Il y a cinq semaines, il était un espoir timide. Aujourd'hui, il est le roi de la descente la plus effrayante du monde.
À 24 ans, Giovanni Franzoni a dompté la Streif, repoussant les assauts de Marco Odermatt pour s'offrir une victoire légendaire.
Récit d'une journée où le jeune Italien a changé de dimension.
Le ski instinctif d'un "diable"
Libéré par sa performance la veille en Super-G, Franzoni s'est élancé sans complexe. Malgré quelques frayeurs sur le haut du tracé, il a fini en boulet de canon, porté par une confiance nouvelle.
« J'ai peut-être commis quelques erreurs avant la petite route, mais ensuite, comme à l'entraînement, j'ai skié comme un diable, à mon avis...
Gagner à Kitzbühel n'est pas donné à tout le monde ; je l'ai fait à ma deuxième tentative, je ne sais pas comment. »
L'hommage poignant à Matteo Franzoso
Mais derrière l'exploit sportif se cache une motivation plus profonde.
Au départ, Franzoni avait une pensée obsédante pour Matteo Franzoso, son ancien compagnon de chambre, décédé en septembre dernier après une chute à l'entrainement.
Une force invisible qui l'a guidé vers la ligne.
« C'était une journée assez spéciale... J'ai tout de suite pensé que c'était le bon moment pour lui dédier LA course, car c'est la course que tout le monde veut gagner.
Je ne sais pas comment j'ai fait, mais c'était le plus bel hommage que je pouvais lui rendre. »
La classe face aux larmes d'Odermatt
Devenu grand, Franzoni a aussi montré une maturité exceptionnelle à l'arrivée. En voyant le géant suisse Odermatt, battu et ému aux larmes, l'Italien a eu le triomphe modeste et le geste noble.
« J'ai vu Odi les larmes aux yeux, et j'ai pris le temps de le consoler en lui disant qu'il était un champion et que la victoire viendrait. Aujourd'hui, ces centièmes étaient de mon côté. »
Une transformation radicale
Comment expliquer cette explosion en un mois ? Pour le natif de Brescia, tout est dans la tête. Le "timide" a laissé place au tueur.
« L'état d'esprit fait toute la différence. Pour quelqu'un comme moi, souvent un peu timide, croire en soi est essentiel...
J'avais du mal à me détendre, mais maintenant, j'ai confiance en moi. »
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