C'est le maître qui salue l'élève, ou plutôt la raison qui s'incline devant la passion.
Alors qu'Émilien Jacquelin vient de décrocher une superbe médaille de bronze sur la poursuite olympique, au terme d'une course pleine de panache et de risques, Martin Fourcade a livré une analyse pleine d'émotion et d'humilité sur sa relation avec le Dauphinois.
Le regret d'avoir voulu le "formater"
Le sextuple champion olympique a avoué avoir tenté, par le passé, de brider la nature flamboyante de Jacquelin pour le faire entrer dans le moule de la régularité.
« J'ai essayé de beaucoup lui apporter quand j'ai arrêté... J'essayais de lui dire de plus me ressembler, pour être plus régulier, pour être plus consistant et moins fou.
Mais Émilien m'a montré, aujourd'hui, avec beaucoup de talent et le panache qui est le sien que son chemin était différent mais pas moins beau. »
« Il nous touche »
Fourcade reconnaît aujourd'hui que cette "folie", ces montagnes russes émotionnelles, sont l'essence même du biathlon de Jacquelin. Ce bronze, acquis à l'attaque, valide ce style unique.
« Émilien sait donner des émotions comme peu d'athlètes peuvent le faire, il est entier, il nous touche, dans ses victoires comme dans ses défaites », a conclu la légende.
Une bénédiction royale pour l'artiste des Bleus.