Les 6 plus belles randonnées
au Gantrisch & Stockhorn
À 30 km de Berne, le Parc naturel du Gantrisch offre le panorama le plus complet sur les Alpes bernoises accessible depuis une ville de cette taille — Eiger, Mönch et Jungfrau en ligne dans le fond, et personne sur les sentiers un mardi matin.
Le Stockhorn est le seul sommet des Préalpes suisses équipé d'une plateforme suspendue dans le vide au-delà du sommet — une structure en porte-à-faux au-dessus de 2 000 mètres de vide depuis laquelle on voit simultanément le lac de Thoune, l'Eiger, le Mönch, la Jungfrau et, par temps clair, le Mont Blanc à 130 kilomètres
Le Parc naturel régional du Gantrisch — créé en 2012, 335 km², le plus grand parc naturel régional du canton de Berne — est une anomalie bienvenue dans la géographie touristique suisse : un territoire de haute valeur naturelle et paysagère, à 30 km de la capitale fédérale, qui reste méconnu du tourisme international. Pendant que les cars de touristes se battent pour une place à Interlaken ou Grindelwald, le Gantrisch offre ses pentes herbeuses, ses alpages à fromage et ses panoramas sur les Alpes bernoises à quelques centaines de randonneurs locaux.
Le Gantrisch (2 175 m) est le sommet éponyme du parc — un sommet de Préalpes au profil pastoral, avec des versants herbeux jusqu'à la crête et une vue sans obstacles sur la chaîne des Alpes bernoises : Eiger (3 967 m), Mönch (4 107 m) et Jungfrau (4 158 m) dominent l'horizon sud dans leur alignement iconique. La vue depuis le Gantrisch sur ces trois sommets est souvent jugée supérieure à celle depuis Interlaken — parce qu'on les voit de côté (est-ouest) plutôt que de face, ce qui révèle leurs profils respectifs et leurs relations de hauteur avec plus de précision.
Le Stockhorn (2 190 m) est à 15 km à l'est du Gantrisch, de l'autre côté du Simmental. Accessible en télécabine depuis Erlenbach im Simmental, il est équipé d'une plateforme suspendue au-delà du sommet — une infrastructure spectaculaire qui, sans enthousiasme excessif, constitue l'un des belvédères les plus impressionnants des Préalpes suisses. La vue depuis la plateforme couvre simultanément le lac de Thoune, l'Oberland bernois en entier et, par temps parfaitement clair, le Mont Blanc.
Le parc du Gantrisch est aussi un territoire de grande faune — le lynx (Lynx lynx) y est présent en population significative, l'aigle royal (Aquila chrysaetos) niche dans les falaises de la Nünenenflue, et les chamois peuplent les crêtes. Pas d'ours — encore — mais l'administration du parc surveille les mouvements depuis les Alpes valaisannes.
Le Top 6 des randonnées au Gantrisch & Stockhorn
Gantrisch (2 175 m) – Panorama Alpin depuis le Sommet du Parc
📍 Gurnigel (1 565 m) · Alpages · Gantrisch (2 175 m) · BerneLe Gantrisch (2 175 m) est la randonnée signature du parc naturel régional — le but évident, le sommet qui donne son nom à l'ensemble et depuis lequel tout le reste prend son sens géographique. La montée depuis Gurnigel (1 565 m) — le col routier qui traverse le parc — est relativement courte (D+ 610 m, 2h30-3h) pour un gain de panorama exceptionnel. C'est une randonnée qui surperforme largement son effort physique demandé.
Depuis le sommet, la vue sur les Alpes bernoises est sans filtre — le Gantrisch étant en avant du massif alpin, aucun sommet intermédiaire ne masque la chaîne. L'Eiger avec sa face nord verticale (premier plan à gauche), le Mönch (centre), la Jungfrau (droite, légèrement plus haute) forment leur triangle emblématique à environ 45 km de distance. On voit leur profil exactement comme on le voit depuis Interlaken, mais depuis 2 175 m au lieu de 570 m — ce qui change tout à la perception de la hauteur réelle des sommets. En tournant à 360°, le panorama couvre le lac de Thoune au nord-est (le reflet argenté visible par beau temps), le Mittelland et la cathédrale de Berne au nord (par temps très clair), les Préalpes fribourgeoises à l'ouest et le Simmental au sud-est.
Le sommet du Gantrisch est une crête herbeuse — pas de rocher nu, pas d'arête exposée, pas de câble. Un vrai sommet de Préalpes, doux et accessible, dont la générosité du panorama contraste avec la modestie géologique.
![Gantrisch[1].jpg](https://img6.custompublish.com/getfile.php/5500741.1046.mmjizpwuumjubz/Gantrisch%5B1%5D.jpg)
Lever de soleil sur les Alpes : le Gantrisch est orienté face aux Alpes — le lever de soleil depuis le sommet, avec la lumière rose qui touche l'Eiger-Mönch-Jungfrau avant la vallée, est une des scènes photographiques les plus belles des Préalpes bernoise. Départ de Gurnigel à 4h30-5h en juillet-août (il fait jour dès 5h30). Prévoir lampe frontale pour la montée.
Accès depuis Berne : Berne → Gurnigel en voiture (30 km, 45 min). Depuis la gare de Berne : train vers Schwarzenburg (30 min) + bus postal vers Gurnigel en saison. C'est un des accès à une randonnée de 2 000 m les plus rapides depuis une capitale nationale en Europe.
Stockhorn (2 190 m) – La Plateforme Suspendue au-dessus du Simmental
📍 Erlenbach im Simmental (673 m) · Télécabine · Stockhorn (2 190 m) · BerneLe Stockhorn (2 190 m) est le pendant est du Gantrisch — de l'autre côté du Simmental, en plein cœur de l'Oberland bernois. Son infrastructure touristique est plus développée que celle du Gantrisch : une télécabine depuis Erlenbach im Simmental (673 m) monte jusqu'à près du sommet en plusieurs tronçons, et le sommet lui-même est équipé d'une plateforme suspendue qui avance en porte-à-faux au-delà de la crête — une structure métallique suspendue dans le vide à 2 190 m.
La vue depuis la plateforme est précisément ce qu'on attend d'un équipement de ce type : ample, immédiate, sans médiation. Le lac de Thoune — 18 km de long, ses eaux bleu-vert — s'étale directement en contrebas à 1 700 m plus bas. Au-delà, Interlaken entre les deux lacs, et la chaîne Eiger-Mönch-Jungfrau qui ferme l'horizon. Par temps clair, le Mont Blanc est visible à 130 km au sud-ouest. Par temps médiocre, la plateforme peut être dans les nuages — vérifier la météo avant de partir.
La montée à pied depuis Erlenbach (D+ 1 517 m, 5-6h) est une autre catégorie d'expérience — une longue et sérieuse montée qui mérite qu'on y consacre une journée entière, avec la télécabine pour la descente. Les sentiers à pied traversent les alpages du Simmental, avec des vues progressives sur la vallée et les sommets environnants.
Montée à pied : pour les randonneurs qui veulent gagner la plateforme à la force des jambes, le sentier depuis Erlenbach (D+ 1 517 m, 5-6h) est long mais non technique. Possibilité de couper en prenant la télécabine jusqu'à l'une des stations intermédiaires et de marcher les derniers 600-800 m de D+. Recommandé : monter à pied sur une section, descendre en télécabine.
Le Stockhorn en hiver : la télécabine fonctionne en hiver également (accès ski de fond et raquettes sur le plateau du Stockhorn). Une expérience hivernale intéressante — le lac de Thoune vu depuis 2 190 m sous la neige avec les Alpes blanches en arrière-plan est spectaculaire. Vérifier les conditions sur stockhorn.ch.
Nünenenflue (2 102 m) – Les Falaises Calcaires et le Nid de l'Aigle Royal
📍 Gurnigel (1 565 m) · Alpages · Nünenenflue (2 102 m) · BerneLa Nünenenflue (2 102 m) est la contrepartie rocheuse du Gantrisch herbeux — une barre calcaire de 400 m de hauteur qui constitue une des parois les plus impressionnantes des Préalpes bernoises. Côté nord, la Nünenenflue tombe quasi verticalement sur les alpages de la vallée. Côté sud, elle est accessible par un sentier de crête herbeux depuis le Gurnigel. C'est le secteur le plus sauvage et le moins fréquenté du Parc naturel du Gantrisch.
Les falaises de la Nünenenflue abritent un couple d'aigles royaux (Aquila chrysaetos) nicheur — un des rares sites de nidification confirmés des Préalpes bernoises du nord. De mars à juillet, une zone de tranquillité est imposée autour du nid (signalée sur le terrain et sur SwitzerlandMobility) — les sentiers proches sont fermés ou déconseillés pour ne pas déranger la reproduction. En dehors de cette période, l'aigle royal est régulièrement observable depuis les crêtes, planant sur les courants thermiques au-dessus des parois.
La randonnée depuis Gurnigel longe d'abord les pâturages sous les falaises, monte par un sentier en lacets jusqu'à la crête, et offre depuis la Nünenenflue une vue plongeante sur les alpages en contrebas et frontale sur le Gantrisch à quelques kilomètres à l'ouest. Un itinéraire de crête peut relier Nünenenflue et Gantrisch dans la même journée — une des boucles les plus complètes du parc (D+ 900 m total, 6-7h).

Observation de l'aigle royal : le meilleur poste d'observation est depuis les crêtes de la Nünenenflue (côté hors zone de tranquillité), entre 10h et 14h quand les courants thermiques sont maximaux — l'aigle monte en spirale au-dessus des falaises et est visible à l'œil nu quand il plane. Jumelles 8×42 recommandées pour les détails. Ne jamais s'approcher du nid même hors période protégée.
Boucle Nünenenflue-Gantrisch : depuis Gurnigel, monter à la Nünenenflue par l'est, traverser la crête vers le Gantrisch (D+ 300 m supplémentaires), descendre au Gurnigel par l'ouest. Total : 14-16 km, D+ 900 m, 6-7h. La randonnée la plus complète du secteur Gantrisch.
Lac de Gurnigel & Alpages du Parc – La Randonnée Bucolique des Fromagers
📍 Gurnigel (1 565 m) · Lac de Gurnigel · Alpages · BerneLe lac de Gurnigel est un petit lac alpin niché dans un creux des alpages au pied du Gantrisch — pas spectaculaire par sa taille ou sa couleur, mais d'une sérénité que les lacs du Valais avec leurs foules n'ont plus depuis longtemps. En été, l'eau atteint 18-20°C et la baignade est autorisée. Autour du lac, les Sennhütten (chalets fromagers d'alpage) produisent le Gurnigel-Käse — un fromage à pâte demi-dure artisanal de la région, peu connu hors du canton de Berne, vendu directement depuis les alpages en saison.
Les pelouses calcaires du Gantrisch sont un des sites à orchidées sauvages les plus riches du canton de Berne — en juin et début juillet, les pentes exposées aux environs du Gurnigel affichent orchis pourpre (Orchis purpurea), orchis mâle (Orchis mascula), épipactis des marais (Epipactis palustris) et listère ovale (Listera ovata). La richesse botanique de ces prairies non améliorées est directement liée à l'absence de fertilisation intense dans le Parc naturel — un des bénéfices concrets de la protection.
La randonnée des alpages depuis Gurnigel est la version famille-toutes-générations du Gantrisch — plat à modérément montant, bien balisée, avec des vaches qui paissent à portée de la main et des panoramas dignes sans effort physique particulier. Un des meilleurs rapports ambiance/effort des Préalpes bernoises.
Gurnigel-Käse : le fromage d'alpage produit dans les Sennhütten du Gantrisch est fabriqué au lait cru entier des vaches en estive, selon des recettes transmises depuis des générations. Pâte demi-dure, affinage 3-6 mois, saveur douce à prononcée selon l'affinage. Sans AOP (trop confidentiel pour la certification) mais d'une qualité artisanale irréprochable.
Flore du Gantrisch : le Parc naturel du Gantrisch a publié un guide botanique des sentiers (disponible à l'office du tourisme de Schwarzenburg ou en téléchargement sur gantrisch.ch) qui identifie les espèces remarquables le long des principaux sentiers. En juin, une sortie guidée "botanique" est organisée par le parc — une façon excellente de comprendre la richesse floristique du secteur.
Traversée du Simmental – De Gurnigel à Erlenbach par les Crêtes
📍 Gurnigel (1 565 m) · Crêtes du parc · Simmental · Erlenbach im Simmental (673 m) · BerneLa traversée du Simmental est la grande randonnée itinérante du secteur — depuis le col de Gurnigel (côté Berne), on monte au Gantrisch, on continue sur les crêtes vers la Nünenenflue, on descend progressivement vers le Simmental et on arrive à Erlenbach (côté Stockhorn). Une traversée d'est en ouest qui donne une lecture complète du Parc naturel du Gantrisch et de ses paysages successifs — alpages du plateau, crêtes panoramiques, falaises de la Nünenenflue, descente dans la vallée.
Le Simmental — la vallée qui reçoit les eaux de la Simme depuis les glaciers de l'Oberland jusqu'au lac de Thoune — est une des grandes vallées pastorales de l'Oberland bernois. C'est d'ici que vient la race bovine Simmental (Simmentaler en allemand) — la race bovine la plus répandue dans le monde après le zébu, exportée sur tous les continents depuis le XIXe siècle. Les fermes du Simmental, avec leurs vaches bicolores (rouge-blanc ou jaune-blanc), ont une architecture typique de l'Oberland bernois : grands bâtiments en bois combinant logement, écurie et grange sous le même toit immense.
La logistique de la traversée est simple côté suisse : voiture ou train à Erlenbach, retour à Gurnigel en train (Erlenbach → Spiez → Berne → Schwarzenburg → Gurnigel en bus) ou organisation avec deux voitures. La traversée dans le sens Gurnigel-Erlenbach (D- dominant) est plus confortable physiquement.

Race Simmental : la vache Simmental (rouge-blanc tachetée) est universellement connue des zootechniciens mais peu connue du grand public hors Suisse. Elle est élevée principalement pour la production laitière et la viande, avec un lait riche en matières grasses adapté à la fabrication du fromage. Dans le Simmental, on en compte plusieurs dizaines de milliers de têtes — les troupeaux dans les alpages d'été sont un spectacle pastoral d'une vitalité peu commune.
Désalpe du Simmental : en septembre (généralement la troisième semaine du mois), la descente des troupeaux Simmental depuis les alpages est un événement festif dans les villages de la vallée — vaches décorées, cloches, cortège. Moins médiatisé que les désalpes appenzelloises ou valaisannes, mais authentique et peu fréquenté par les touristes étrangers.
Tour du Parc Naturel du Gantrisch – 3 Jours entre Berne et l'Oberland
📍 Schwarzenburg · Tour du Parc Gantrisch · 3 jours · 335 km² · BerneLe Tour du Parc Naturel du Gantrisch est le circuit itinérant qui parcourt l'ensemble du parc en 3 jours — depuis Schwarzenburg (chef-lieu du district, accessible depuis Berne en 30 min de train) jusqu'au retour au même point, via le Gantrisch, la Nünenenflue, la traversée du Simmental et le Stockhorn. Un circuit de 55-75 km, D+ 3 000 m total, qui donne une vision complète et continue d'un territoire que trop peu de randonneurs étrangers connaissent.
L'intérêt du Tour du Gantrisch par rapport aux autres circuits suisses est son accessibilité depuis Berne — un randonneur arrivant à Berne le vendredi soir par TGV peut commencer le tour le samedi matin et rentrer le lundi. Pas besoin de louer une voiture, pas besoin de s'engager sur des glaciers ou des arêtes exposées. Le Gantrisch est un parc naturel de Préalpes — la grande faune sauvage (lynx, aigle royal, chamois), les paysages de qualité, les alpages actifs et le fromage artisanal, à 30 km d'une capitale.
Le lynx boréal (Lynx lynx) est le grand absent visible mais présent du Tour du Gantrisch — la population de lynx du parc est une des plus denses de Suisse (le Jura vaudois et le Gantrisch se disputent ce titre). Les chances de rencontre directe restent faibles (le lynx est nocturne et discret), mais les traces dans la neige en hiver et les marques sur les troncs (grattages jusqu'à 2 m de hauteur) sont fréquentes hors des sentiers principaux.
Parc naturel Gantrisch (gantrisch.ch) : le site du parc propose des cartes téléchargeables, un programme de sorties guidées (botanique, géologie, faune nocturne), et une liste des Sennhütten qui vendent fromages et produits d'alpage. Une ressource indispensable pour préparer le tour.
Reconnaissance internationale discrète : malgré sa proximité avec Berne, le Gantrisch reste quasi inconnu des guides touristiques internationaux. C'est un des paradoxes de la Suisse : un parc naturel de 335 km² avec une faune sauvage significative, à 30 km de la capitale fédérale, qui n'apparaît pas dans les itinéraires standard des voyagistes. Pour un randonneur qui cherche la solitude dans un paysage de qualité à portée de TGV depuis Paris, le Gantrisch est une des meilleures options de Suisse.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Gantrisch (2 175 m) – panorama Alpes bernoises | 2 175 m | 6–14 km | 610 m | 3h–5h30 | Moyen |
| 2 | Stockhorn (2 190 m) – plateforme suspendue | 2 190 m | 4–14 km | 200–1 517 m | 2h–7h | Facile/Difficile |
| 3 | Nünenenflue (2 102 m) – aigle royal, falaises | 2 102 m | 8–16 km | 537 m | 3h30–6h | Moyen |
| 4 | Lac de Gurnigel & alpages – fromages, orchidées | 1 700 m | 5–12 km | 150–400 m | 2h–4h30 | Facile/Moyen |
| 5 | Traversée du Simmental – Gurnigel → Erlenbach | 2 050 m | 18–26 km | 700 m | 7h–10h | Difficile |
| 6 | Tour du Parc du Gantrisch – 3 jours | 2 175 m | 55–75 km | 3 000 m | 3 jours | Moyen |
FAQ – Randonnée au Gantrisch & Stockhorn
Qu'est-ce que le Parc naturel régional du Gantrisch et en quoi diffère-t-il d'un parc national ?
Le Parc naturel régional du Gantrisch est un Parc naturel régional (PNR) — une catégorie de protection intermédiaire entre le parc national (protection maximale, très peu en Suisse — seulement le Parc national des Grisons dans l'Engadine) et la simple zone protégée.
Ce qu'un PNR est : un territoire habité, exploité et vivant, où les activités humaines (agriculture, foresterie, tourisme, artisanat) continuent d'exister mais sont encadrées par un cahier des charges qui favorise les pratiques traditionnelles et durables. Le Parc du Gantrisch (créé en 2012, 335 km², une cinquantaine de communes) ne chasse pas les habitants et n'interdit pas l'agriculture — au contraire, il les soutient (subventions pour les fromagers d'alpage, aide à la commercialisation des produits du parc, promotion des Sennhütten). La valeur du parc est précisément que c'est un territoire vivant, pas un sanctuaire muséifié.
Ce qu'un PNR n'est pas : une zone où tout est interdit. Les chiens sont acceptés en laisse, la randonnée est libre sur les sentiers balisés, le vélo tout-terrain est autorisé sur les pistes désignées. Les seules restrictions réelles concernent les zones de quiétude (nidification des aigles royaux autour de la Nünenenflue de mars à juillet) et les zones humides protégées (certains marais et tourbières du plateau de Gurnigel).
La différence avec le Parc national suisse : le Parc national suisse (Engadine, Val Cluozza) est une zone de protection absolue — pas de sentiers hors des chemins balisés, pas de chiens, pas de cueillette, pas de feux. Créé en 1914, c'est le plus vieux parc national des Alpes. Le Gantrisch est l'opposé en termes de philosophie — intégration humaine-nature plutôt que séparation.
La valeur concrète : le label PNR a maintenu dans le Gantrisch des pratiques agricoles (estivage de vaches sur les alpages, fabrication du fromage en alpage, haies bocagères) qui ont disparu dans la plupart des régions d'Europe centrale. Ces pratiques maintiennent une biodiversité (insectes, orchidées, oiseaux des pâturages) qui n'existe plus dans les zones d'agriculture intensive. C'est un modèle qui marche — le Gantrisch est un des parcs naturels régionaux les mieux gérés de Suisse.
Qu'est-ce que la plateforme suspendue du Stockhorn et est-elle effrayante ?
La plateforme suspendue du Stockhorn est une structure métallique en porte-à-faux qui s'avance au-delà de la crête sommitale du Stockhorn (2 190 m) — en gros, une terrasse d'observation posée dans le vide, avec uniquement des garde-corps sur les côtés et le ciel sous les pieds si la structure était transparente (elle ne l'est pas, les planchers sont en métal solide).
Ce qu'elle offre : la plateforme permet de se positionner en dehors de la crête, avec des vues à 270° depuis une position qui n'est atteignable à pied dans aucune autre configuration. Le lac de Thoune (directement en contrebas), Interlaken, l'alignement Eiger-Mönch-Jungfrau, et par temps clair le Mont Blanc à 130 km — tout dans le même cadre, depuis un point dans le vide au-dessus du Simmental.
Est-ce effrayant ? Cela dépend entièrement de votre rapport au vide. La structure est solide — construite selon les normes suisses de sécurité pour les installations touristiques de montagne, régulièrement inspectée. Les garde-corps sont à hauteur réglementaire. Le plancher ne se balance pas. Pour quelqu'un qui n'a pas de vertige prononcé, c'est une expérience impressionnante mais parfaitement gérable. Pour quelqu'un avec un vertige sévère, la terrasse normale du sommet (sans la plateforme suspendue) offre déjà une vue remarquable.
Comparaison avec d'autres plateformes suisses : le Harder Kulm à Interlaken (deux lakes bridge, 1 322 m) est similaire dans le concept mais bien moins haut et moins exposé. La plateforme du Stockhorn est plus haute, plus engagée et avec un vide plus immédiat. Elle est par contre moins photogénique que la two lakes bridge du Harder Kulm — la forme architecturale est fonctionnelle mais pas spectaculaire en elle-même.
Le lynx du Gantrisch — quelle est la situation réelle et les chances de le voir ?
Le lynx boréal (Lynx lynx) est présent dans le Parc naturel du Gantrisch en population significative. Le Parc du Gantrisch figure parmi les territoires de lynx les mieux documentés de Suisse — les gardes-faune du canton de Berne suivent la population depuis les années 2000 avec des pièges photographiques, et les données sont régulièrement publiées sur les sites du KORA (Carnivore Ecology and Wildlife Management, kora.ch) et de la Fondation pour la conservation et la gestion de la faune sauvage.
Combien de lynx ? Les effectifs précis varient selon les années et les mouvements des individus — il y a régulièrement 2 à 4 individus établis dans le secteur du Gantrisch, avec des passages d'autres individus en dispersion. Le Gantrisch est connecté aux populations de lynx du Jura (à l'ouest) et des Préalpes fribourgeoises (au sud) par des couloirs de déplacement forestiers.
Chances de voir un lynx en randonnée : très faibles. Le lynx est principalement nocturne (actif surtout entre 20h et 4h), extrêmement discret, et évite activement les humains. Ses secteurs de chasse préférés sont les zones de forêt dense avec peu de fréquentation humaine — précisément les zones hors sentiers du Gantrisch. Les randonneurs qui rapportent avoir vu un lynx pendant une randonnée diurne représentent une minorité infime, et ces observations sont souvent fugaces (un animal qui traverse un sentier en 3 secondes avant de disparaître dans les buissons).
Comment maximiser les chances d'observation : les meilleures conditions sont en hiver (lynx actif pendant la journée quand il fait froid), tôt le matin ou au crépuscule, dans les zones peu fréquentées du parc (hors des sentiers principaux). Les traces dans la neige fraîche (empreintes rondes de 7-8 cm sans griffes visibles) sont la trace la plus fréquente. Les gardes-faune du Parc naturel organisent occasionnellement des sorties nocturnes d'écoute du lynx — informations sur gantrisch.ch.
Comment rejoindre le Gantrisch et le Stockhorn depuis Paris ou Berne et quelle est la meilleure saison ?
Depuis Paris en train : TGV Paris-Gare de Lyon → Berne (4h30 via Bâle ou Lausanne). Depuis Berne : train vers Schwarzenburg (30 min, ligne CFF directe) + bus postal vers Gurnigel (25 min, en saison). Total Paris → Gurnigel : environ 5h30-6h. Pour le Stockhorn : depuis Berne, train vers Spiez (30 min) puis Erlenbach im Simmental (10 min de Spiez). Total Paris → Erlenbach : environ 5h30.
En voiture : Berne → Gurnigel (30 km, 45 min via A6-Belp-Gurnigel), Lausanne → Gurnigel (80 km, 1h15 via A1-Berne-A6), Genève → Gurnigel (180 km, 1h50). Pour le Stockhorn : Berne → Erlenbach im Simmental (50 km, 40 min via A6-Spiez), Lausanne → Erlenbach (100 km, 1h20).
Meilleures saisons :
— Juin : la meilleure période pour la flore. Les orchidées sauvages des pelouses calcaires du Gantrisch sont en fleur de mi-juin à mi-juillet. Les alpages sont fraîchement montés, les Sennhütten commencent leur production de fromage. Les crêtes peuvent encore avoir des névés tardifs sur les versants nord — vérifier les conditions sur gantrisch.ch.
— Juillet–août : haute saison préalpine. Tous les sentiers praticables, télécabine du Stockhorn en service, restaurants d'alpage ouverts. Fréquentation du Gantrisch en hausse les week-ends (surtout les beau temps Berne-weekend) — partir tôt le matin. La Nünenenflue accessible en dehors des zones de quiétude (aigle royal en fin de saison de nidification).
— Septembre : la meilleure période sans hésitation. Les randonneurs du week-end disparaissent après mi-août. La désalpe du Simmental en troisième semaine de septembre. Les couleurs des hêtres commencent à changer fin septembre dans les forêts mixtes des versants. La lumière d'automne sur les Alpes bernoises depuis le Gantrisch est spectaculaire. Le lynx devient plus actif avec la baisse des températures.
— Octobre : les couleurs d'automne dans les forêts du Parc du Gantrisch (hêtres, érables, frênes) sont remarquables. La télécabine du Stockhorn fonctionne jusqu'à fin octobre. Les sentiers de crête peuvent être enneigés dès mi-octobre. La Sennhütten ferment progressivement avec la descente des troupeaux.
— Hiver : ski de fond sur le plateau de Gurnigel (réseau balisé, qualité variable selon l'enneigement). Raquettes sur les crêtes du Gantrisch (excellentes conditions de janvier à mars). Stockhorn accessible en télécabine pour une expérience hivernale unique. Le lynx est plus visible (ou plutôt ses traces sont plus visibles) dans la neige fraîche.
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