Ils ont osé, ils ont gagné. Lundi, sur la piste de Bormio, Tanguy Nef et Franjo von Allmen ont créé la sensation en remportant le combiné par équipes devant les favoris.
Une victoire construite sur une prise de risque maximale et une solidarité à toute épreuve.
Le coup de poker de Tanguy Nef
Pour sa toute première course aux Jeux Olympiques, le Genevois a sorti le grand jeu. Encore sous le choc à l'arrivée, il a révélé la stratégie radicale décidée avec son binôme.
« C'est fou ! Je ne m'y attendais pas. On savait déjà qu'on formait une équipe solide. Mais ensuite, il faut skier, et tout peut arriver.
J'ai ressenti beaucoup d'émotions aujourd'hui car c'était ma première course olympique. Au départ, je me suis dit que j'allais tout donner. Et ça a marché.
Tout s'est bien passé. Franjo et moi avions un bon plan : tout ou rien. Et on l'a appliqué à la lettre, en donnant le meilleur de nous-mêmes. »
La pression du coéquipier
Skier pour soi est une chose, skier pour un pote en est une autre. Nef a sublimé cette pression, tandis que Von Allmen, spectateur impuissant en bas de la piste, vivait des moments spéciaux.
« C'est génial, on n'a pas l'habitude de skier pour quelqu'un d'autre », poursuit Nef.
« J'ai l'impression d'avoir travaillé toute ma vie pour ce moment. Je me sens vraiment bien. La piste est facile, alors je skie avec plus de fluidité et de précision, ce qui me permet d'aller vite. »
Les jambes qui tremblent
De son côté, Franjo von Allmen, récent champion olympique de descente a rendu hommage à son partenaire, avouant avoir failli craquer nerveusement en le regardant dévaler le slalom.
« J'ai rarement eu les genoux aussi faibles que pendant la course de Tanguy. C'était incroyable, il semblait descendre avec une telle aisance.
Il n'avait pas seulement une seconde d'avance, il devait aussi rattraper une demi-seconde sur moi. Chapeau à lui, il a réalisé une performance incroyable. »