Une scène surréaliste à Toblach

Alors que la bataille pour le classement général faisait rage à l'avant, une scène pour le moins insolite se jouait à l'arrière de la poursuite de Toblach.

La star du sprint norvégien, Kristine Stavås Skistad, a offert aux spectateurs et aux téléspectateurs des images lunaires, transformant cette course de 20 km en une véritable promenade de santé, terminant à près d'un quart d'heure de la gagnante.

C'est une stratégie poussée à l'extrême, ou une provocation, selon votre point de vue.

Les images montraient une Skistad totalement détendue, marchant littéralement dans les montées, s'arrêtant presque pour boire, et discutant avec le staff le long de la piste. Une attitude qui tranchait radicalement avec l'effort violent produit par ses concurrentes.

"Ce sont des images bizarres. Elle se promène, tout simplement. C'est une parodie de course de ski de fond. « Ce n'est pas ce que l'on souhaite voir dans une compétition de ce niveau. »" a indiqué le consultant de la NRK Fredrik Aukland.

Une stratégie assumée et cynique

Interrogée dans la zone mixte après son arrivée tardive, Skistad n'a montré aucun signe de gêne. Fidèle à son personnage flegmatique et un brin provocateur, elle a assumé son choix de "sacrifier" cette étape pour préserver son énergie en vue du sprint de Val di Fiemme, prévu le 3 janvier.

D'ailleurs si elle a poussé le truc à l'extrême, elle n'est pas la seule à utiliser cette stratégie terrible pour l'image du ski de fond, d'autres ont fait la même chose, que ce soit chez les femmes ou chez les hommes.

Le plus triste c'est que cela est autorisé, les délais sont en effet tellement larges que n'importe qui a la possibilité de se moquer du monde !

« C'était agréable. J'ai fait une belle petite sortie longue au seuil 1 (basse intensité). J'ai profité du soleil et de l'ambiance. C'était une journée magnifique pour skier tranquillement. » a indiqué Skistad, habituée à jouer les provocatrices.

Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent. Moi, je pense au sprint de samedi. C'est la seule chose qui compte. Si je veux avoir une chance de gagner là-bas, je ne pouvais pas me mettre dans le rouge aujourd'hui. »

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Un règlement qui interroge

Ce "sabotage" tactique met en lumière les bizarreries du format du Tour de Ski. Pour pouvoir disputer les sprints sa spécialité, Skistad est obligée de prendre le départ des courses de distance.

N'ayant aucune ambition au classement général, elle a simplement calculé son effort pour rester dans les délais, comme le font les sprinters sur une grande course par étape.

En attendant, la Norvégienne, qui a terminé bonne dernière de la poursuite, sera fraîche physiquement pour le sprint du Val di Fiemme, prévue samedi, pendant que d'autres sentiront une certaine fatigue.

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