Il a franchi la ligne d'arrivée avant de s'écrouler, livide, vidé de toute énergie.
Eric Perrot n'a pas seulement couru pour une médaille, il a couru pour ses "potes", pour l'histoire, et il y a laissé ses tripes.
Le dernier relayeur des Bleus, chargé de conclure le travail monumental de l'équipe, a vécu des montagnes russes émotionnelles et physiques.
La peur, le doute, puis la rage
Tout n'a pas été simple. Sur le pas de tir, la tension était insoutenable. « J’ai eu des doutes en sortant du pas de tir avant le dernier tour. Mais c’est le biathlon », avoue le jeune champion.
« On a couru avec passion, avec le cœur, avec les crocs. Quel relais... C’est pour ça que j’ai terminé dans cet état-là. Au sommet de la bosse, je n’étais pas bien. Heureusement qu’il y avait la famille et les amis. »

L'instinct de survie
C'est dans la douleur que se forgent les plus belles victoires. « Ce n’était pas parfait du début à la fin. C’était beaucoup d’émotions », confie Perrot au Dauphiné.
Porté par les cris de ses proches au bord de la piste alors qu'il voyait "noir", il a puisé dans des ressources insoupçonnées pour conserver l'avance tricolore.
« Beaucoup de fierté de l’avoir emmené jusqu’à la fin », souffle-t-il, encore marqué par l'effort surhumain qu'il a dû produire.