Les 6 plus belles randonnées
à Valloire
Valloire, 1 430 m d'altitude en Maurienne savoyarde, est la porte d'entrée du massif des Cerces-Thabor — un territoire de 14 000 hectares de sentiers entre le Grand Galibier (3 229 m), les Aiguilles d'Arves (3 514 m) et le Mont Thabor (3 178 m), avec des lacs turquoise, des ouvrages Maginot oubliés et les roches violettes et ocres les plus photogéniques des Alpes françaises.
Au Grand Galibier les roches sont violettes — des quartzites triasiques vieux de 250 millions d'années charriés depuis les profondeurs alpines — et depuis le sommet à 3 229 m on voit simultanément le Mont Blanc, le Viso, les Écrins, la Vanoise et les Aiguilles d'Arves
Valloire est un village savoyard de 1 100 habitants dans la vallée de la Valloirette (Haute Maurienne, Savoie), à 1 430 m d'altitude — station de ski réputée en hiver (rattachée à Valmeinier pour former un des 10 premiers domaines skiables français), village authentique en été avec une des plus belles églises baroques de Savoie (XVIIe siècle, classée Monument historique, avec un retable baroque de 29 tableaux). En été, Valloire est un point de départ idéal pour la randonnée grâce à sa position au pied du Col du Galibier (2 642 m) — le quatrième plus haut col routier des Alpes françaises, légendaire du Tour de France — et à l'entrée du massif des Cerces-Thabor.
Le massif des Cerces-Thabor est un des massifs de randonnée les moins connus mais les plus beaux des Alpes françaises — situé à la frontière entre la Savoie et les Hautes-Alpes, entre la Maurienne et la Clarée, il cumule 14 000 hectares d'alpages, de lacs d'altitude, de cols accessibles et de sommets au-dessus de 3 000 m. Le Grand Galibier (3 229 m) en est le point culminant accessible aux randonneurs. Le Mont Thabor (3 178 m), souvent décrit comme "le plus beau 3 000 des Alpes françaises" par les connaisseurs, en est le sommet le plus emblématique. Ensemble, ils forment un massif de haute montagne étonnamment accessible — le parking de Plan Lachat, à 1 963 m sur la route du Galibier, place les randonneurs à D+ 450 m seulement du lac des Cerces.
La géologie du massif des Cerces est d'une richesse exceptionnelle et visible à l'œil nu — c'est la nappe briançonnaise, un ensemble de roches sédimentaires et métamorphiques d'âges divers (Trias à Crétacé, 250 à 70 millions d'années) charriées depuis la zone briançonnaise vers la zone externe lors de la collision alpine. Ces roches comprennent des quartzites triasiques violets et roses (très caractéristiques du Galibier et de la Pointe des Cerces), des calcaires dolomitiques jaune-ocre, des calcschistes gris et des marnes crétacées — un kaléidoscope géologique qui donne aux crêtes du massif leurs couleurs uniques dans les Alpes françaises.
La faune est remarquable — le bouquetin des Alpes est particulièrement fréquent dans les environs du Grand Galibier, considéré comme un des endroits où on l'observe le plus souvent dans le secteur. Les chamois peuplent toutes les crêtes du massif. Les marmottes sont omniprésentes dans les alpages autour des lacs. L'aigle royal chasse en permanence sur les crêtes. Particularité locale : les trolles d'Europe (Trollius europaeus), fleur ronde dorée protégée, fleurissent en masse aux abords du lac des Cerces en juillet — un spectacle botanique rare.
Le Top 6 des randonnées à Valloire
Grand Galibier Sommet Ouest (3 229 m) – Le Toit du Massif, la Vue sur Tous les Alpes
📍 Plan Lachat (1 963 m) · Lac des Cerces · Col de la Ponsonnière · Col Termier · Grand Galibier (3 229 m) · SavoieLe Grand Galibier (3 229 m) est LE sommet de Valloire — à tel point que les mots "Valloire" et "Galibier" vont systématiquement de pair. Dominant le célèbre col du Galibier (2 642 m) de presque 600 mètres, il est décrit par les randonneurs locaux comme "le plus haut sommet de Valloire accessible aux randonneurs sans matériel d'alpinisme et offrant une vue à 360°" — une formulation précise et juste, qui résume parfaitement sa place dans la hiérarchie des sommets du massif. Du sommet, le panorama est un catalogue des Alpes françaises : Mont Blanc (4 808 m) au nord-ouest, Barre des Écrins (4 102 m) et Meije (3 983 m) au sud-ouest, Grande Casse (3 855 m) et Vanoise au nord, Aiguilles d'Arves (3 514 m) au nord-est, Monte Viso (3 841 m) au sud-est.
La montée depuis Plan Lachat (1 963 m) — parking sur la route du Galibier, 10 km après Valloire — suit d'abord la piste vers les Mottets, puis emprunte le sentier vers le Lac des Cerces (2 410 m) et le Col de la Ponsonnière (2 613 m) via le GR57. Depuis le col, la crête de la Ponsonnière mène au Lac Blanc et au Col Termier — dernier replat avant la montée finale. Cette dernière section (depuis le Col Termier jusqu'au sommet Ouest) est la plus engagée : des passages rocheux où les mains sont nécessaires, un terrain instable (quartzites en blocs), mais des points bleus bien visibles balisent l'itinéraire. Aucune exposition majeure — mais il faut du gabarit physique et de la prudence.
La géologie du sommet est un spectacle en soi — les quartzites triasiques violets et roses qui constituent la couronne sommitale sont parmi les roches les plus photogéniques des Alpes françaises. Ces roches ont été formées il y a 250 millions d'années dans un environnement désertique côtier (analogie avec les grès rouges du Trias), puis charriées de plusieurs centaines de kilomètres par les nappes de charriage alpines. La couleur violette intense — due aux oxydes de fer (hématite) dans la matrice des quartzites — est caractéristique et immédiatement reconnaissable.

Derniers 100 mètres : la section finale depuis le Col Termier jusqu'au sommet Ouest est hors-sentier avec passage entre de gros blocs de quartzite et quelques vires. Les points bleus sont le balisage — les suivre rigoureusement. Il existe deux "couloirs" possibles : prendre vers le col entre les deux sommets, puis rester sur la ligne de crête jusqu'au Sommet Ouest. Ne pas improviser.
Ouverture saisonnière : fin juillet au plus tôt (névés persistants sur le Col de la Ponsonnière et le versant nord du Galibier). Fermeture à partir des premières neiges (mi-septembre). La route du Galibier elle-même est fermée de novembre à mai/juin selon l'enneigement.
Les 3 Lacs des Cerces (2 410–2 460 m) – La Randonnée Emblématique de Valloire
📍 Plan Lachat (1 963 m) · Mottets · Lac des Cerces (2 410 m) · Col des Cerces · Grand Ban · Lac Rond · Camp des Rochilles · SavoieLa randonnée des 3 Lacs des Cerces est l'itinéraire emblématique de Valloire — la randonnée que les locaux font en premier pour initier leurs invités au massif, et que les visiteurs font systématiquement en priorité. Elle est "au centre d'un triangle constitué du Grand Galibier (3 228 m), du Mont Thabor (3 178 m) et des Aiguilles d'Arves (3 514 m)" — une position géographique centrale qui lui vaut un panorama permanent sur les plus grands sommets du secteur tout au long du parcours. Les trois lacs — lac des Cerces (2 410 m), lac du Grand Ban (2 460 m) et lac Rond (2 459 m) — ont chacun un caractère distinct qui structure la boucle.
Le lac des Cerces est le premier atteint depuis Plan Lachat — un lac bleu turquoise intense, encadré par les falaises grises de la Pointe des Cerces qui "tombent à pic" dans ses eaux selon les randonneurs habitués. En juillet, les trolles d'Europe (Trollius europaeus), fleurs rondes jaune-dorées protégées, bordent les abords du lac en masse — un spectacle botanique d'une rareté appréciable. Marmottes, grenouilles et petits poissons complètent l'ambiance lacustre. Le Col des Cerces (2 574 m) donne ensuite accès aux deux autres lacs côté Rochilles — le Grand Ban et le Rond, plus sauvages et moins fréquentés que le lac des Cerces.
La boucle passe par le Camp des Rochilles — vestiges de la Ligne Maginot des Rochilles (1931-1940), un système de fortifications militaires construit pour défendre le passage vers l'Italie par le Col des Rochilles. Des galeries souterraines et des blockhaus en béton armé, construits pendant la drôle de guerre, sont encore visibles dans le paysage minéral du col. Ce patrimoine militaire, souvent ignoré des randonneurs qui passent à côté, est d'un intérêt historique réel — en 1940, l'armée italienne a tenté de franchir ces cols sans succès.
Bivouac possible au bord du lac des Cerces (bord nord) — un des bivouacs les plus fréquentés et les plus beaux du secteur. Pas de déchets, pas de feu, tente montée après 19h, levée avant 9h (respect des alpagistes). Le Lac du Grand Ban est également un spot de bivouac réputé.
Variante courte : aller-retour au seul lac des Cerces depuis Plan Lachat (7 km, D+ 450 m, 3h, moyen) — la randonnée classique en famille avec une descente par le même sentier. C'est la version courte et très appréciée, même si la boucle des 3 lacs vaut clairement l'effort supplémentaire.
Pointe des Cerces (3 098 m) – Le Belvédère des 3 Lacs et du Galibier
📍 Plan Lachat (1 963 m) · Lac du Grand Ban · Lac Rond · Col des Cerces (2 574 m) · Pointe des Cerces (3 098 m) · SavoieLa Pointe des Cerces (3 098 m) est le point culminant du massif éponyme — un sommet qui domine les trois lacs depuis le sud et offre un panorama à 360° sur tous les massifs des Alpes françaises : le Grand Galibier et sa crête multicolore à l'ouest, le Mont Thabor à l'est, les Aiguilles d'Arves au nord-est, les Écrins au sud-ouest avec la Meije bien reconnaissable, le Mont Blanc à l'horizon nord-ouest. Au sommet, deux croix — l'une porte la citation "Je vaux ce que je veux" (attribuée à Paul Valéry), l'autre une plaque commémorative militaire.
L'itinéraire depuis Plan Lachat passe par les lacs du Grand Ban et Rond (même début que la randonnée des 3 Lacs côté Rochilles), remonte le Col des Cerces (2 574 m), puis suit un sentier de montagne non balisé en direction de la Pointe. Ce sentier passe en fait "entre deux falaises (une au-dessus, une en dessous)", avec quelques passages exposés qui peuvent impressionner sans être dangereux pour un randonneur attentif. Le passage-clé est à 2 800 m d'altitude — un ressaut rocheux qui peut être délicat si enneigé ou verglacé (dans ce cas, piolet et crampons obligatoires). En plein été sec, c'est un terrain de marche soutenue sans escalade.
La descente depuis le sommet peut s'effectuer par le même itinéraire (version classique) ou par un retour via le lac des Cerces pour boucler en triangle — une variante plus longue mais qui permet de voir les trois lacs depuis le versant opposé et d'avoir la meilleure vue sur la Pointe des Cerces elle-même depuis le bas. La glissade sur névé en descente (en juillet) est possible et appréciée par certains randonneurs — mais uniquement si le névé se finit sur du plat, jamais au-dessus d'un à-pic.

Ressaut à 2 800 m : en cas de présence de neige ou de glace sur ce passage, la randonnée ne peut pas être réalisée sans crampons et piolet. En août sec (après le 10 août), ce passage est généralement propre. Avant mi-juillet ou après une chute de neige précoce en septembre, se renseigner à l'Office de Tourisme de Valloire avant le départ.
Flore sommitale : au sommet de la Pointe des Cerces, une fleur protégée pousse dans les fissures des roches calcaires — une espèce rare des éboulis calcaires d'altitude. Sa présence au sommet d'un 3 000 m savoyard est une curiosité botanique soulignée par plusieurs randonneurs.
Roche Olvéra (2 600 m) – Le Panorama Pastoral face aux Aiguilles d'Arves
📍 Valloire (1 430 m) · Hameaux · Crête de l'Eyssina · Roche Olvéra (2 600 m) · SavoieLa Roche Olvéra (2 600 m) est une des randonnées les plus appréciées des guides locaux de Valloire pour les randonneurs qui cherchent un panorama exceptionnel sans la difficulté technique du Grand Galibier. Culminant à 2 600 m sur la ligne de crête entre Valloire et Valmeinier, ce sommet offre une vue dégagée sur les Écrins, les Aiguilles d'Arves et le Mont Blanc. L'Office de Tourisme de Valloire le présente comme une de ses 8 randonnées incontournables — un sommet "à ne pas se priver" malgré le D+ de 1 170 m.
La spécificité de la montée à la Roche Olvéra est son parcours par les anciens "champs à moutons" — les alpages de la Vallée des Brebis, où les troupeaux continuent de paître depuis des siècles. La transhumance est une réalité vivante à Valloire — les alpages de la Roche Olvéra voient passer des centaines de moutons chaque été depuis au moins le Moyen Âge, et les chemins creux, les abris de bergers et les murs de pierres sèches qui jalonnent la montée sont les témoins de cette économie pastorale millénaire.
Depuis le sommet, la vue sur les Aiguilles d'Arves (3 514 m) est particulièrement belle à cet angle — la triple pointe (Aiguille septentrionale, centrale et méridionale) est vue de face depuis le nord-est, avec une perspective différente de celle qu'on a depuis Plan Lachat. Les Aiguilles d'Arves sont l'un des profils les plus reconnaissables des Alpes françaises — visibles depuis le Belledonne, la Chartreuse, le Dévoluy et même parfois depuis le Vercors par beau temps.
Coucher de soleil : la Roche Olvéra est une destination fréquentée pour les randonnées en soirée — les guides de Rando Montagne Valloire proposent une sortie "apéritif savoyard au sommet face au coucher du soleil". Le versant est exposé ouest — la lumière de fin d'après-midi sur les Aiguilles d'Arves est particulièrement photogénique entre 18h et 20h en juillet.
Boucle par Valmeinier : une variante permet de descendre par Valmeinier et de revenir à Valloire par la crête du Pas des Griffes (grande boucle de 26 km, D+ 1 528 m) — une journée complète réservée aux randonneurs aguerris, qui offre le meilleur point de vue sur le Mont Thabor depuis les crêtes de la ligne de partage.
Pain de Sucre (2 025 m) – La Vue sur Valloire, la Randonnée d'Initiation
📍 Valloire (1 430 m) · Hameaux · Alpages de Valmeinier · Pain de Sucre (2 025 m) · SavoieLe Pain de Sucre (2 025 m) est la randonnée d'initiation et la randonnée des familles à Valloire — un petit sommet facile d'accès dont le nom évocateur dit tout sur sa forme : un dôme arrondi et régulier qui domine la station depuis le sud-est. Depuis son sommet, la vue plongeante sur Valloire, la Vallée de l'Aiguille Noire et la Vallée du Galibier est la plus belle vue accessible sur l'ensemble du village et de son environnement immédiat — un panorama qui donne la mesure de la taille et du caractère du massif.
La montée passe par les hameaux savoyards qui entourent Valloire — notamment Poingt-Ravier, avec sa jolie chapelle Sainte-Madeleine et ses maisons en pierre du XVIIe siècle typiques de l'architecture mauriennaise. Ces hameaux, habités en été par les alpagistes et les propriétaires de chalets secondaires, conservent une architecture vernaculaire authentique rare dans les Alpes françaises — toits en lauze de schiste, murs en pierres de taille locales, balcons en bois ouvragés. Le sentier passe également par le Gros Mélèze — un arbre remarquable de plus de 400 ans, en lisière de la forêt, avec un tronc de plus d'un mètre de diamètre.
Les alpages de la Fornache traversés dans la montée sont d'une richesse florale remarquable en juillet — gentiane bleue, lis martagon, arnica, anémone soufrée — et d'une densité de marmottes qui ravit les enfants. La montée finale au Pain de Sucre depuis les alpages est douce et progressive — idéale pour les enfants de 5-6 ans qui font leurs premières grandes randonnées.

Sentier Éco-Sylve : sur le chemin vers Poingt-Ravier, un sentier botanique (l'Éco-Sylve) avec des panneaux explicatifs sur la flore locale, dont le mélèze et les plantes des alpages mauriennais. Ce sentier est accessible aux poussettes sur sa partie basse — une option pour les très jeunes enfants.
Depuis le Crêt de la Brive : la télécabine du Crêt de la Brive (ouverte en été) permet d'accéder directement aux alpages à 2 200 m, réduisant la randonnée au Pain de Sucre à un aller-retour de 4 km et D+ 200 m seulement — une option idéale pour les familles avec de très jeunes enfants (3-4 ans).
Mont Thabor (3 178 m) – "Le Plus Beau 3 000 des Alpes Françaises"
📍 Plan Lachat (1 963 m) · Lac des Cerces · Col de la Ponsonnière · Refuge de Laval · Mont Thabor (3 178 m) · Savoie / Hautes-AlpesLe Mont Thabor (3 178 m) est souvent désigné par les connaisseurs comme "le plus beau 3 000 des Alpes françaises" — une formule qui revient régulièrement dans la littérature randonneuse du massif pour qualifier ce sommet à cheval entre la Savoie et les Hautes-Alpes, accessible aux randonneurs sans matériel d'alpinisme, dont le panorama combine qualité, amplitude et harmonie d'une manière que peu de sommets équivalents peuvent égaler. Il est plus bas que le Grand Galibier mais son panorama est jugé supérieur par de nombreux alpinistes et randonneurs — plus complet, avec un contexte de massifs plus diversifié visible à 360°.
Depuis Plan Lachat (1 963 m), l'itinéraire classique passe par le Lac des Cerces (2 410 m) et le Col de la Ponsonnière (2 613 m) — le même départ que pour le Grand Galibier — puis bifurque vers le sud-est en direction du Refuge du Laval (étape possible pour un bivouac ou une nuit en refuge) et de la montée finale au Thabor. La montée depuis le Col de la Ponsonnière jusqu'au sommet demande 2h30-3h supplémentaires — d'où l'intérêt de l'itinéraire en deux jours avec nuit au refuge.
Le sommet du Thabor est couronné d'une chapelle — une construction modeste en pierre qui date du XIXe siècle et qui donne au lieu un caractère spirituel particulier. La vue depuis le sommet comprend : Écrins (Barre, Meije, Pelvoux) au sud, Vanoise (Grande Casse) au nord-est, Mont Blanc au nord-ouest, Belledonne à l'ouest, Monte Viso au sud-est, et les Aiguilles d'Arves au nord. L'avion accidenté le 19 décembre 1969 dans les pierriers du versant nord — visible depuis le Col des Rochilles — est mentionné dans tous les topos de la zone comme un repère inattendu.
L'avion des pierriers : dans les pierriers du versant nord du Thabor, les débris d'un appareil militaire accidenté le 19 décembre 1969 sont encore visibles — un DC-3 ou appareil similaire dont quelques pièces de carlingue émergent de la neige selon les saisons. Un repère inattendu et poignant dans ce paysage minéral.
Variante par la Clarée : depuis Plan Lachat, une grande boucle de 2 jours via le Col des Béraudes et la Vallée de la Clarée permet de rejoindre Névache (côté Hautes-Alpes) avant de revenir par le Col de la Ponsonnière — une traversée de l'Oisans septentrional parmi les plus belles possibles en deux jours.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Grand Galibier Sommet Ouest (3 229 m) — vue 360° | 3 229 m | 21 km | 1 266 m | 7h | Difficile |
| 2 | Les 3 Lacs des Cerces (boucle Grand Ban, Rond, Cerces) | 2 460 m | 12–15 km | 600–700 m | 4h30–5h30 | Moyen |
| 3 | Pointe des Cerces (3 098 m) — sommet dominant les 3 lacs | 3 098 m | 16–18 km | 1 135 m | 6h30–8h | Difficile |
| 4 | Roche Olvéra (2 600 m) — Aiguilles d'Arves et alpages | 2 600 m | 10–14 km | 1 170 m | 4h30–6h | Moyen/Difficile |
| 5 | Pain de Sucre (2 025 m) — familles, vue sur Valloire | 2 025 m | 8–11 km | 551 m | 3h30–4h30 | Facile |
| 6 | Mont Thabor (3 178 m) — "le + beau 3 000 des Alpes" | 3 178 m | 22–30 km | 1 300–1 500 m | 8h–10h (ou 2j) | Difficile |
FAQ – Randonnée à Valloire et au Galibier
Le Grand Galibier est-il vraiment le plus haut sommet de Valloire accessible aux randonneurs ?
Non — c'est une formulation précise qui mérite d'être expliquée. Valloire possède 15 sommets de plus de 3 000 m d'altitude, dont les Aiguilles d'Arves qui culminent à 3 514 m (soit près de 300 m de plus que le Galibier). Mais les Aiguilles d'Arves sont des sommets d'alpinisme — leur accès nécessite un équipement de montagne (corde, crampons, piolet) et des compétences techniques.
Parmi les sommets accessibles aux randonneurs sans matériel d'alpinisme, l'Aiguille d'Argentière (3 237 m) et l'Aiguille de l'Épaisseur (3 230 m) sont légèrement plus hauts que le Grand Galibier Sommet Ouest (3 229 m) — mais ils sont situés "à proximité immédiate des Aiguilles d'Arves" et n'offrent pas une vue à 360° dégagée.
Le Grand Galibier est donc "le plus haut sommet de Valloire accessible aux randonneurs sans matériel d'alpinisme et offrant une vue à 360°" — une distinction importante qui justifie sa réputation. Depuis son sommet, la vue est totalement dégagée dans toutes les directions sans obstacle sommital proche, ce qui n'est pas le cas des Aiguilles voisines.
Le Col du Galibier est-il le plus haut col routier des Alpes françaises ?
Non — le Col du Galibier (2 642 m) est le quatrième plus haut col routier des Alpes françaises, après le Col de l'Iseran (2 770 m, Savoie), le Col du Restefond / Cime de la Bonette (2 715 m avec la boucle, Alpes-Maritimes/Alpes-de-Haute-Provence) et le Col de la Bonette (2 715 m). Il est parfois présenté à tort comme "le plus haut col routier des Alpes" dans certains supports touristiques non rigoureux.
En revanche, le Galibier est probablement le col le plus célèbre du Tour de France — il a été franchi en course pour la première fois en 1911, lors du premier Tour à passer dans les Alpes. Henri Desgrange, directeur du Tour, écrivit ce jour-là une des phrases les plus célèbres de l'histoire du cyclisme : "Ô Sappey ! Ô Laffrey ! Ô la Croix de Fer ! Ô Telegraphe ! soyez effacés ! un géant blanc vous a vaincus tous." Depuis, le Galibier a été franchi dans presque toutes les éditions du Tour, et son ascension depuis Valloire est une des montées cyclistes les plus célèbres du monde.
Pour les randonneurs, le tunnel du Galibier (à 2 556 m, juste sous le col) permet à la route de passer en hiver quand le col est fermé — mais en été, le col proprement dit (2 642 m) est ouvert et c'est par là que passent les cyclistes (et les automobilistes). La route du col se franchit également à pied depuis le parking de Plan Lachat en moins d'une heure — une option pour voir les cyclistes en action.
Qu'est-ce que la Ligne Maginot des Rochilles et peut-on la visiter ?
Le Camp des Rochilles est un ensemble de fortifications militaires construit entre 1931 et 1940 dans le cadre du prolongement de la Ligne Maginot des Alpes ("Petite Maginot" ou "Ligne Alpine") vers la frontière italienne. La frontière franco-italienne passait à l'époque par les cols du secteur (Col des Rochilles, Col des Cerces) — l'Italie fasciste de Mussolini était perçue comme une menace potentielle depuis la montée en puissance du régime dans les années 1930.
Les fortifications consistent en un réseau de galeries souterraines (creusées dans le rocher sous le col), de blockhaus en béton armé, de casemates d'artillerie et de voies d'accès militaires. Ce réseau n'a jamais été directement attaqué — lors de l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940, les tentatives italiennes de franchissement des cols des Rochilles et des Cerces ont été repoussées par les garnisons françaises malgré l'armistice en cours.
En été 2026, les parties extérieures des fortifications (blockhaus, meurtrières, voies d'accès) sont accessibles librement lors des randonnées des 3 Lacs et de la Pointe des Cerces. Les galeries intérieures ne doivent pas être visitées sans guide — elles ne sont pas sécurisées et présentent des risques d'effondrement local. Des associations locales organisent des visites guidées commentées — se renseigner à l'Office de Tourisme de Valloire.
Comment rejoindre Valloire depuis Chambéry, Lyon ou Paris ?
Valloire est en Haute Maurienne (Savoie), accessible depuis la vallée principale de la Maurienne (A43/D1006) par la route du Col du Télégraphe (D902) ou par la D902 directe depuis Saint-Michel-de-Maurienne.
Depuis Chambéry (90 km, 1h30) : A43 direction Modane, sortie Saint-Jean-de-Maurienne ou Saint-Michel-de-Maurienne, puis D1006 et D902 vers Valloire via le Col du Télégraphe (1 566 m). La route du Télégraphe est ouverte toute l'année (neige en hiver mais déneigée). Depuis Lyon (190 km, 2h30) : A43 → Chambéry → même itinéraire.
Depuis Paris (680 km, 6h30) : A6 → A40 → A43 → Chambéry → Maurienne → Valloire. Ou TGV Paris-Gare-de-Lyon → Modane (3h30) ou Saint-Jean-de-Maurienne (3h) + taxi ou bus vers Valloire (25 km).
Depuis Briançon (50 km, 1h) : D1091 direction Grenoble → Col du Lautaret → Col du Galibier (route ouverte de juin à octobre) → Valloire. C'est la route la plus spectaculaire — on passe à 2 642 m au col du Galibier avant de descendre sur Valloire. En hiver et en dehors de la saison, il faut passer par la Maurienne (Saint-Michel-de-Maurienne + D902).
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