année. »

Deux saisons massacrées par les blessures. Des JO de Milan-Cortina bien en dessous de ses ambitions. Delphine Claudel, 30 ans, parle sans fard au Dauphiné : elle veut d'abord retrouver le plaisir avant de parler de 2030 et elle ne se mettra pas la pression si le plaisir ne revient pas.

Delphine Claudel avait un rêve en tête depuis Pékin 2022, où elle avait fini 9e du skiathlon et 7e du 30 km. Milan-Cortina, c'était pour elle. Les blessures en ont décidé autrement, 22e sur l'individuel 10 km, 31e sur le skiathlon, 9e en relais. La fondeuse de 30 ans l'avoue : elle savait, au fond d'elle, qu'elle n'avait pas les armes.

J'avais en tête ces Jeux-là depuis Pékin. Je me suis dit que Milan-Cortina c'était pour moi, que je serais au plus haut de ma forme. Mais au fond de moi, je savais que je n'avais pas les armes pour y être à 100%. Delphine Claudel — Dauphiné Libéré

Elle ne s'est pas effondrée pour autant. Elle a remis les choses à leur place et regardé devant.

Je me suis dit : ce sont des Jeux, c'est quelque chose de super, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas une fin en soi. Donc cette saison, je vais faire du ski de fond beaucoup plus pour moi, j'ai envie de retrouver des sensations, de retrouver cette allure de fille qui va vite sur les skis et de batailler à nouveau avec les meilleures. Je le prends plus comme un défi que comme une année de championnat du monde. Delphine Claudel

Les Mondiaux de Falun (24 février–7 mars 2027) sont dans le rétroviseur plutôt que dans le viseur. Ce qui compte d'abord, c'est de se retrouver. Sur l'apport des jeunes dans le groupe France, Claudel est nette : ils l'ont aidée à tenir dans les moments les plus sombres.

Les jeunes m'ont vraiment aidée quand j'étais en galère physiquement et mentalement, parce qu'on fait quand même un sport assez rude, où on met notre vie entre guillemets de côté. On a un groupe assez conséquent, c'est motivant. Il y a un bon niveau, mais je pense qu'on est loin de ce qu'on peut faire au maximum, donc j'ai trop hâte de voir ce que ça peut donner dans les prochaines saisons. Delphine Claudel

Sur les JO 2030, à domicile, dans les Alpes, elle est la dernière à s'emballer. Pas par manque d'ambition. Par lucidité, après ce qu'elle a vécu.

J'ai déjà 30 ans et c'est vrai que quatre ans, c'est court et en même temps c'est long, donc je prends année après année. Après les deux années galères que j'ai passées, je n'ai pas envie d'en faire quatre comme ça. Si ça ne revient pas, si je n'arrive pas à reprendre beaucoup de plaisir dans l'effort, ça va être compliqué pour moi. Je ne vais pas non plus forcer le truc. Je crois en moi évidemment, mais je préfère ne pas m'avancer. Delphine Claudel

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