"Une allogreffe provenant d'une personne décédée"

L'Australien Thanasi Kokkinakis ne s'est pas contenté d'une simple arthroscopie. Face à une blessure au pectoral qui ruinait sa carrière depuis cinq ans, il a opté pour une solution radicale et effrayante.

Il en raconte aujourd'hui les détails techniques.

« En gros, on m'a amputé la moitié du pectoral. J'ai une allogreffe de tendon d'Achille, un tendon d'Achille provenant d'une personne décédée, implantée dans mon bras pour fixer mon pectoral à mon épaule. »

Une procédure rare qui le plonge dans l'inconnu :

« La convalescence est très difficile car on est seul au monde. Beaucoup de joueurs se font les croisés ou le tendon d'Achille, on sait quoi faire. Mais dans ce cas précis, personne n'a jamais vécu une telle expérience. »

"J'ai parlé au médecin de Rafa... Ils refusaient de m'opérer"

Avant d'accepter cette greffe, Kokkinakis a vécu un véritable parcours du combattant médical, essuyant refus sur refus :

« Ces douze derniers mois ont été complètement dingues. J'ai parlé à des tas de chirurgiens, y compris le médecin de Rafa (Nadal), et je n'y comprenais rien.

Aucun médecin ne semblait confiant. J'ai consulté de nombreux chirurgiens qui refusaient de m'opérer car ils jugeaient l'opération trop risquée. »

La douleur était telle que l'Australien avait accepté l'idée de la retraite :

« Avant, je jouais un match, je gagnais peut-être un gros match, mais mon bras était en miettes pour les deux tours suivants. Je me suis dit que ce n'était pas grave si je ne rejouais plus, que je n'allais pas recommencer. »

Un avenir au jour le jour

Aujourd'hui, le simple fait d'être sur le court à Brisbane et de battre la paire Ebden/Ram, en double avec Kyrgios, relève du miracle et Kokkinakis reste évidemment très prudent sur la suite :

« Il y a des jours où je me sens bien et d'autres où je pense que je ne rejouerai jamais. Mon bras est un peu fatigué. Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, mais j'ai tout fait pour me donner une chance. »

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