Les 6 plus belles randonnées
à La Grave – La Meije
La Grave est le village le plus sauvage des Alpes françaises — un village-alpinisme de 500 habitants face au Grand Pic de la Meije (3 983 m) et à son rideau de glaciers, dans le Parc national des Écrins, sans station de ski balisée, sans compromis touristique. Un lieu à part.
La Grave est le seul village de France où l'on peut voir un glacier depuis sa chambre et atteindre 3 200 m d'altitude en 30 minutes de téléphérique
La Grave est un village de 500 habitants des Hautes-Alpes, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, situé à 1 470 m d'altitude dans la vallée de la Haute Romanche, à la limite nord du Parc national des Écrins. Ce n'est pas une station de ski comme les autres — c'est un village de montagne authentique qui n'a pas cédé au modèle touristique standardisé. Pas de pistes damées balisées (à une exception près sur le glacier), pas de centre commercial d'altitude, pas de front de neige aménagé. La Grave s'est construite autour d'une certaine idée de la montagne sauvage et méritée.
La topographie du secteur est d'une radicalité rare dans les Alpes françaises. Au sud du village, la face nord de la Meije monte de 1 470 m à 3 983 m sur moins de 3 km horizontaux — un mur de glace et de rochers qui s'élève de presque 2 500 m en quelques kilomètres de distance. Ce versant est l'un des plus impressionnants des Alpes, avec les glaciers du Tabuchet, de la Meije et de la Girose qui constituent un des derniers grands ensembles glaciaires des Écrins. La Meije elle-même est le dernier grand sommet alpin à avoir été vaincu — le 16 août 1877, par Emmanuel Boileau de Castelnau avec les guides Pierre Gaspard père et fils, après 17 tentatives échouées depuis 1870.
En face, au nord, la rive droite de la Romanche s'élève vers le Plateau d'Emparis — un balcon herbeux à 2 000-2 600 m, face à la Meije et à ses glaciers, qui constitue l'un des sites de randonnée les plus spectaculaires des Alpes françaises. Ce plateau classé Natura 2000 est un océan de verdure parsemé de lacs d'altitude (lac Lérié, lac Noir) et de tourbières, avec la Meije en arrière-plan permanent. La vue depuis le plateau d'Emparis sur le versant nord de la Meije est considérée par nombre d'alpinistes comme la plus belle vision de montagne de France.
La géologie du secteur est celle du massif cristallin des Écrins — des roches magmatiques et métamorphiques anciennes (gneiss, micaschistes, granites) qui constituent le socle des Alpes françaises du Sud. Ces roches, plus sombres et plus résistantes que les calcaires des Préalpes ou les schistes lustrés de Briançon, donnent au paysage de La Grave son caractère minéral et sévère. La faune est celle du cœur des Écrins — bouquetin des Alpes (Capra ibex), chamois, marmottes omniprésentes sur le Plateau d'Emparis, aigle royal permanent, et plus rarement le gypaète barbu (Gypaetus barbatus), réintroduit dans les Écrins depuis 1993 et progressivement repérable dans les zones d'altitude.
Le Top 6 des randonnées à La Grave – La Meije
Plateau d'Emparis – Lac Lérié & Lac Noir (2 450 m) – Le Balcon Face aux Glaciers de la Meije
📍 Le Chazelet (1 770 m) · Plateau d'Emparis · Lac Lérié (2 374 m) · Lac Noir (2 450 m) · Isère / Hautes-AlpesLe Plateau d'Emparis est la randonnée emblématique de La Grave — le lieu où l'on vient voir la Meije dans toute sa démesure, face à face, depuis un plateau herbeux suspendu à 2 000-2 600 m d'altitude. Le nom "Emparis" est d'origine celte, du mot par signifiant "exposé au soleil" — et c'est exactement ça : un plateau baigné de lumière, tourné plein sud vers le massif glaciaire des Écrins, avec les deux lacs Lérié et Noir qui réfléchissent les faces nord englacées du Grand Pic de la Meije et du Râteau.
Le lac Lérié (2 374 m) est le premier lac atteint — blotti dans un petit cirque rocheux en bordure du rebord sud du plateau, avec une vue plongeante sur la combe de Malaval et les glaciers. Ses eaux limpides reflètent la Meije et le Glacier de la Girose dans des conditions de lumière parfaites tôt le matin. Le lac Noir (2 450 m), une dizaine de minutes plus haut, est plus minéral, plus sauvage — un miroir sombre et profond où les cimes de l'Oisans se découpent sur fond de ciel azuré. Depuis les bords du lac Noir, l'angle de vue sur la face nord de la Meije est total — on voit simultanément le Grand Pic, le Doigt de Dieu, la Meije Orientale et le glacier de la Girose dans leur ensemble.
La montée depuis Le Chazelet (1 770 m) — hameau à 3 km à l'est de La Grave, accessible par la D33 — est la voie classique. Elle traverse le torrent du Gâ, remonte le versant est du Plateau par des épingles et des alpages, avant d'atteindre le plateau proprement dit via le GR54. La section sur le plateau est d'une facilité et d'une beauté rares — on marche sur un tapis de gazons alpins, avec la Meije constamment en toile de fond, les marmottes omniprésentes, et le sentiment d'être sur un balcon naturel posé face aux plus hautes montagnes des Écrins.

Natura 2000 — réglementation obligatoire : le plateau d'Emparis est classé zone Natura 2000 depuis 1991 pour sa biodiversité exceptionnelle (tourbières, lacs d'altitude, flore endémique). La baignade est interdite dans les lacs Lérié et Noir pour préserver l'écosystème fragile. Le bivouac est toléré mais avec des règles strictes (pas de feu, tente montée après 19h, levée avant 9h, aucun déchet laissé).
Variante boucle : la boucle complète "par le bord sud du plateau" (~17 km, D+ 1 000 m, 7h) est plus intéressante et plus variée que l'aller-retour classique. Elle passe par les ruines de Maison Rouge, les bergeries de Galan et de Massarelles, et contourne le plateau par sa bordure sud — des vues supplémentaires sur la combe de Malaval.
Lac du Goléon (2 438 m) & Refuge du Goléon – Le Miroir sous les Aiguilles d'Arves
📍 Valfroide / Les Hières (1 750–1 900 m) · Torrent du Maurian · Lac du Goléon (2 438 m) · Hautes-AlpesLe lac du Goléon (2 438 m) est la randonnée "accessible" de La Grave — plus courte et moins dénivelée que le Plateau d'Emparis, mais d'une beauté photographique immédiate. Le lac, d'origine glaciaire, a failli disparaître au XXe siècle sous les alluvions du torrent du Maurian qui le comblait progressivement — il a été recréé grâce à une petite digue construite par les pêcheurs locaux et a retrouvé ses eaux turquoise caractéristiques. Depuis ses rives, la vue sur les faces nord englacées de la Meije et du Râteau est directe et saisissante — le lac est suffisamment à distance du massif pour que l'ensemble soit visible d'un seul regard.
La montée depuis Valfroide (1 750–1 900 m) — hameau sur la rive nord de la Romanche, accessible depuis La Grave par le tunnel du Serre du Coin puis à droite vers Les Hières — remonte le vallon du torrent du Maurian sur un sentier balisé. La montée commence dans les alpages, traverse des hameaux d'architecture typique du Haut Oisans (toits en lauze, murs de pierre sèche), puis remonte un couloir pastoral qui s'élève régulièrement avant de franchir le verrou morainique — le bord d'une ancienne enceinte glaciaire — qui révèle d'un coup le lac et le Refuge du Goléon.
Le Refuge du Goléon (2 464 m), au bord du lac, est gardienné en saison (environ 40 places, dortoirs). C'est un des rares refuges des Écrins accessibles à des randonneurs non-alpinistes. La nuit au refuge, avec le lever du soleil sur la Meije qui rougit les glaciers avant de les baigner d'or, est une expérience mémorable. Depuis le lac, des variantes permettent de pousser vers le col Lombard ou vers les pied de l'Aiguille du Goléon (3 427 m) pour les randonneurs en forme.
Lac recréé par digue : le lac du Goléon est un des rares exemples alpins de lac "restauré" par intervention humaine modeste — la digue construite par les pêcheurs a suffi à recréer un plan d'eau de taille respectable en bloquant le torrent alluvionnaire. Une leçon de génie civil montagnard empirique.
Variante Signal de la Grave : la combinaison Signal de la Grave (belvédère panoramique à 360°, D+ 650 m depuis le Chazelet, 4h A/R) puis descente au lac du Goléon constitue une grande journée sportive (~16 km, D+ 1 100 m) qui figure parmi les plus belles itinérances du secteur — mais elle nécessite deux voitures ou une navette.
Téléphérique des Glaciers (3 200 m) + Lac de Puy Vachier – La Haute Montagne sans Corde
📍 La Grave (1 470 m) · Téléphérique (3 200 m) · Refuge Chancel · Lac de Puy Vachier (2 500 m) · Hautes-AlpesLe Téléphérique des Glaciers de la Meije est l'expérience fondatrice de La Grave — une installation construite en 1976-1977 en deux tronçons qui élève le visiteur de 1 470 m à 3 200 m d'altitude en une trentaine de minutes, face à la Meije et au-dessus du glacier de la Girose. Pas de pistes damées sécurisées (à une exception près sur le glacier en hiver), pas de casino d'altitude, pas de boutique de souvenirs au sommet — juste un restaurant (La Cabine), des tables d'orientation, et le glacier à quelques pas de la gare. La Grave a refusé l'aménagement de masse et ça se ressent immédiatement en sortant de la gare des Ruillans à 3 200 m.
Pour les randonneurs non-alpinistes, la combinaison optimale est : montée en téléphérique jusqu'à la gare du Peyrou d'Amont (2 416 m) — la gare intermédiaire, d'où part le sentier balisé —, puis randonnée vers le lac de Puy Vachier (2 500 m) et le Refuge Évariste Chancel. Ce sentier balisé longe en belvédère permanent la face nord de la Meije, avec les glaciers qui dominent à quelques centaines de mètres au-dessus, et descend progressivement vers La Grave. Une journée unique qui combine l'accessibilité du téléphérique et la liberté du sentier de montagne.
Depuis la gare haute à 3 200 m, les piétons peuvent accéder librement (hors glacier) aux tables d'orientation panoramiques — par beau temps, le Mont Blanc, la Vanoise, les Grandes Jorasses, le Vercors et le Dévoluy sont visibles. La grotte de glace est accessible avec un guide (visite commentée ~1h, tarif adulte). Le glacier de la Girose, qui recule significativement depuis les années 1980, est observable de près dans sa dynamique de fonte accélérée — une réalité glaciologique difficile mais édifiante.

Grotte de glace : la grotte est sculptée chaque année dans la glace du glacier de la Girose par des sculpteurs locaux. Elle est accessible depuis la gare haute avec un accompagnateur — l'intérieur, à -5°C en permanence, révèle les structures internes du glacier (couches de glace annuelles, bulles d'air de l'atmosphère préindustrielle emprisonnées dans la glace).
Descente à pied possible : depuis la gare intermédiaire du Peyrou d'Amont (2 416 m), la descente à pied vers La Grave par les vallons de la Meije (itinéraire non balisé, réservé aux randonneurs expérimentés avec guide recommandé) ou par le sentier du Lac de Puy Vachier (balisé, accessible) permet de combiner téléphérique montée + randonnée descente.
Oratoire du Chazelet (1 908 m) – Le Belvédère Sacré Face à la Meije
📍 La Grave (1 470 m) · Le Chazelet (1 770 m) · Oratoire du Chazelet (1 908 m) · Hautes-AlpesL'Oratoire du Chazelet (1 908 m) est le point de vue le plus célèbre de La Grave — une plateforme d'observation avec table d'orientation installée sur une proéminence rocheuse au-dessus du hameau du Chazelet, qui offre une vue frontale complète sur la face nord de la Meije et ses glaciers. C'est ici que les alpinistes du XIXe siècle venaient repérer les itinéraires vers la Meije, et c'est ici que les photographes de montagne viennent en priorité pour saisir la silhouette du Grand Pic dans la lumière matinale ou le soir.
La randonnée depuis La Grave jusqu'à l'Oratoire est la randonnée familiale et d'initiation du village — accessible dès 4-5 ans pour un enfant motivé, sans technique, sans matériel spécialisé, mais avec une récompense photographique et émotionnelle immédiate. La montée depuis le village traverse les premiers alpages et les haies de mélèzes caractéristiques de la rive droite de la Romanche, en montant progressivement vers le hameau du Chazelet (1 770 m) puis vers le belvédère.
Depuis l'Oratoire, on domine la vallée de la Romanche et on voit simultanément : la face nord de la Meije avec ses trois sommets (Grand Pic 3 983 m, Doigt de Dieu 3 973 m, Meije Orientale 3 891 m) et leurs glaciers, le Râteau (3 809 m) à gauche, le couloir du téléphérique qui monte vers la gare des Ruillans, le plateau d'Emparis sur la rive droite en face, et au-delà du col du Galibier (2 645 m), les contours des Grandes Rousses et des Aiguilles d'Arves.
Lumière photographique : les meilleures heures pour photographier la Meije depuis l'Oratoire sont tôt le matin (lumière rasante sur les glaciers, teintes rose-orangées sur les rochers) et en fin d'après-midi (ombre progressive sur la face nord, contrastes intenses). En été, entre 9h et 15h, le soleil est trop haut et la face nord reste dans une lumière dure peu favorable.
Table d'orientation : la table d'orientation de l'Oratoire identifie tous les sommets visibles avec leurs altitudes — un outil pédagogique utile pour comprendre la géographie du massif des Écrins avant de partir en randonnée plus engagée. Elle précise également les voies d'alpinisme classiques de la Meije, les noms des glaciers et les distances.
Signal de la Grave (2 707 m) – Le Belvédère 360° sur Écrins, Oisans et Arves
📍 Le Chazelet (1 770 m) · Crête · Signal de la Grave (2 707 m) · Hautes-Alpes / IsèreLe Signal de la Grave (2 707 m) est un sommet-belvédère sur les crêtes dominant La Grave au nord, accessible depuis le hameau du Chazelet. Son panorama à 360° est d'une amplitude exceptionnelle — il cumule les vues sur la Meije et les Écrins au sud, les Grandes Rousses et l'Alpe-d'Huez à l'ouest, les Aiguilles d'Arves et le Galibier au nord, et l'ensemble du massif cristallin de l'Oisans dans un rayon de 80 km. C'est le sommet le plus facile à atteindre sans guide au-dessus de 2 700 m dans le secteur de La Grave.
La montée depuis le Chazelet (1 770 m) remonte les crêtes directement vers l'est, dans un paysage qui s'ouvre progressivement — les alpages de la base laissent place aux pelouses alpines, puis aux zones rocheuses et schistes cristallins caractéristiques des hauteurs de l'Oisans. La crête elle-même est étroite mais non exposée, avec quelques passages qui demandent l'attention. Depuis le Signal, la vue plongeante sur La Grave, 1 237 m plus bas dans la vallée de la Romanche, est vertigineuse — le village paraît minuscule sous les flancs de la Meije.
La présence de l'aigle royal sur les crêtes autour du Signal est quasiment garantie — les thermes ascendants chauds qui montent des versants exposés au soleil de l'Oisans sont utilisés par les aigles comme autoroutes de vol plané. Observer un aigle royal en cercles ascendants depuis la même altitude, à quelques dizaines de mètres, avec les glaciers de la Meije en fond, est une des expériences naturalistes les plus intenses des Écrins.

Variante boucle avec le Lac du Goléon : la descente depuis le Signal vers le lac du Goléon puis les hameaux des Hières constitue une boucle sportive de ~16 km et D+ 1 100 m, mais nécessite deux véhicules ou une navette (départ Chazelet / arrivée Les Hières). Certains passages de descente vers le Goléon sont hors-sentier et paumatoires (terrain à vue) — ne pas s'y engager sans bonne connaissance du terrain et carte IGN.
Patous : plusieurs troupeaux de moutons pâturent sur les alpages entre le Chazelet et le Signal en été. Des chiens de protection (patous) gardent ces troupeaux. Comportement à adopter : contourner le troupeau à distance, ne pas courir, ne pas regarder le patou dans les yeux, s'arrêter et laisser passer. Les patous protègent, ils n'attaquent pas un randonneur qui ne menace pas le troupeau.
GR54 – Tour du Pays de la Meije (La Grave → Villar-d'Arène) – La Grande Boucle des Écrins
📍 La Grave (1 470 m) · Col d'Arsine (2 340 m) · Pas d'Anna Falque · Villar-d'Arène (1 650 m) · Hautes-Alpes / IsèreLe GR54 "Tour de l'Oisans et des Écrins" est classé parmi les GR les plus difficiles d'Europe — 176 km, 13 étapes, D+ 13 000 m cumulés, qui contourne l'intégralité du massif des Écrins entre Isère et Hautes-Alpes. La Grave est une des étapes centrales de ce tour mythique. L'étape partielle La Grave → Villar-d'Arène via le col d'Arsine (2 340 m) et le Pas d'Anna Falque est l'une des plus belles et des plus sauvages de tout le GR54 — une traversée qui plonge dans le cœur cristallin des Écrins, loin de tout aménagement touristique.
La montée depuis La Grave (ou depuis le Pont d'Arsine) remonte la haute vallée de la Romanche vers ses sources glaciaires — la rivière naît dans les pierriers succédant au glacier de la Plate des Agneaux. Le paysage devient minéral et sévère à mesure que l'on s'élève : roches cristallines sombres (gneiss, micaschistes à grenats), névés persistants en juillet, et l'impression de marcher dans un des espaces les moins fréquentés des Alpes françaises. Le col d'Arsine (2 340 m) donne accès au glacier d'Arsine, dont le front recule d'année en année — un observatoire grandeur nature du changement climatique alpin.
La descente vers Villar-d'Arène (1 650 m) par le Pas d'Anna Falque et le Plan d'Alpe est l'une des plus belles de l'étape — une descente progressive dans des alpages puis dans la forêt, avec des vues permanentes sur les massifs environnants. Villar-d'Arène, village voisin de La Grave dans la Haute Romanche, a conservé son patrimoine architectural (chapelle Saint-Antoine, moulin-écomusée, fontaines, maisons en pierre) — une conclusion logique à une journée dans le cœur du Parc des Écrins.
GR54 complet : le tour complet de l'Oisans (176 km, 13 étapes) se prépare comme un trek en autonomie partielle — refuges gardiennés sur le parcours (refuge du Glacier Blanc, refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène, refuge de la Pilatte…), topoguide FFRandonnée indispensable. Difficulté cumulée très élevée : ne s'improvise pas.
Bouquetins : la zone du col d'Arsine et du glacier d'Arsine est un des secteurs où le bouquetin des Alpes est le plus facilement observable dans le massif des Écrins — les populations se sont rétablies dans le Parc depuis les années 1970. Les mâles adultes, avec leurs cornes en anneau de 80-100 cm, sont identifiables à grande distance. Ne pas s'approcher à moins de 50 m.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Plateau d'Emparis – Lac Lérié & Lac Noir (face à la Meije) | 2 450 m | 14–17 km | 750–1 000 m | 6h–7h | Moyen |
| 2 | Lac du Goléon & Refuge du Goléon | 2 438 m | 7–10 km | 550–730 m | 3h30–5h | Moyen |
| 3 | Téléphérique des Glaciers + Lac de Puy Vachier | 3 200 m (télé.) | 5–8 km | D– 700 m | 3h–4h | Facile |
| 4 | Oratoire du Chazelet (vue frontale Meije) | 1 908 m | 5–8 km | 438 m | 2h30–4h | Facile |
| 5 | Signal de la Grave (panorama 360°) | 2 707 m | 9–12 km | 937 m | 5h–7h | Difficile |
| 6 | GR54 – La Grave → Col d'Arsine → Villar-d'Arène | 2 340 m | 16–22 km | 870–1 100 m | 6h30–9h | Difficile |
FAQ – Randonnée à La Grave et à La Meije
Pourquoi La Grave est-elle considérée comme le village de montagne le plus sauvage des Alpes françaises ?
La Grave est une anomalie dans le paysage alpin français du XXIe siècle. Quand tous les villages de montagne ont été transformés en stations de ski balisées et sécurisées depuis les années 1960-1980, La Grave a refusé ce modèle. Le téléphérique des Glaciers, construit en 1976, donne accès à 3 200 m et à un domaine skiable entièrement hors-piste, non balisé, non sécurisé — un des seuls en France à maintenir ce statut. Pas de pistes damées (à une exception sur le glacier), pas de filets de sécurité, pas de damage quotidien. On ski avec un guide, ou on ne ski pas.
Cette politique délibérée des locaux a préservé l'authenticité du village et de son environnement. La Grave, 500 habitants, est classée parmi les Plus Beaux Villages de France — ses maisons de pierre et de schiste, ses ruelles étroites dites "trabuc", son église Notre-Dame-de-l'Assomption de style romano-lombard, ont été préservées sans muséification touristique. Le village fonctionne encore avec une économie pastorale et alpine réelle — l'élevage, les guides de haute montagne, quelques hôtels familiaux.
Pour les randonneurs, cette authenticité se traduit concrètement : les sentiers du Plateau d'Emparis, du Goléon ou du Signal de la Grave ne sont ni bétonisés ni équipés de mains courantes — ce sont des sentiers alpins dans leur état naturel. La signalétique existe mais n'est pas envahissante. Il n'y a pas de foodtruck au bord du lac Lérié. C'est le secteur de randonnée le plus préservé du massif des Écrins accessible en voiture.
La Meije : pourquoi a-t-elle été le dernier grand sommet des Alpes à être gravi, et quelle est son histoire alpinistique ?
La Meije (3 983 m) a occupé une place particulière dans l'histoire de l'alpinisme — elle fut le dernier grand sommet des Alpes à résister aux alpinistes, gravi seulement le 16 août 1877, dix-sept ans après le Mont Blanc et douze ans après le Cervin. Ce retard s'explique par la géographie même de la montagne : la Meije n'a pas de voie "facile" — tous ses itinéraires d'accès impliquent des passages de haute difficulté technique en rocher et en mixte.
Dix-sept tentatives entre 1870 et 1877 échouèrent, dont celles du célèbre alpiniste britannique William Augustus Brevoort Coolidge, qui avait gravi plus de 1 700 sommets alpins. La première ascension fut finalement réussie par Emmanuel Boileau de Castelnau (un aristocrate français de 25 ans) avec les guides Pierre Gaspard père et Pierre Gaspard fils, natifs de Saint-Christophe-en-Oisans. La famille Gaspard est emblématique de la tradition des guides des Écrins — Pierre Gaspard père avait effectué la plupart des tentatives échouées avec Boileau de Castelnau avant de réussir avec lui.
Aujourd'hui, la Meije reste un objectif de choix pour les alpinistes confirmés — l'arête du Promontoire (côté sud) est l'itinéraire classique, classé D- (Difficile-), avec une traversée des arêtes jusqu'au Doigt de Dieu considérée comme une des plus belles courses de rocher des Alpes. La face nord est réservée aux alpinistes de très haut niveau. La Meije n'est pas une montagne pour randonneurs — depuis le fond de la vallée de La Grave, le Grand Pic est parfaitement identifiable à ses trois sommets distincts et à ses glaciers suspendus.
Le glacier de la Girose recule-t-il ? Quelle est la situation des glaciers des Écrins ?
Oui, et de manière accélérée depuis les années 1980. Le glacier de la Girose, que l'on observe depuis le téléphérique des Glaciers de la Meije (gare haute à 3 200 m), est en recul continu depuis le milieu du XIXe siècle — avec une phase de recul particulièrement brutale entre 1943 et 1952 (étés caniculaires), puis une reprise du recul depuis 1985 qui s'est accélérée dans les années 2000-2020.
Le massif des Écrins dans son ensemble a perdu environ 40 % de sa superficie glaciaire depuis les années 1850 (fin du Petit Âge Glaciaire). Les glaciers des Écrins sont plus sensibles que ceux des Alpes du Nord (Mont Blanc, Vanoise) en raison de leur orientation plus méridionale et de leur altitude moyenne inférieure — beaucoup de fronts de glaciers se trouvent en dessous de 2 500 m, zone particulièrement exposée à la hausse des températures estivales.
Ce que les randonneurs observent : depuis le plateau d'Emparis (lac Lérié, lac Noir), les langues glaciaires de la face nord de la Meije sont clairement visibles dans leur état actuel — comparées aux photos historiques des XIXe-XXe siècles exposées à l'Office de Tourisme de La Grave, le recul est frappant. Des moraines fraîches (sans végétation) marquent l'emplacement des glaciers il y a 30-50 ans. La grotte de glace accessible depuis la gare haute du téléphérique est taillée chaque année dans de la glace plus ancienne à mesure que la partie superficielle du glacier fond — les sculpeurs doivent pénétrer plus profondément chaque saison pour trouver de la glace de qualité.
Comment rejoindre La Grave depuis Grenoble, Lyon ou Paris, et quelle est la meilleure saison pour randonner ?
La Grave est accessible par une seule route principale — la D1091 (ex-N91) qui relie Vizille (sud de Grenoble) à Briançon via Bourg-d'Oisans et le col du Lautaret. Cette route, extraordinairement belle dans les gorges de la Romanche et les alpages du Lautaret, est l'unique voie d'accès automobile à La Grave.
Depuis Grenoble : A480 → sortie Vizille → N91 par Bourg-d'Oisans → La Grave. Durée : 1h15-1h30. Depuis Lyon : A43 → Grenoble → même itinéraire. Durée : 2h45-3h. Depuis Paris : A6 → Lyon → A43 → Grenoble → La Grave. Durée : 5h30-6h. Depuis Briançon : D1091 par le col du Lautaret (2 058 m), ouvert en été mais fermé en hiver lors des épisodes d'enneigement importants. Durée : 45 min.
En transports en commun : pas de ligne ferroviaire directe à La Grave. L'option la plus rapide depuis Paris est TGV Paris → Grenoble (3h) + car régional Grenoble → La Grave (2h, 2 fois par jour en saison). Ou TGV Paris → Oulx (Italie, 3h30) + navette / taxi Oulx → Briançon (20 min) + car Briançon → La Grave (1h, lignes estivales). La voiture reste très largement privilégiée.
Meilleures saisons pour randonner : Juillet-août pour les randonnées d'altitude (plateau d'Emparis, Signal de la Grave, GR54) — neige fondue, sentiers dégagés, téléphérique en service. Juin : les névés persistent sur certains itinéraires (Signal, col d'Arsine), mais les alpages sont en fleur et les lacs viennent de se déglacer — des couleurs exceptionnelles. Septembre : la meilleure période pour la qualité de la lumière, la faune (rutting des cervidés dans les forêts voisines, bouquetins plus visibles), l'absence de foule, et les premières neiges sur les sommets. Octobre : la végétation vire à l'or, les lacs reflètent les premiers enneigements — mais les sentiers d'altitude peuvent être enneigés après le 15 octobre.
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