Alors que le monde du biathlon pleure la disparition de Sivert Bakken, son coéquipier et ami Johan-Olav Botn a livré un témoignage poignant à la NRK.
C'est lui qui, le matin du drame à Lavazè, est entré dans la chambre en premier.
« Tout bascule »
Le récit commence par la description d'une journée qui s'annonçait parfaite. « Vous vous réveillez, heureux et comblé. Il fait beau et ensoleillé, et vous partez skier. Et puis, tout bascule », confie Botn. Inquiet de ne pas voir Bakken, il est allé chercher ses clés et ses skis.
« La porte n'était pas verrouillée. J'ai frappé, mais personne n'a répondu. Après avoir frappé plusieurs fois, je suis entré...
J'ai trouvé Sivert dans la chambre. Dans des situations pareilles, les mots manquent. C'est totalement incompréhensible. Et il faut beaucoup de temps pour se sentir de nouveau comme avant. »
Des interrogatoires "douloureux"
Immédiatement après la découverte, la police italienne a investi les lieux. Une épreuve supplémentaire pour le jeune biathlète, encore sous le choc.
« Il y a eu des interrogatoires... La police italienne est un cas à part. Cette situation était très douloureuse », avoue-t-il, soulignant l'aide précieuse de sa Fédération et des traducteurs présents pour gérer ce moment de chaos administratif et émotionnel.
Retourner à Lavazè malgré tout
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Botn et l'équipe norvégienne comptent retourner s'entraîner sur les lieux du drame pour préparer les Jeux Olympiques.
«Depuis le décès, je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir fait grand-chose pour avancer. Ça a été une véritable montagne russe émotionnelle tout du long.
Maintenant je dois reprendre l'entraînement régulier au plus vite. Les Jeux olympiques se déroulent à Anterselva, en altitude. Il nous faut donc nous y rendre et nous entraîner là-bas aussi.
J'ai toujours été très content de Lavazè. C'était comme être chez moi en Italie. C'était un peu unique. Je sais que Sivert ressentait la même chose. »