Biathlon — Les vérités d'Antonin Guigonnat

À 34 ans, Antonin Guigonnat tire sa révérence après douze ans de présence en Coupe du monde.

Avec 214 départs, 6 podiums individuels, trois médailles mondiales (dont l'or en relais mixte simple en 2021 et en relais hommes en 2023), un titre de champion d'Europe et de récentes victoires en IBU Cup, le Haut-Savoyard a marqué l'histoire récente de l'équipe de France.

Un coup d'arrêt administratif et physique

Limité à seulement trois courses en Coupe du monde cette saison avant d'être relégué en IBU Cup, Guigonnat a vu les portes de l'élite se refermer.

Une décision dictée par la densité exceptionnelle du collectif français, mais aussi par un choix administratif de la part de sa fédération concernant la saison 2026/2027.

La perte de son statut à l'Armée

« La DTN ne m’aurait pas reproposé au statut de haut niveau auprès du ministère, malgré un titre de champion d’Europe et des victoires en IBU Cup. Ce qui implique de perdre mon statut d’athlète de haut niveau en contrat à l’Armée », déplorait-t-il sur la Chaine L'Equipe.

Conscient de l'exigence du circuit, le biathlète a également reconnu ses limites actuelles face à la concurrence de la relève :

« J’ai encore la flamme de la compétition et je pourrais en faire encore longtemps.

Mais il faut avoir un niveau incroyable pour être dans cette équipe. Je ne suis plus capable de faire l’entraînement nécessaire. Cette fois, c’est fini. »

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La frustration d'une dernière danse refusée

Le plus grand regret d'Antonin restera de clôturer ce chapitre loin de la ferveur du grand circuit. La finale d'Oslo étant réservée à de jeunes talents comme Gaëtan Paturel et Damien Levet, il a dû faire ses adieux dans l'ombre.

« C’est clair que j’aurais aimé dire au revoir à la Coupe du monde, car c’est le niveau où je me suis le plus éclaté », confesse-t-il, avant de raconter son échange avec le patron du biathlon Français.

 « Stéphane Bouthiaux m’a dit que j’étais condamné à gagner le classement général [de l'IBU Cup] pour participer à une dernière Coupe du monde, car il privilégierait Gaëtan Paturel et Damien Levet pour leur première expérience sur cette finale à Oslo.

Je lui ai demandé avec le sourire :

"Et pour une dernière expérience en Coupe du monde ?" Mais il est resté dans son rôle de directeur sportif. Gaëtan et Damien le méritent vraiment : ils ont le niveau. »

Apaisé malgré cette sortie un peu forcée, Antonin Guigonnat se tourne désormais vers l'avenir, avec l'envie de profiter de sa maison et d'entamer des discussions avec l'Armée pour sa reconversion.

« J’ai vécu 10 ans exceptionnels. Je me suis fait plaisir ; c’est ce qui compte le plus. »