Gaël Monfils : « le showman qui a fait vibrer le tennis français pendant vingt ans
13 titres ATP, un 6e rang mondial, deux demi-finales de Grand Chelem — et un record de longévité qu'aucun joueur de sa génération n'a approché. À l'aube de sa retraite, retour sur la trajectoire spectaculaire de Gaël Monfils, l'homme qui a transformé chaque match en spectacle.
Il n'a jamais soulevé de trophée du Grand Chelem. Mais peu de joueurs ont autant marqué le tennis français que Gaël Monfils. Vingt saisons durant, « La Monf » a fait vibrer les courts par ses glissades impossibles, ses smashes acrobatiques et un amour du jeu resté intact jusqu'à sa dernière année de compétition, en 2026.
Un phénomène parisien
Gaël Sébastien Monfils naît le 1er septembre 1986 à Paris. Son père Rufin, ancien footballeur originaire de Guadeloupe, et sa mère Sylvette Cartesse, infirmière originaire de Martinique, l'élèvent en région parisienne aux côtés de son frère Daryl. Doté d'un physique hors norme — il culminera à 1,93 m —, le jeune Gaël touche à tout, du basket au tennis, avant d'intégrer l'INSEP à 14 ans.
Chez les juniors, il réalise en 2004 l'un des plus beaux parcours de l'histoire de la catégorie : vainqueur de l'Open d'Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon la même saison — 31 victoires pour seulement 2 défaites — il termine numéro 1 mondial junior.

2005 : l'entrée fracassante chez les professionnels
Monfils passe professionnel en 2004 et frappe fort dès l'année suivante : à 19 ans, il remporte son premier titre ATP à Sopot, sur terre battue, et reçoit le trophée de « Newcomer of the Year », décerné par ses pairs.
Son style détonne immédiatement : un jeu de jambes stupéfiant, des glissades interminables qui lui vaudront le surnom de « Sliderman », des récupérations jugées impossibles, et une complicité naturelle avec le public. Sur le court, Monfils ne joue pas seulement pour gagner : il joue pour donner du spectacle.
2008-2016 : les sommets et les blessures
Monfils atteint sa première demi-finale de Grand Chelem à Roland-Garros en 2008, en battant successivement Lleyton Hewitt, Radek Štěpánek, Philipp Kohlschreiber, Tommy Robredo et Juan Carlos Ferrero, avant de s'incliner face à Roger Federer.
Sa carrière restera durablement rythmée par les blessures — au total, treize participations en Grand Chelem manquées sur blessure au genou droit, à l'épaule droite, au poignet gauche ou au pied droit. Malgré cela, il atteint son apogée en 2016 : titre à Washington (ATP 500), finale au Masters 1000 de Monte-Carlo face à Nadal, demi-finale à l'US Open, et un classement historique de 6e mondial le 7 novembre — son meilleur rang de carrière, resté depuis le plus élevé jamais atteint par un Français.

Coupe Davis et une rivalité à sens unique
Monfils dispute deux finales de Coupe Davis avec l'équipe de France, en 2010 et en 2014. Cette dernière, à Lille, lui offre l'un des matchs référence de sa carrière : une victoire en trois sets sur Roger Federer lors du premier simple, avant que la Suisse ne l'emporte au bout de la rencontre.
Sur le circuit, l'un des faits marquants de sa carrière reste sa rivalité totalement déséquilibrée avec Novak Djokovic, qu'il n'est jamais parvenu à battre — un bilan de 0 victoire en 20 confrontations, une anomalie unique parmi les joueurs du Top 10 de l'ère moderne.
La longévité, sa vraie signature
Si Monfils n'a jamais soulevé de titre du Grand Chelem, sa régularité restera l'un des traits les plus marquants de sa carrière : il atteint au moins une finale ATP chaque saison pendant dix-neuf années consécutives, de 2005 à 2023, avant d'en ajouter une vingtième en 2025.
En décembre 2025, il franchit le cap symbolique des 1 000 semaines classées dans le Top 100 — seuls Federer, Djokovic, Nadal et Agassi avaient fait mieux chez les hommes. Sur terre battue parisienne, ses 40 victoires à Roland-Garros égalent le record français de l'ère Open, partagé avec Yannick Noah.
Son treizième et dernier titre ATP, décroché à Auckland en janvier 2025 face au Belge Zizou Bergs, fait de lui le joueur le plus âgé à remporter un tournoi du circuit principal depuis Ken Rosewall, sacré à Hong Kong en 1977 à plus de 43 ans — dépassant au passage le record que détenait Roger Federer depuis son titre à Bâle en 2019.

Une vie de famille équilibrée
En juillet 2021, Monfils épouse la championne de tennis ukrainienne Elina Svitolina, rencontrée sur le circuit. Le couple accueille une fille, Skaï, le 15 octobre 2022.
Cette stabilité familiale accompagne la dernière ligne droite de sa carrière : Monfils continue de rivaliser avec des joueurs bien plus jeunes que lui, porté par un plaisir de jouer resté intact.
2026 : la dernière saison
Gaël Monfils a annoncé que la saison 2026 serait la dernière de sa carrière. Éliminé dès le premier tour lors de ce qui doit être sa dernière participation à Roland-Garros, il n'en reste pas moins salué par le public de la Porte d'Auteuil, qui l'a vu grandir depuis ses débuts.
Vingt ans après son premier titre à Sopot, « La Monf » referme une carrière unique — celle d'un joueur qui n'a jamais soulevé de Grand Chelem, mais qui a offert au public autant d'émotion que n'importe quel champion.
Le palmarès de Gaël Monfils
- Meilleur classement ATP 6e mondial (7 novembre 2016)
- Demi-finales de Grand Chelem 2 (Roland-Garros 2008, US Open 2016)
- Finales de Masters 1000 3 (Bercy 2009 et 2010, Monte-Carlo 2016)
- Titres ATP en simple 13 (dont 3 ATP 500)
- Dernier titre Auckland, janvier 2025 (38 ans et 4 mois)
- Finales de Coupe Davis 2 (2010, 2014)
- Victoires à Roland-Garros 40 (record français de l'ère Open, à égalité avec Noah)
- Petit Chelem junior 2004 Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon
- Classement junior N°1 mondial (2004)
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