Les 6 plus belles randonnées
à Nendaz
Nendaz est perchée à 1 365 mètres d'altitude face au Valais central — à portée de téléphérique du Mont Fort (3 329 m), des glaciers du Grand Désert et du Giétro, et des bisses les mieux préservés du Valais. Été comme hiver, le terrain est sans concession.
En 1818, le glacier du Giétro au-dessus de Nendaz a formé un lac de barrage naturel qui a cédé en mai — quarante millions de mètres cubes d'eau ont dévalé la vallée de la Dranse en quelques heures et tué 44 personnes à Martigny, à 30 kilomètres de là. Ce glacier existe encore et se visite à pied depuis le lac de Cleuson
Nendaz (1 365 m) est une commune valaisanne du versant nord du Valais central, au-dessus de Sion. C'est une station de ski importante — partie intégrante du domaine des Quatre Vallées (4 Vallées, le plus grand domaine skiable de Suisse avec 412 km de pistes reliées incluant Verbier, Veysonnaz, Thyon et La Tzoumaz) — mais c'est aussi, et surtout en été, un territoire de randonnée dont la richesse reste sous-évaluée. En été, les remontées mécaniques fonctionnent et ouvrent l'accès à un terrain de haute montagne habituellement réservé aux skieurs confirmés.
Ce qui distingue Nendaz parmi les stations valaisannes de sa catégorie, c'est l'association terrain et histoire. D'un côté le Mont Fort (3 329 m) et le plateau glaciaire du Grand Désert — un des panoramas de haute montagne les plus complets des Alpes valaisannes, accessible en téléphérique jusqu'à 3 300 m. De l'autre, le réseau de bisses — ces canaux d'irrigation médiévaux qui sillonnent le versant de Nendaz à des altitudes entre 900 et 2 000 m, parmi les mieux conservés et les plus beaux du Valais. Et entre les deux, le lac de Cleuson (2 186 m) et son contexte historique exceptionnel : le glacier du Giétro, dont la débâcle de 1818 est une des catastrophes naturelles les plus documentées de l'histoire alpine suisse.
Les bisses de Nendaz sont une catégorie à part. Ces canaux taillés dans la roche ou construits en bois sur des parois quasi verticales permettaient d'amener l'eau de fonte des glaciers jusqu'aux vignes et aux prairies du bas — un système d'irrigation ingénieux développé à partir du XIIIe siècle, qui a façonné le paysage du versant valaisan pendant 700 ans. Le sentier du Bisse du Milieu et celui du Bisse Vieux sont deux des itinéraires de promenade les plus spectaculaires du Valais.
Le Top 6 des randonnées à Nendaz
Mont Fort (3 329 m) & Grand Désert – Le Toit des Quatre Vallées
📍 Siviez (1 730 m) · Grand Désert · Mont Fort (3 329 m) · ValaisLe Mont Fort (3 329 m) est le sommet dominant du domaine des 4 Vallées — en hiver c'est l'arrivée du téléphérique depuis lequel les skieurs ont accès au domaine entier, en été c'est un belvédère à 360° sur les grandes Alpes valaisannes. Le panorama est sans ambiguïté : Grand Combin (4 314 m) au sud-ouest, Cervin (4 478 m) et Mont Rose (4 634 m) au sud, Dents du Midi (3 257 m) et massif des Aiguilles Rouges au nord-ouest, la Rosablanche (3 336 m) adjacente et le glacier de la Plaine Morte vers le nord.
Depuis Siviez (1 730 m) — le hameau haut de Nendaz, accessible en voiture en 15 min — le téléphérique du Mont Fort monte jusqu'à 2 800 m environ (station intermédiaire du Grand Désert). De là, le sentier de randonnée continue vers le sommet (D+ environ 530 m, 2h-2h30 aller) sur le plateau glaciaire du Grand Désert — un terrain de haute altitude avec des névés possibles en juillet, des pierriers calcaires et une végétation rase d'altitude (saxifrages, campanules naines, lichens). Les sections supérieures du sentier sont en terrain alpin (blanc-rouge-blanc) sans être techniquement difficiles pour un randonneur entraîné.
La Rosablanche (3 336 m) est une extension possible depuis le Mont Fort — 30-40 min supplémentaires sur la crête en direction du nord-est, avec le même panorama décliné légèrement différemment. La Rosablanche marque la frontière entre le Valais et le canton de Vaud — un des très rares points où les deux cantons se touchent en altitude.

Météo sur le Mont Fort : à 3 329 m, les conditions peuvent changer radicalement en 30 min. Partir le matin (avant 9h) pour être au sommet avant 11h-12h (les orages d'été arrivent en général l'après-midi depuis le sud-ouest). MeteoSwiss (meteoswiss.admin.ch) pour la prévision sur 6h en haute montagne — la seule source fiable.
Vue sur le glacier de la Plaine Morte : depuis le Mont Fort par beau temps, le plateau glaciaire de la Plaine Morte (2 800 m, entre le Valais et le canton de Berne) est visible au nord — un des plateaux glaciaires les plus étendus des Alpes hors des grandes zones d'accumulation. La Plaine Morte est aussi visible depuis l'Axalp au lac de Brienz — deux perspectives opposées du même glacier.
Glacier du Giétro & Lac de Cleuson – Le Glacier de la Catastrophe de 1818
📍 Siviez (1 730 m) · Lac de Cleuson (2 186 m) · Glacier du Giétro (2 900 m) · ValaisLe Lac de Cleuson est le lac de barrage de Nendaz — un lac artificiel créé en 1948 à 2 186 m d'altitude dans le vallon de Cleuson, d'une couleur turquoise intense due aux eaux de fonte du glacier du Giétro en amont. Le lac fait environ 2 km de long et 400 m de large — suffisamment grand pour avoir une présence paysagère forte, suffisamment petit pour qu'on en fasse le tour en 1h30 depuis le barrage.
Le glacier du Giétro — qui alimente le lac en amont — est un glacier suspendu historiquement célèbre pour la catastrophe de 1818 : au printemps de cette année, le glacier avait formé en avançant un barrage naturel qui retenait un lac de 25 millions de mètres cubes. Malgré les tentatives de perçage d'un tunnel d'évacuation par l'ingénieur Ignaz Venetz, le barrage de glace a cédé le 16 juin 1818 — 40 millions de mètres cubes d'eau ont dévalé la vallée de la Dranse de Bagnes en quelques heures, détruisant plusieurs villages et tuant 44 personnes jusqu'à Martigny à 30 km. La catastrophe du Giétro est une des plus documentées de l'histoire alpine suisse.
Ce glacier existe encore. En 2026, il est accessible à pied depuis le lac de Cleuson en 2h-2h30 de montée (D+ ~700 m). Il est en fort recul depuis 1820 et sa masse a considérablement diminué, mais le front glaciaire reste visible et imposant. Les marques au sol et les panneaux informatifs au bord du lac expliquent la catastrophe de 1818 et le recul actuel.
Ignaz Venetz et le perçage du tunnel : en 1818, l'ingénieur valaisan Ignaz Venetz (1788-1859, un des pionniers de la glaciologie moderne) a organisé le creusement d'un tunnel dans la glace pour évacuer le lac avant qu'il ne cède. Le tunnel permettait une évacuation partielle, mais le barrage a cédé malgré l'opération — trop vite, trop fort. Venetz a ensuite consacré une partie de sa vie à l'étude des glaciers valaisans, devenant l'un des premiers géologues à comprendre que les glaciers avaient été beaucoup plus étendus dans le passé — une observation qui allait conduire à la théorie des âges glaciaires.
Ibex / Bouquetins au bord du lac : les rives du lac de Cleuson sont un des meilleurs spots d'observation des bouquetins de la région — les animaux descendent régulièrement boire à l'aube et au crépuscule. Se poster au bord du lac entre 6h et 8h ou entre 18h et 20h augmente considérablement les chances d'observation.
Piste de l'Ours – La Traversée des Alpages de Haute Nendaz à Pied
📍 Haute-Nendaz (1 400 m) · Tracouet · Piste de l'Ours · Siviez (1 730 m) · ValaisLa Piste de l'Ours est une des grandes pistes de ski noires du domaine de Nendaz en hiver — en été, le même tracé se transforme en sentier de randonnée d'altitude sur les alpages entre Haute-Nendaz et Siviez. Marcher sur une piste de ski en été est une expérience visuellement intéressante : on découvre la topographie réelle du terrain que les skieurs descendent à 70-80 km/h en hiver, avec tous les détails qui disparaissent sous la neige — les rochers, les creux, les replats, la végétation d'alpage.
Depuis Haute-Nendaz (1 400 m), la montée suit d'abord la téléphérique de Tracouet ou le sentier parallèle jusqu'aux alpages de Tracouet (2 208 m). Les alpages de Tracouet sont un des meilleurs spots de la région pour les marmottes (Marmota marmota) — des colonies denses qui ont élu domicile dans les pierriers et les alpages en pente douce. En été, les sifflements d'alarme et les parades des marmottes sont omniprésents. Depuis Tracouet, le sentier continue à travers les pâturages vers Siviez (1 730 m), avec des vues constantes sur la vallée du Rhône et les Alpes pennines en face.
Depuis Siviez, la connexion vers le Lac de Cleuson ou vers le Mont Fort est immédiate — la Piste de l'Ours peut donc servir de première étape d'une journée qui monte progressivement vers la haute montagne.

Marmottes de Tracouet : les marmottes alpines (Marmota marmota) sont actives de mai à octobre — elles hibernent en dessous de 0°C de début octobre à fin avril. En juillet-août, les jeunes de l'année (nés en mai) sortent des terriers pour la première fois et sont particulièrement actifs et visibles. Le matin tôt (7h-9h) et le soir (17h-19h) sont les meilleures périodes d'observation — en milieu de journée, les marmottes se terrent pour éviter la chaleur.
Retour en téléphérique : la montée à pied + descente en téléphérique (ou l'inverse) est l'organisation la plus confortable. Le téléphérique de Tracouet depuis Haute-Nendaz (25 min à pied depuis la gare de bus de Haute-Nendaz) est ouvert en saison estivale (vérifier les dates sur nendaz.ch).
Combatseline (2 430 m) – La Crête entre Nendaz et Thyon avec Vue sur le Valais
📍 Siviez (1 730 m) · Combatseline (2 430 m) · Crête des 4 Vallées · ValaisLa Combatseline (2 430 m) est la crête qui sépare le secteur de Nendaz du secteur de Thyon dans le domaine des 4 Vallées. En hiver c'est un passage de connexion à skis entre les deux secteurs. En été c'est un belvédère d'altitude avec une vue à 360° remarquablement équilibrée : au sud les grandes Alpes valaisannes (Grand Combin, massif du Mont Blanc à l'horizon), au nord la vallée du Rhône et les Alpes bernoises, à l'est le Mont Fort et la Rosablanche, à l'ouest les sommets du secteur de Thyon et de Veysonnaz.
La particularité visuelle du Combatseline est la vue sur la vallée du Rhône depuis cette altitude — le fond de vallée agricole de Sion, avec ses vignes et ses vergers à 500 m d'altitude, vu depuis 2 430 m, avec un contraste saisissant entre la richesse agricole du bas et l'austérité minérale du haut. La vigne valaisanne (la principale production agricole du Valais, avec les AOC Heida, Cornalin, Humagne rouge et Fendant notamment) se voit comme une mosaïque verte-brune sur les versants bien exposés en face.
Depuis la crête, la descente vers Thyon (2 000 m) est possible — avec retour en bus postal vers Sion puis voiture ou bus vers Nendaz. Une traversée entre les deux stations qui donne une lecture complète de la géographie des 4 Vallées.
Vins du Valais depuis les hauteurs : la vue sur les vignes valaisannes depuis le Combatseline est la meilleure introduction possible à l'AOC Valais. On distingue les expositions différentes (sud = vigne, nord = forêt), les terrasses qui retiennent la chaleur, les villages viticoles (Vétroz, Ardon, Conthey). Le Heida (Savagnin blanc) et le Cornalin (rouge, cépage autochtone valaisan) sont les deux AOC les plus emblématiques du Valais central visible depuis le Combatseline.
Connexion avec Thyon : le secteur de Thyon (Les Collons, 1 800 m) est accessible depuis la crête du Combatseline en 1h30 de descente. Thyon est plus fréquenté en hiver qu'en été — les sentiers de randonnée y sont moins balisés que du côté Nendaz, mais le terrain est similaire et les vues comparables.
Bisse du Milieu – Le Canal d'Irrigation Médiéval sur la Falaise
📍 Basse-Nendaz (990 m) · Bisse du Milieu · Beuson · Haute-Nendaz · ValaisLes bisses sont la singularité hydraulique et culturelle du Valais — des canaux d'irrigation taillés à flanc de montagne qui permettaient d'amener l'eau des glaciers et des torrents jusqu'aux alpages et aux vignes, à une époque où cette eau était vitale pour la survie des communautés villageoises. Le réseau de bisses du Valais est un des héritages hydrologiques les plus élaborés d'Europe de montagne — plusieurs centaines de kilomètres de canaux, certains en activité depuis le XIIIe siècle.
Le Bisse du Milieu de Nendaz est un des plus spectaculaires du secteur — un canal d'origine médiévale (XIVe siècle, reconstruction et extensions successives jusqu'au XXe siècle) qui court à flanc de falaise sur des passages parfois impressionnants, avec le torrent en contrebas et les vignes en face. Le sentier longe le canal en quasi-horizontal — les bisses suivent des courbes de niveau très strictes (la pente est suffisante pour que l'eau coule, mais pas assez pour créer une force érosive) — ce qui le rend accessible à tous les âges et toutes les conditions physiques.
Le versant de Nendaz est exposé plein sud — un des aspects les plus secs et les plus chauds du Valais central. La flore du versant sud valaisan évoque davantage la Provence que les Alpes : lavande sauvage, fraxinelle (Dictamnus albus, dont les feuilles dégagent une essence inflammable — la "plante-feu" du Valais), orchidées sauvages thermophiles, iris nains. Un contraste saisissant avec les alpages glaciaires d'altitude à quelques kilomètres.

Bisse Vieux vs Bisse du Milieu : la commune de Nendaz dispose de plusieurs bisses historiques. Le Bisse Vieux (plus ancien, partiellement taillé dans la roche, sections vertigineuses) est plus exigeant et moins facile pour les familles. Le Bisse du Milieu est mieux entretenu, mieux balisé et plus accessible. Pour une première découverte, le Bisse du Milieu. Pour une expérience plus intense et plus historique, le Bisse Vieux.
Fraxinelle — la "plante-feu" : la fraxinelle (Dictamnus albus) est une plante rare qui pousse sur les versants calcaires secs du Valais. Ses feuilles et ses fleurs dégagent une essence volatile qui peut, par temps chaud et calme, s'enflammer en contact d'une flamme sans brûler la plante elle-même — d'où la légende du "buisson ardent". Une curiosité botanique qu'on trouve sur les berges du Bisse du Milieu en juin-juillet.
Tour des Quatre Vallées – 5 Jours sur la Crête entre Verbier et Nendaz
📍 Verbier · Nendaz · Thyon · Veysonnaz · Tour des 4 Vallées · 5 jours · ValaisLe Tour des Quatre Vallées est le circuit itinérant qui relie, sur les crêtes du domaine skiable, les quatre stations des 4 Vallées en 4-5 jours de marche — Verbier (côté valdotain), La Tzoumaz, Nendaz, Thyon, Veysonnaz. En hiver, ces secteurs sont reliés par les remontées mécaniques et les pistes. En été, les sentiers de crête permettent de faire le même circuit à pied, avec les mêmes panoramas mais à un rythme humain.
Le tour commence logiquement à Verbier (1 500 m) — une des stations les plus connues et les mieux équipées du Valais, point d'arrivée du célèbre Verbier Festival (musique classique) et départ de la Patrouille des Glaciers (ski de rando militaire, tous les deux ans). De Verbier, les crêtes mènent vers le Mont Fort (3 329 m) — point culminant du tour — puis descendent vers Siviez-Nendaz, continuent vers Thyon et Veysonnaz pour boucler le circuit en revenant vers Verbier ou en terminant à Sion (descente directe par bus).
L'intérêt du Tour des 4 Vallées par rapport aux autres grands tours valaisans (Tour du Val d'Anniviers, Haute Route) est son accessibilité relative — les téléphériques fonctionnant en été peuvent absorber les étapes trop longues ou les mauvais jours. Le tour peut être fait sans aucun équipement d'alpinisme, sans nuit en cabane en haute altitude (hébergements dans les stations), et avec des sections optionnelles selon la condition physique.
Mont Fort depuis Verbier : le télécabine Verbier-Tortin-Mont Fort (téléverbier.ch) fonctionne en été avec un forfait spécifique randonnée. En hiver, la station est le QG mondial du freeride et de l'heliski — en été, les mêmes pentes couvertes de granite poli et d'alpages sont le terrain des chamois et des randonneurs. La transformation est totale et saisissante.
Patrouille des Glaciers : pour les skieurs de fond qui liront cet article — la Patrouille des Glaciers (course de ski de rando militaire Zermatt-Verbier, 53 km, D+ 3 994 m) traverse le terrain du Tour des 4 Vallées dans sa partie finale. La randonnée estivale permet de reconnaître à pied les sections Thyon-Veysonnaz que les patrouilles empruntent tous les deux ans en ski.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Mont Fort (3 329 m) & Grand Désert | 3 329 m | 6–12 km | 600–1 600 m | 3h–6h | Difficile |
| 2 | Glacier du Giétro & Lac de Cleuson | 2 900 m | 8–18 km | 456–1 200 m | 3h–7h | Facile/Difficile |
| 3 | Piste de l'Ours – alpages de Tracouet | 2 200 m | 8–14 km | 600–900 m | 3h30–5h30 | Moyen |
| 4 | Combatseline (2 430 m) – crête 4 Vallées | 2 430 m | 8–14 km | 700 m | 3h30–5h30 | Moyen |
| 5 | Bisse du Milieu – canal médiéval XIVe s. | 1 100 m | 6–14 km | 50–300 m | 2h–5h | Facile |
| 6 | Tour des 4 Vallées – 4–5 jours, crêtes | 3 329 m | 70–90 km | 4 000–5 000 m | 4–5 jours | Difficile |
FAQ – Randonnée à Nendaz
Qu'est-ce que la catastrophe du glacier du Giétro de 1818 et pourquoi est-elle importante ?
La catastrophe du Giétro de 1818 est une des plus grandes catastrophes glaciaires de l'histoire alpine moderne — et un événement qui a profondément marqué la mémoire collective du Valais.
Ce qui s'est passé : le glacier du Giétro est un glacier suspendu qui coule depuis les hauteurs du massif du Grand Combin vers la vallée de la Dranse de Bagnes. Au cours de l'hiver 1817-1818 — une période de forte accumulation neigeuse — le glacier a progressé jusqu'à barrer entièrement la vallée, formant un barrage de glace naturel. Derrière ce barrage, le lac dit "du Giétro" s'est formé — un lac naturel qui a atteint une hauteur de 60-70 m et un volume estimé à 25-40 millions de mètres cubes selon les sources.
La tentative de sauvetage : l'ingénieur valaisan Ignaz Venetz (1788-1859) a organisé le creusement manuel d'un tunnel dans la glace pour évacuer l'eau progressivement et abaisser le niveau du lac avant que le barrage ne cède naturellement. Ce travail colossal — des dizaines d'hommes ont creusé dans la glace sous la menace de l'effondrement — a permis une évacuation partielle. Mais le 16 juin 1818, le barrage de glace a cédé. En quelques heures, le lac a déversé son contenu.
Les dégâts : la vague déclenchée par la rupture a détruit de nombreuses constructions dans la vallée de la Dranse (Bagnes, Sembrancher, Martigny-Bourg), tuant 44 personnes. À Martigny, la vague a submergé une partie du bourg, à 30 km du glacier. Les dommages matériels ont été considérables pour une société rurale de l'époque — plusieurs villages ont été partiellement ou totalement détruits.
L'héritage scientifique : la catastrophe du Giétro est une des premières catastrophes glaciaires à avoir été documentée scientifiquement en temps réel. Ignaz Venetz, mobilisé pour la gestion de la crise, en a profité pour observer et mesurer le comportement du glacier — ses observations ont été déterminantes dans la mise en évidence que les glaciers avaient été beaucoup plus étendus dans le passé (les "grandes glaciations"). Avec Jean de Charpentier, Venetz est un des pères de la glaciologie moderne.
Qu'est-ce qu'un bisse valaisan et comment fonctionnent ces canaux d'irrigation ?
Les bisses (en français valaisan ; Suonen en alémanique valaisan) sont des canaux d'irrigation gravitaires qui ont permis l'agriculture et l'élevage dans le Valais pendant des siècles, en acheminant l'eau des glaciers et des torrents jusqu'aux prairies, alpages et vignes du versant.
Le principe : le Valais central est paradoxalement très sec pour une région alpine — les vallées latérales encaissées reçoivent peu de précipitations (Sion est une des villes les plus sèches de Suisse avec moins de 600 mm/an, moins que Paris) parce que les massifs environnants bloquent les précipitations. En revanche, les glaciers fournissent une eau abondante en été — précisément quand les prairies en ont besoin. Les bisses captent cette eau en amont (souvent directement dans les torrents glaciaires) et la distribuent latéralement sur les versants à une altitude constante (pente d'environ 0,5-2% pour que l'eau coule sans éroder le canal).
La construction : creuser un canal dans la roche ou dans la terre sur des kilomètres à flanc de montagne, parfois au-dessus du vide sur des passerelles en bois ou en roche taillée, a représenté un investissement collectif immense. Les bisses les plus anciens datent du XIIIe-XIVe siècle — ils ont été construits par les communautés villageoises en corvée collective, entretenus de la même façon, et l'eau distribuée selon des règles précises (les droits d'eau, "droits de bisse") qui définissaient quelle famille recevait l'eau, à quel moment et pendant combien de temps.
Les bisses de Nendaz : la commune de Nendaz dispose d'un réseau historique particulièrement bien conservé — le Bisse Vieux, le Bisse du Milieu, le Bisse Neuf et plusieurs autres sont encore en eau de juin à septembre. Certains bisses sont encore en service actif (l'eau coule) ; d'autres ont été reconvertis en sentiers touristiques avec le canal restauré mais l'irrigation abandonnée. Le Bisse du Milieu de Nendaz est restauré et entretenu par la commune — le sentier est sécurisé et accessible à tous.
Les bisses dans le patrimoine suisse : les bisses du Valais ont été proposés pour inscription à l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel — leur valeur tient non seulement aux ouvrages eux-mêmes mais aux pratiques sociales qui les entourent (les droits d'eau, les corvées d'entretien, les processions de la Saint-Marc le long des bisses).
Qu'est-ce que le domaine des 4 Vallées et quelle est sa relation avec Nendaz en été ?
Les 4 Vallées (ou Quatre Vallées) sont le plus grand domaine skiable de Suisse avec 412 km de pistes — un domaine qui relie les stations de Verbier (Val de Bagnes), La Tzoumaz (Val de Bagnes), Nendaz, Thyon (Val d'Hérens) et Veysonnaz, toutes situées sur le versant nord du Valais central entre 1 400 et 3 329 m d'altitude (Mont Fort).
La spécificité des 4 Vallées en hiver : les 4 Vallées constituent un des domaines reliés les plus cohérents des Alpes — on peut passer d'une station à l'autre entièrement en ski et en téléphérique, sans jamais descendre à la vallée. La connexion Verbier-Mont Fort-Nendaz-Siviez est la colonne vertébrale ; les connexions vers Thyon et Veysonnaz ajoutent des extensions latérales. En termes de freeride et de ski hors-piste, le Mont Fort (3 329 m) et les pentes exposées nord-est qui en descendent vers Tortin et Siviez sont des références mondiales.
Les 4 Vallées en été : tous les téléphériques ne fonctionnent pas en été — les domaines réduisent leurs infrastructures à celles qui ont une pertinence touristique estivale. À Nendaz, le téléphérique de Tracouet et celui vers Siviez-Mont Fort fonctionnent en été (vérifier les horaires sur nendaz.ch). À Verbier, le Mont Fort est accessible par les cabines estivales. La randonnée sur les crêtes du domaine en été permet de comprendre la topographie que les skieurs utilisent en hiver — et souvent de réaliser que les pentes qui semblent anodines en ski sont bien plus raides vues à pied.
Nendaz dans le domaine : Nendaz est le secteur central des 4 Vallées — moins connu internationalement que Verbier (qui concentre la publicité et le prestige), mais avec un accès direct au Mont Fort, aux glaciers du Giétro et de la Plaine Morte, et aux crêtes du Combatseline. La clientèle de Nendaz est plus familiale et plus locale (Suisse romande, France voisine) que celle de Verbier (très internationale). Les prix d'hébergement sont significativement moins élevés qu'à Verbier pour un accès identique au terrain.
Comment rejoindre Nendaz depuis Paris ou la France et quelle est la meilleure saison ?
Depuis Paris en train : TGV Paris-Gare de Lyon → Sion (4h30 direct ou via Lausanne et changement). Depuis Sion : bus postal CarPostal vers Haute-Nendaz (40 min, ligne régulière, Swiss Travel Pass intégral) ou taxi (20 min, 30-40 CHF). Total Paris → Nendaz : environ 5h30 sans voiture.
En voiture : Genève → Nendaz (190 km, 1h45 via A9), Lyon → Nendaz (290 km, 3h via A42-A40-Tunnel du Mont-Blanc ou A41-A9), Paris → Nendaz (720 km, 7h via A6-A36-Bâle-A2-A9).
Meilleures saisons :
— Juin : les bisses sont en eau (juin à septembre) — la meilleure période pour les sentiers de bisse en termes de flore (fraxinelle, iris, orchidées thermophiles). Les remontées mécaniques ouvrent progressivement. Les crêtes peuvent encore avoir des névés — vérifier nendaz.ch pour les conditions du Mont Fort.
— Juillet–août : haute saison. Tout est ouvert — téléphériques, restaurants d'alpage, sentiers de crête. Le Mont Fort est praticable sans crampons (sauf neige tardive). La chaleur sur les sentiers de bisse peut dépasser 35°C — partir tôt le matin. Les marmottes de Tracouet sont au maximum de leur activité avec les jeunes de l'année.
— Septembre : la meilleure période sans discussion. La fréquentation chute, les téléphériques continuent de fonctionner, les crêtes sont libres, la lumière d'automne sur les Alpes pennines est spectaculaire. Les bouquetins du Giétro sont très actifs. Les premiers jours froids de septembre font virer les mélèzes vers le jaune-doré — les versants de Nendaz changent de couleur en dix jours.
— Octobre : les téléphériques ferment progressivement pour maintenance avant la saison de ski (ouverture prévue généralement début décembre). Les sentiers de bisse restent praticables jusqu'aux premières gelées. La couleur automnale des mélèzes et des feuillus sur les versants est magnifique — les randonnées basses (bisses, villages) restent excellentes jusqu'à mi-octobre.
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