Les 6 plus belles randonnées
à Fuerteventura
Fuerteventura est l'île la plus africaine d'Europe — à 100 km du Maroc, son sable vient du Sahara, ses paysages de hamadas et de barancos évoquent le désert plus que n'importe quelle île, et ses falaises plongent dans un Atlantique d'une transparence de Caraïbes.
Son sable vient du Sahara et son point culminant donne sur le Maroc — Fuerteventura est l'Afrique à 4 heures de Paris
Fuerteventura est la deuxième plus grande île des Canaries après Ténérife — 1 659 km², 120 km de long, 30 km de large au maximum, 120 000 habitants permanents. Elle est aussi la plus ancienne géologiquement : ses formations basaltiques les plus vieilles datent de 20 à 22 millions d'années (Miocène), ce qui en fait une des terres émergées les plus anciennes de Macaronésie. Cette ancienneté explique son relief très érodé — contrairement à Ténérife (Teide à 3 715 m) ou La Palma (volcanisme récent), Fuerteventura est une île rasée par des millions d'années d'érosion éolienne et fluviale, avec un sommet maximal de seulement 807 m au Pico de la Zarza.
La particularité géographique absolue de Fuerteventura est sa proximité avec le continent africain — 100 km seulement séparent la Punta de la Entallada (côte est) des côtes marocaines. Cette distance est franchie chaque année par des milliers de tonnes de sable du Sahara portées par l'Harmattan (vent de sable africain, appelé Calima aux Canaries) et par les alizés de nord-est. Ce sable africain, finement trié par le transport éolien sur des centaines de kilomètres, a créé les Dunes de Corralejo (au nord) et les grandes plages de la côte est — un sable presque blanc, d'une finesse et d'une pureté incomparables en Europe. La Calima peut réduire la visibilité à quelques centaines de mètres, teinter le ciel en orange-rouge et déposer une pellicule de poussière saharienne sur toutes les surfaces — un rappel puissant que l'Afrique est au bout de la rue.
Le paysage de Fuerteventura est unique dans le contexte des îles atlantiques — il combine des éléments typiquement africains (hamadas de cailloux noirs basaltiques, barancos secs, vegetation xerophytique rare) et des éléments macaronésiens (végétation endémique des ravines, rapaces insulaires). Le terme baranco désigne les ravines caractéristiques de l'île — des vallées sèches en V creusées par les crues épisodiques dans le basalte, qui constituent les axes de vie et de végétation de l'île. En dehors des barancos, le paysage est d'une aridité et d'une nudité absolues — des plaines de reg (surface de cailloux plats) et des hamadas (plateau rocheux dénudé) qui feraient penser au Sahara occidental si l'Atlantique turquoise n'était pas visible à l'horizon.
La faune de Fuerteventura est d'une richesse surprenante pour une île aussi aride. L'outarde houbara (Chlamydotis undulata fuerteventurae) — une sous-espèce endémique des Canaries orientales — est l'oiseau emblématique de l'île. Cette outarde de taille moyenne (2,5 kg, 60 cm) peuple les plaines pierreuses de l'intérieur et a développé des stratégies de camouflage absolument remarquables — immobile sur son fond de reg, elle est pratiquement invisible. La population de Fuerteventura est une des dernières populations d'outardes houbara d'Europe, protégée par le statut de Réserve de Biosphère UNESCO (2009). Le busard cendré (Circus pygargus) et l'aigle pêcheur (Pandion haliaetus) nichent dans les falaises. La tortue caouanne (Caretta caretta) pond ses œufs sur les plages isolées du nord.
Le Top 6 des randonnées à Fuerteventura
Pico de la Zarza (807 m) – Le Toit de Fuerteventura face au Maroc
📍 Morro Jable (5 m) · Pico de la Zarza (807 m) · Péninsule de Jandía · FuerteventuraLe Pico de la Zarza (807 m) est le plus haut sommet de Fuerteventura — le point culminant de la Sierra de Jandía, la chaîne de montagnes qui forme la péninsule sud de l'île. C'est aussi la randonnée la plus exigeante et la plus récompensante de l'île — depuis le sommet, la vue à 360° montre simultanément l'Atlantique est (côte de Costa Calma, eaux turquoise peu profondes), l'Atlantique ouest (eaux plus sombres et plus profondes, vagues du large), toute la longueur de Fuerteventura vers le nord et par temps clair (fréquent en hiver et au printemps) les côtes du Maroc à 100 km à l'est.
La montée depuis Morro Jable (5 m) est directe et sans ambiguïté — le sentier GR 131 monte régulièrement sur la crête de la sierra, passant par des zones de végétation endémique dense (particulièrement dans les barancos nord où l'humidité est concentrée) et des zones de basalte nu très érodé. La péninsule de Jandía est la partie la plus humide de Fuerteventura (les alizés sont bloqués par la sierra et précipitent leur humidité côté nord) — ce qui explique la végétation plus développée qu'ailleurs sur l'île.
La descente depuis le sommet vers la Playa de Cofete (côte atlantique ouest, inaccessible en voiture normale) est une option pour les marcheurs qui souhaitent éviter l'aller-retour — une des plages les plus sauvages et les plus belles des Canaries, battue par les vagues atlantiques et totalement préservée. Le retour se fait en taxi ou en navette depuis Cofete.

Vent dominant : les alizés soufflent quasi-constamment sur la crête (15-35 km/h en conditions normales) — un coupe-vent léger dans le sac même par temps ensoleillé. En cas de Calima (vent de sable africain), visibilité réduite et suspension fine dans l'air — éviter la randonnée.
Playa de Cofete : la plage la plus sauvage de Fuerteventura est accessible depuis Morro Jable en taxi (piste carrossable, ~25 € A/R) ou par la randonnée depuis le Pico (D– 800 m, 6 km depuis le sommet). La Villa Winter (propriété mystérieuse construite par un ingénieur allemand en 1946, souvent au cœur de théories conspirationnistes) domine la plage depuis la colline.
Montana Roja (180 m) – Le Volcan Rouge dans les Dunes
📍 Playa de la Barca (0 m) · Montana Roja (180 m) · Costa Calma · FuerteventuraLa Montana Roja ("montagne rouge") est le site naturel le plus photogénique du sud de Fuerteventura — un cône volcanique d'une couleur rouge-brique intense (due à l'oxydation du fer dans le basalte altéré par l'altération tropicale) qui se dresse de façon presque irréelle au milieu des dunes de sable blanc de la côte sud. La combinaison de la roche rouge, du sable blanc, de l'eau turquoise et du ciel bleu cantalien crée une palette de couleurs d'une intensité quasi-tropicale.
Le cratère de la Montana Roja est parfaitement conservé — un creux circulaire de 200 m de diamètre et 40 m de profondeur au sommet du cône. La montée depuis la plage (D+ 180 m, 1,5 km, 45 min) par le sentier balisé offre depuis le rebord du cratère une vue à 360° sur la côte sud de Fuerteventura, les dunes, la lagune de La Pared et l'Atlantique. C'est une des randonnées les plus accessibles de cette série — et une des plus spectaculaires en proportion de l'effort.
La Laguna de La Pared (au pied de la Montana Roja côté nord) est une lagune côtière protégée où les tortues caouannes (Caretta caretta) viennent pondre leurs œufs de juin à septembre — les nuits chaudes d'été, des femelles de 80-100 kg sortent de l'eau pour enfouir leurs œufs dans le sable des plages isolées. Ce site est surveillé par des bénévoles de la Asociación Chelonia — des visites nocturnes de sensibilisation sont organisées en saison.
Coucher de soleil depuis le cratère : la Montana Roja est orientée idéalement pour les couchers de soleil — le cratère s'illumine en rouge-orangé pendant les 30 dernières minutes avant le coucher du soleil. Partir 1h30 avant le coucher pour être au sommet à temps.
Tortues caouannes : observer une ponte de tortue depuis la plage (à distance respectueuse, 50 m minimum) est une expérience mémorable. Les nuits de ponte : contacter l'Asociación Chelonia (chelonia.org) qui organise des vigiles de surveillance accessibles aux visiteurs.
Betancuria & Vega de Río Palmas – La Première Capitale des Canaries
📍 Betancuria (400 m) · Vega de Río Palmas · Barancos · Massif central · FuerteventuraBetancuria est la plus ancienne ville des Canaries — fondée en 1404 par Jean de Béthencourt, conquérant normand au service de la couronne de Castille, qui a choisi ce site protégé au cœur des barancos du massif central pour abriter la première colonie européenne des îles. Blottie dans une vallée encaissée à 400 m d'altitude, entourée de palmiers et d'une végétation plus dense qu'ailleurs sur l'île, Betancuria est un des villages les mieux conservés des Canaries — ses ruelles pavées, ses maisons blanchies à la chaux et son église baroque du XVe siècle (Nuestra Señora de la Regla) n'ont presque pas changé depuis 400 ans.
La randonnée depuis Betancuria vers la Vega de Río Palmas (5 km au sud-ouest) traverse les barancos les plus riches en végétation endémique du massif central — une végétation "oasis" concentrée dans le fond des ravines humides, avec des palmiers canarienses (Phoenix canariensis) endémiques, des Tabaibas (euphorbes arborescentes endémiques, jusqu'à 3 m de haut) et des Cardones (Euphorbia canariensis, les "cactus" caractéristiques des Canaries, en réalité des euphorbes columnnaires pouvant atteindre 6-8 m). Cette végétation est une des dernières représentations de la végétation naturelle de Fuerteventura avant la dégradation par les chèvres.
La Vega de Río Palmas est le site le plus vert de Fuerteventura — une "vega" (plaine fertile irriguée) dans un baranco large, avec des palmiers, des orangers et une vieille église nichée dans la roche. L'Ermita de la Peña (patronne des pêcheurs de Fuerteventura) y est vénérée depuis le XVe siècle.

Musée de Betancuria (entrée ~3 €) : petite mais instructive présentation de la conquête normande des Canaries par Jean de Béthencourt (1402-1404) et de l'histoire de l'île. La conquête de Fuerteventura précède de 90 ans la découverte de l'Amérique par Colomb — les Canaries ont été le premier laboratoire de la colonisation européenne atlantique.
Chèvres de Fuerteventura : la chèvre majorera (Capra aegagrus hircus var. majorera) est la race endémique de l'île — un animal très adapté au terrain aride, dont le fromage (queso majorero, AOP) est la principale production agricole locale. Observer des troupeaux de chèvres dans les barancos est presque inévitable sur ce sentier.
GR 131 Corralejo–El Cotillo – La Traversée des Dunes et des Volcans du Nord
📍 Corralejo (5 m) · Parc Naturel des Dunes · El Cotillo (10 m) · Nord de FuerteventuraLe GR 131 est la grande randonnée inter-îles qui traverse chacune des Canaries du nord au sud — la section correspondant au nord de Fuerteventura (entre Corralejo et El Cotillo) est une des plus caractéristiques et des plus sauvages de l'île. Elle traverse trois environnements radicalement différents : les Dunes de Corralejo (Parc Naturel, sable blanc importé d'Afrique), les plaines de reg basaltique de l'intérieur nord (désert de pierres noires) et les malpaíses (coulées de lave récente, non encore érodée) qui précèdent El Cotillo.
Les Dunes de Corralejo — 2 700 hectares de dunes de sable blanc protégées par décret depuis 1982 — sont une des plus grandes formations dunaires des Canaries. Le sable provient directement du Désert du Sahara : poussé par les alizés de nord-est sur 100 km depuis la côte marocaine, il se dépose préférentiellement dans la plaine nord de Fuerteventura où les vents ralentissent. Les dunes avancent de 1 à 3 m par an vers le sud-ouest — un mouvement lent mais inexorable.
Les plaines de reg entre les dunes et El Cotillo sont l'habitat des outardes houbara (Chlamydotis undulata fuerteventurae) — l'oiseau le plus menacé et le plus protégé de l'île. Ce grand oiseau (60 cm de long, envergure de 140 cm) est un maître du camouflage — son plumage brun et beige le rend pratiquement invisible sur le reg. La population de Fuerteventura est estimée à environ 1 400 individus, la plus grande d'Europe. Observer une outarde houbara dans son habitat naturel nécessite de la patience et des jumelles.
Traversée des dunes : les dunes de Corralejo n'ont pas de sentier balisé fixe (le sable se déplace) — suivre les marques de poteaux blancs fichés dans le sable. Le sable chaud (jusqu'à 50°C en surface en été) brûle les pieds — chaussures imperméables obligatoires en été.
Outardes houbara : contacter le Equipo de Gestión del Espacio Natural de Corralejo (via la mairie de La Oliva) pour connaître les zones de présence actuelle des outardes — les populations se déplacent selon les saisons. Matin tôt (6h30-9h) pour les observer actives avant la chaleur.
Falaises de Jandía & Cofete – L'Atlantique Sauvage au Bout du Monde
📍 Morro Jable (5 m) · Falaises de Jandía · Playa de Cofete · Péninsule de JandíaLe versant atlantique ouest de la péninsule de Jandía est la face cachée et sauvage de Fuerteventura — des falaises de basalte de 200 à 400 m de hauteur qui plongent directement dans les eaux sombres de l'Atlantique ouvert, avec des vagues venues du large qui s'écrasent en gerbes d'écume contre les parois. Ce versant est totalement différent de la côte est (eaux calmes, sable blanc, tourisme de plage) — ici règne la puissance brute de l'Atlantique nord.
La Playa de Cofete — 12 km de plage de sable noir volcanique battue par les vagues atlantiques, accessible uniquement à pied (via le sentier depuis Morro Jable, D– 800 m depuis le col, ou via une piste carrossable en 4x4 depuis Morro Jable) — est une des plages les plus sauvages d'Europe. Pas d'hôtels, pas de bars, pas de parapluies : 12 km de sable vierge où les rares visiteurs se retrouvent seuls face à l'Atlantique. La Villa Winter (construite par l'ingénieur allemand Gustav Winter en 1946, sujet de nombreuses légendes et spéculations) domine le site depuis une colline.
La randonnée vers les falaises de Jandía depuis Morro Jable monte sur la crête de la sierra, avec des vues permanentes sur les deux côtes et des plongées vertigineuses de 400 m dans l'Atlantique depuis les zones les plus exposées de la crête. Les busards cendrés (Circus pygargus) et les milans royaux (Milvus milvus) planent sur les thermes ascendants au-dessus des falaises.

Playa de Cofete : baignade déconseillée — courants atlantiques forts et vagues imprévisibles sans surveillance. La plage est spectaculaire mais dangereuse pour la baignade. Se contenter de la contempler depuis la plage — suffisamment saisissant.
Villa Winter : propriété privée, pas d'accès intérieur. Depuis l'extérieur, la villa désaffectée (fenêtres vides, murs de pierre) est visible depuis la plage. La légende la plus tenace prétend qu'elle abritait un sous-marin nazi — démentie par les historiens mais jamais totalement enterrée.
Morro Velosa & Ajuy – Les Grottes Marines et le Belvédère Légendaire
📍 Ajuy (0 m) · Grottes marines · Morro Velosa (669 m) · Massif central · FuerteventuraLe Morro Velosa (669 m) est le point de vue le plus célèbre de l'intérieur de Fuerteventura — un belvédère aménagé sur un promontoire rocheux qui offre une vue à 360° sur la plaine centrale de l'île, le massif de Betancuria et les côtes est et ouest. À cette hauteur, on comprend la géographie de Fuerteventura comme depuis un avion — la longueur de l'île, sa platitude générale interrompue par les barancos, et la continuité des deux côtes atlantiques visibles simultanément.
Les Grottes marines d'Ajuy (côte atlantique ouest, village de pêcheurs à 10 km de Pájara) sont un des sites géologiques les plus remarquables de Fuerteventura. Ces grottes ont été creusées dans le basalte le plus ancien de l'île (jusqu'à 22 millions d'années) par l'action combinée des vagues et de l'érosion chimique de l'eau de mer salée. La randonnée depuis le village d'Ajuy (10 min de marche sur le sentier côtier, D+ 20 m) mène à deux grottes principales : la Cueva de los Pescadores (grotte des pêcheurs, anciennement utilisée comme abri) et une grotte plus grande avec une voûte de 10 m de hauteur ouverte sur la mer. La visite à marée basse (vérifier l'horaire) permet de pénétrer dans les grottes en marchant sur les rochers.
Le baranco de los Encantados (entre Ajuy et Pájara) est une des ravines les plus riches en végétation endémique de Fuerteventura — une forêt de cardones (euphorbes columnnaires géantes, Euphorbia canariensis) et de tabaibas amargosas (Euphorbia regis-jubae) qui couvre les versants rocailleux sur plusieurs kilomètres.
Morro Velosa : accessible en voiture depuis Betancuria (route FV-30, 5 km). Un restaurant panoramique (estatuas-canarias.com) se trouve au belvédère — vue exceptionnelle sur le massif et les statues de bronze des anciens Guanches (habitants préeuropéens de Fuerteventura).
Grottes à marée basse : vérifier l'horaire des marées avant la visite (maree.info pour Ajuy). La grande grotte est accessible uniquement à marée basse. Si la mer est agitée (houle atlantique fréquente), ne pas entrer — les vagues pénètrent dans les grottes par surprise.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Pico de la Zarza (807 m) – toit de l'île | 807 m | 16 km | 802 m | 5h–7h | Difficile |
| 2 | Montana Roja (180 m) – volcan rouge et tortues | 180 m | 6–8 km | 180 m | 2h30–3h30 | Facile |
| 3 | Betancuria & Vega de Río Palmas | 700 m | 10–15 km | 300–500 m | 3h30–5h30 | Moyen |
| 4 | GR 131 Corralejo–El Cotillo – dunes et reg | 250 m | 22 km | 250 m | 6h–8h | Moyen |
| 5 | Falaises de Jandía & Playa de Cofete | 600 m | 12–16 km | 400–600 m | 4h–6h30 | Moyen/Difficile |
| 6 | Morro Velosa & Grottes d'Ajuy | 669 m | 8–14 km | 100–670 m | 2h–6h | Facile à Difficile |
FAQ – Randonnée à Fuerteventura
Pourquoi le sable de Fuerteventura vient-il du Sahara et qu'est-ce que la Calima ?
Fuerteventura est la seule île d'Europe dont le sable provient directement du continent africain — un phénomène de transport éolien transoceanique qui façonne profondément le paysage et le climat de l'île.
Le transport du sable saharien : les alizés (vents dominants de nord-est aux Canaries, constants tout au long de l'année) poussent des masses d'air depuis l'Afrique du Nord-Ouest vers l'Atlantique. Ces vents chargent en route des particules de sable et de poussière depuis le Sahara marocain et mauritanien — le sable étant trié par taille au cours du trajet (les plus grosses particules tombent les premières, les plus fines voyagent le plus loin). Après 100 km de trajet au-dessus de l'Atlantique, les particules les plus légères (sable fin et poussière argileuse) se déposent à Fuerteventura, la première île rencontrée.
La Calima (Calima ou Tiempo sur aux Canaries) est un épisode de vent de sable intense depuis le Sahara — l'équivalent canarien de l'Harmattan africain. Pendant une Calima, le ciel vire à l'orange-rouge, la visibilité tombe parfois à quelques centaines de mètres, des tonnes de poussière rougeâtre se déposent sur toutes les surfaces, et les températures peuvent monter brusquement de 10-15°C en quelques heures. Les Calimas surviennent 10-20 fois par an, principalement en été (quand la zone de convergence intertropicale pousse les vents africains vers le nord) mais aussi en hiver. Une Calima forte rend toute randonnée impossible (poussière dans les voies respiratoires, visibilité nulle, chaleur extrême).
Les Dunes de Corralejo sont le résultat de l'accumulation de ce sable saharien depuis des millénaires. Les analyses granulométriques du sable ont confirmé son origine africaine — les minéraux caractéristiques (quartz éolisé, feldspaths altérés) correspondent à ceux des formations géologiques du Sahara marocain et mauritanien.
Qui est l'outarde houbara de Fuerteventura et pourquoi est-elle en danger ?
L'outarde houbara de Fuerteventura (Chlamydotis undulata fuerteventurae) est une sous-espèce endémique des Canaries orientales (Fuerteventura, Lanzarote et leurs îlots) — le seul représentant européen de la famille des Otidés (outardes) dans un contexte insulaire subtropical.
Description : l'outarde houbara est un grand oiseau terrestre (60 cm de long, envergure de 140 cm, poids de 2-3 kg) au plumage brun et beige très finement rayé — un camouflage parfait sur le fond de reg basaltique sombre. Les mâles ont une crête blanche et noire distinctive en période de reproduction (janvier-mars). Elle court rapidement et ne vole que si elle ne peut pas se soustraire à une menace autrement.
Le statut menacé : la population de Fuerteventura est estimée à environ 1 400 individus adultes en 2024 — un chiffre stable depuis une décennie grâce aux mesures de protection mais insuffisant pour qualifier l'espèce de "hors de danger". Les principales menaces sont la prédation par les chats et chiens errants (qui déciment les nids au sol), les collisions avec les véhicules sur les pistes non asphaltées, le dérangement humain pendant la période de reproduction (janvier-avril), et la chasse illégale (pratique ancestrale dans la culture arabe — l'outarde est un gibier très prisé au Moyen-Orient, ce qui crée une pression internationale sur les populations mondiales).
Comment l'observer : tôt le matin (6h30-9h) dans les zones de plaines pierreuses et de terrain ouvert (nord de l'île autour de La Oliva, plaines de Tindaya, secteur de Los Molinos). Utiliser des jumelles à 10×. L'outarde se repère souvent par son mouvement — au repos, elle est parfaitement invisible. Les groupes de 2-5 individus sont les configurations les plus fréquentes hors période de reproduction. En voiture (vitesse réduite, 20-30 km/h sur les pistes) pour couvrir plus de terrain tout en perturbant moins.
Quelle est la meilleure saison pour randonner à Fuerteventura et comment gérer la chaleur et le vent ?
Fuerteventura jouit du meilleur ensoleillement annuel d'Europe — 3 000 heures par an, des températures douces en hiver (18-22°C) et chaudes en été (28-34°C) — ce qui en fait une des destinations de randonnée les plus accessibles toute l'année. Mais chaque saison a ses contraintes.
Novembre–avril : la meilleure période — températures idéales (18-24°C en journée, 14-18°C la nuit), ensoleillement généreux sans excès de chaleur. Le risque de Calima existe toute l'année mais est moins fréquent. Les fleurs des plantes endémiques (tabaibas, cardones) sont visibles de novembre à mars. Les outardes houbara sont en reproduction (mâles en parade nuptiale visible) de janvier à mars.
Mai–juin : bon mais réchauffement — les températures montent progressivement (25-28°C), la chaleur commence à être pénible sur les randonnées de montagne entre 11h et 16h. Le vent d'alizé est souvent plus fort (15-30 km/h constants). Les dunes de Corralejo sont très ventées.
Juillet–septembre : saison de la chaleur et des Calimas — températures de 28-34°C, parfois 38-40°C pendant les Calimas. La randonnée n'est possible qu'en début de matinée (6h-10h) ou en fin d'après-midi (17h-20h). Seules les randonnées courtes à faible dénivelé (Montana Roja, Grottes d'Ajuy) sont raisonnables. Le Pico de la Zarza est déconseillé — la chaleur sur la crête sans ombre est épuisante.
Octobre : excellent — les temperatures baissent, les Calimas deviennent rares, les plages sont encore accessibles pour la baignade (eau à 24°C). La combinaison randonnée matinale + plage l'après-midi est idéale. Foule touristique qui remonte avec les vacanciers des vacances de la Toussaint.
Comment Jean de Béthencourt a-t-il conquis Fuerteventura et quel est le lien avec la France ?
La conquête de Fuerteventura par Jean de Béthencourt (1360-1425) est un épisode fascinant et méconnu de l'histoire des explorations européennes — qui précède de 90 ans la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et représente la première colonisation européenne d'outre-mer de l'ère moderne.
Qui était Jean de Béthencourt : normand du Pays de Caux (né à Saint-Martin-le-Gaillard, Seine-Maritime), seigneur de Béthencourt, chambellan du roi de France Charles VI. En 1402, à l'âge de 42 ans, il quitte La Rochelle avec deux navires et 280 hommes pour aller "découvrir et conquérir les îles Canaries pour la gloire de Dieu et l'honneur de la couronne de France". Il n'avait en réalité pas les moyens financiers d'une telle entreprise — il dut se placer sous la suzeraineté du roi de Castille Enrique III pour obtenir les ressources nécessaires, ce qui explique que les Canaries soient espagnoles et non françaises aujourd'hui.
La conquête de Fuerteventura : en 1402, Jean de Béthencourt débarque d'abord à Lanzarote (l'île la plus proche du Maroc), qu'il soumet rapidement. Il s'attaque ensuite à Fuerteventura (1404), peuplée par les Mahos — les Guanches de Fuerteventura, une population berbère installée sur l'île depuis au moins 2 000 ans. La résistance mahoraise est tenace — il faut plusieurs années avant que les derniers chefs mahos ne se rendent. Béthencourt fonde Betancuria en 1404 comme capitale de la colonie (choisissant le site encaissé pour le protéger des raids pirates).
L'héritage : Jean de Béthencourt est titré "Roi des Canaries" par le roi de Castille, mais ne parvient jamais à conquérir les îles les plus grandes (Gran Canaria, Tenerife, La Palma). Il retourne en Normandie en 1406, laissant son neveu Maciot de Béthencourt administrer les îles. En 1418, Maciot vend ses droits au roi de Castille — les Canaries deviennent définitivement espagnoles. À Betancuria, une rue porte le nom de Jean de Béthencourt, et le musée de la ville lui consacre une salle entière.
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