Quatorze hivers sur le circuit de biathlon. Lucie Charvátová n'en a pas fini. La Tchèque de 33 ans, revenue à son meilleur niveau l'hiver dernier a fait son bilan de saison. Elle est en forme, elle s'amuse, et sur la retraite, elle a une réponse toute prête.
Je ne sais pas encore combien de temps je vais continuer… probablement jusqu'à ce qu'ils me virent de l'équipe. Lucie Charvátová — Cesky Biathlon
Je me sens vraiment bien et je m'amuse toujours autant. J'étais ravie de devenir membre régulière du relais et de voir l'équipe obtenir d'excellents résultats. Les succès se sont enchaînés. Sur le plan individuel, j'aurais pu faire un peu mieux, mais dans l'ensemble, la saison a été réussie. Les résultats étaient constants, je me suis bien amusée et il n'y avait pas beaucoup de stress. Lucie Charvátová
Pour entamer sa préparation estivale, Charvátová a choisi un chemin différent de celui du reste de l'équipe nationale tchèque, qui a débuté à Nove Mesto. Elle est partie à Majorque, destination prisée des sportifs d'hiver pour le vélo, et prévient que l'image de carte postale n'est pas toujours adaptée.
On pourrait croire à des vacances, mais je dirais le contraire. Je n'avais probablement jamais pédalé plus de trente heures d'affilée comme ça. On pourrait penser que 130 kilomètres, ce n'est rien et que n'importe qui peut le faire. Le premier jour se passe bien, le deuxième aussi, mais dès le troisième jour, la fatigue des étapes précédentes commence à se faire sentir, et même mon dos se met à me faire souffrir. Chaque étape était plus difficile que la précédente. Lucie Charvátová
Sur la motivation après autant d'années, elle est directe : il n'y a pas de crise à gérer.
J'avais hâte de retourner en montagne, de revoir les sommets alpins. Je ne suis pas en quête désespérée de motivation. Bien sûr, parfois c'est plus fatigant, par exemple avec cette chaleur. J'ai l'impression que le temps file et je n'ai pas besoin de motivation supplémentaire. Lucie Charvátová
Sur la méthode, elle revendique une forme de sagesse acquise et critique en creux les athlètes qui imitent sans réfléchir ce que font les autres équipes.
À mon âge, il serait absurde de remettre en question ma préparation. Avec le nouvel entraîneur, nous avons trouvé un équilibre, corrigé nos erreurs et optimisé notre travail. Aujourd'hui, je connais bien mon corps et je me fie beaucoup à mon intuition. Beaucoup de gens observent constamment ce que font les autres équipes et finissent par les imiter. Mais il est facile d'en faire trop. Je préfère rester serein. Lucie Charvátová