La gueule de bois est terrible. Auréolée de l'Or olympique en relais mercredi, Camille Bened a vu son rêve de participer à la mass start se briser net.
Le staff de l'équipe de France a finalement décidé de lui préférer Justine Braisaz-Bouchet pour le quatrième et dernier dossard tricolore.
Une décision vécue comme un véritable coup de massue par la biathlète Haut Savoyarde , qui n'a même pas eu la force de se présenter à l'entraînement ce vendredi matin.
Une fracture émotionnelle
Conscient de la violence de la situation, l'entraîneur des Bleues, Cyril Burdet, n'a pas cherché à masquer la détresse de son athlète.
« Là, c'est très compliqué de mettre Camille en statut de remplaçante...
Elle n'est pas venue à l'entrainement car elle avait besoin de couper car il y avait évidemment beaucoup de déception et d'amertume dans le fait de ne pas courir. »
Le pari assumé de la fraîcheur et du passé
Si la douleur de Bened est immense, Burdet assume un choix purement stratégique.
Le pari Braisaz-Bouchet, tenante du titre, est un risque calculé pour tenter un coup de poker sur cette ultime course des Jeux.
« Ce sont des choix positifs aussi. On fait le choix de Justine, on sait ce qu'elle a fait par le passé sur ce format-là, dans ce contexte-là », se justifie le coach.
« C'est une opportunité pour elle de terminer ses Jeux sur une bonne note. On aura une fille au départ qui aura un peu moins couru que les autres cette semaine. J'espère que ça fera la différence sur la piste. »
De mémoire, le fait de voir une championne olympique de relais non sélectionné pour une mass-start ressemble à une première, c'est dire la force de cette équipe de France.
Mais évidemment ces problèmes de riche sont durs à encaisser pour les athlètes, un certain Johannes Dale en sait quelque chose.
Camille Bened paie au prix fort le niveau stratosphérique du biathlon français. Dans n'importe quelle autre nation au monde, la 6e de l'individuel et championne olympique du relais aurait sa place indiscutable en Mass Start. Aujourd'hui, elle pleure de frustration. C'est le revers de la médaille d'une "Dream Team".