Les 6 plus belles randonnées
dans la Vallée d'Aure
La Vallée d'Aure et sa Réserve Naturelle de Néouvielle concentrent les lacs les plus bleus des Pyrénées, les forêts de pins à crochets les plus hautes d'Europe et les isards en liberté à portée de jumelles — dans une vallée qui touche l'Espagne au fond et remonte jusqu'à 3 000 m sans équipement.
La Réserve de Néouvielle a 70 lacs dans un seul massif — et leurs eaux turquoise sont alimentées par des neiges éternelles qui ne fondent jamais complètement
La Vallée d'Aure est une vallée des Hautes-Pyrénées, traversée par la Neste d'Aure depuis sa confluence avec la Garonne près de Lannemezan jusqu'aux hauts plateaux glaciaires au pied de l'Espagne. Longue d'une soixantaine de kilomètres, elle est centrée sur Saint-Lary-Soulan (830 m) — une station de ski et de tourisme montagnard qui s'est développée depuis les années 1960 tout en conservant son authenticité villageoise. La vallée est le point d'accès privilégié à la Réserve Naturelle Nationale de Néouvielle — la plus ancienne réserve naturelle des Pyrénées françaises (créée en 1935) et un des sites naturels les plus remarquables de la chaîne.
Le massif de Néouvielle est un massif granitique isolé des Hautes-Pyrénées — un dôme de granite hercynien recouvert, lors des glaciations quaternaires, par plusieurs glaciers qui ont creusé des lacs dans les creux de la roche. Le résultat est unique dans les Pyrénées : 70 lacs dans un périmètre de 20 km², de toutes tailles et altitudes, dont les eaux affichent un turquoise-saphir d'une pureté comparable aux lacs de haute montagne suisse. Cette couleur turquoise est due à la combinaison d'eau de fonte glaciaire très pure, de faible teneur en particules, de granite blanc très réfléchissant et d'une lumière pyrénéenne entre Atlantique et Méditerranée.
L'emblème végétal absolu du Néouvielle est le pin à crochets (Pinus uncinata) — le seul conifère qui monte jusqu'à 2 600 m d'altitude dans les Pyrénées, formant la forêt la plus haute d'Europe en peuplements continus. Ces pins ont des formes extravagantes, tordues par les vents de la montagne et par la neige qui alourdit leurs branches pendant des mois — des silhouettes d'une expressivité artistique que les photographes de nature du monde entier viennent saisir. Leurs cônes ont des écailles à pointes recourbées en crochet — d'où le nom.
La faune de la vallée d'Aure est typiquement pyrénéenne — les isards (Rupicapra pyrenaica) sont présents en grand nombre dans le massif du Néouvielle (la réserve naturelle les protège depuis 1935), les vautours fauves planent au-dessus des versants, le gypaète barbu est observé avec une fréquence croissante. Les tritons pyrénéens (Calotriton asper) — salamandre aquatique endémique des Pyrénées — peuplent les torrents froids du Néouvielle.
Le Top 6 des randonnées dans la Vallée d'Aure
Lac d'Orédon & Tour des Lacs de Néouvielle (1 850–2 400 m) – Le Bleu Turquoise Absolu
📍 Lac d'Orédon (1 850 m) · Lacs d'Aumar et d'Aubert · Réserve de NéouvielleLe Lac d'Orédon (1 850 m) est le lac emblème de la Réserve de Néouvielle — le premier et le plus accessible du réseau de lacs glaciaires du massif, depuis lequel un sentier de crêtes permet d'enchaîner plusieurs autres lacs dans une même journée. La couleur turquoise de l'Orédon est immédiate et saisissante dès l'arrivée sur ses berges — une teinte qui change selon la lumière (turquoise éclatant sous le soleil, bleu-acier par ciel couvert) et qui est identique à celle des lacs glaciaires suisses ou autrichiens que l'on ne s'attendrait pas à trouver dans les Pyrénées.
La tour des lacs de Néouvielle depuis l'Orédon enchaîne le lac d'Aumar (2 192 m) et le lac d'Aubert (2 157 m) — deux lacs plus hauts et plus sauvages, entourés de forêts de pins à crochets tortueux. Le sentier entre ces lacs est une promenade dans un paysage de science-fiction naturelle — des pins aux formes impossibles, des lacs d'un bleu irréel, des crêtes granitiques rose-gris au fond. C'est le circuit le plus photogénique des Pyrénées françaises.
La Réserve Naturelle de Néouvielle (créée en 1935, une des premières réserves naturelles de France) est strictement protégée — bivouac interdit dans le cœur de la réserve, ramassage de fleurs et de pierres interdit, chiens tenus en laisse. L'accès en voiture au lac d'Orédon est réglementé en juillet-août (navette obligatoire depuis la Maison du Parc de Fabian).

70 lacs en 23 km² : la densité de lacs du Néouvielle est la plus grande des Pyrénées françaises. Les lacs principaux : Orédon (1 850 m), Cap de Long (2 161 m, retenue artificielle), Aumar (2 192 m), Aubert (2 157 m), Lacs de Bastan (2 240 m), Lacs de Port Bielh (2 285 m). Chaque lac a une couleur légèrement différente selon la profondeur, la couleur des sédiments du fond et l'orientation.
Meilleur moment : mi-juillet à mi-août pour les photos (niveau d'eau maximal après la fonte des neiges, couleur turquoise à son maximum, pins à crochets en pleine végétation). Fin septembre pour la tranquillité et les couleurs d'automne naissantes.
Pic d'Estaragne (3 006 m) – Le Premier 3 000 m de la Vallée d'Aure
📍 Lac d'Orédon (1 850 m) · Lac de l'Oule · Pic d'Estaragne (3 006 m) · PyrénéesLe Pic d'Estaragne (3 006 m) est le sommet de haute montagne le plus accessible depuis la vallée d'Aure sans équipement d'alpinisme — une randonnée exigeante mais sans difficulté technique (pas de passage en rocher exposé, pas de glacier à traverser en conditions normales d'été). Depuis son sommet, on dépasse pour la première fois les 3 000 m — et la vue est à la hauteur de l'effort : le Vignemale (3 298 m) au nord-ouest (plus haut sommet des Pyrénées françaises), le Mont Perdu (3 355 m) et le Cylindre du Marboré (3 325 m) au-delà de la frontière, les Écrins à l'horizon nord par temps exceptionnel.
La montée depuis le lac d'Orédon passe par le Lac de l'Oule (1 820 m) — un lac sauvage et moins fréquenté que les lacs principaux du Néouvielle, dans un vallon isolé où les isards descendent régulièrement en début de matinée. La progression dans le granite du massif, avec ses roches rose-gris lisses et ses chaos de blocs erratiques, est une progression dans une haute montagne de qualité comparable aux Alpes.
La frontière espagnole passe à quelques kilomètres au sud du Pic d'Estaragne — depuis le sommet, les versants espagnols (Aragon, vallées du Cinqueta et de l'Ésera) sont visibles dans leur intégralité, avec leurs structures pastorales et leurs villages aragonais en contrebas.
Névés en juillet : le couloir de montée final vers le sommet peut conserver un névé de neige jusqu'en fin juillet selon les années — crampons légers ou bâtons pour sonder le terrain recommandés. Après mi-août, le névé est généralement fondu.
Bivouac possible : aux Lacs de Port-Bielh (2 285 m, 2h depuis l'Orédon) — le bivouac est autorisé hors du cœur de la réserve (vérifier les limites précises auprès de la Maison du Parc de Fabian). Une nuit en bivouac aux lacs de Port-Bielh, avec le lever de soleil sur le Pic d'Estaragne, est une des expériences les plus mémorables des Hautes-Pyrénées.
Hourquette d'Ancizan (2 380 m) – Le Col Fleur entre Deux Vallées Pyrénéennes
📍 Saint-Lary-Soulan (830 m) · Vallée d'Aure · Hourquette d'Ancizan (2 380 m) · CampanLa Hourquette d'Ancizan (2 380 m) est un col de crête qui sépare la Vallée d'Aure (est) de la Vallée de Campan (ouest) — emprunté par le GR 10 (la traversée des Pyrénées) dans son tracé central. "Hourquette" est le terme pyrénéen pour un col en forme de fourche — une topographie caractéristique des passages entre deux vallées pyrénéennes. Ce col est particulièrement beau en juillet-août pour ses prairies fleuries — les alpages des deux versants sont couverts d'orchidées sauvages, de gentianes, de rhinantes et de trolles dans une profusion floristique remarquable.
La montée depuis Saint-Lary-Soulan (830 m) traverse toute la gamme altitudinale de la vallée d'Aure — villages, hêtraies, forêts de sapins, alpages à vaches et enfin les crêtes dénudées du col. La vue depuis la Hourquette est double et symétrique — les deux vallées s'ouvrent de chaque côté dans une largeur et une profondeur comparables, illustration parfaite de la logique hydrographique des Pyrénées centrales.
Les isards sont très présents sur les versants du col — le secteur entre Saint-Lary et la Hourquette est une zone de forte densité d'isards dans les Hautes-Pyrénées. Tôt le matin (avant 9h), des groupes de 20-50 individus descendent souvent vers les zones de pâturage intermédiaire.

Orchidées de montagne : la Hourquette d'Ancizan est réputée dans les Hautes-Pyrénées pour la richesse de ses orchidées sauvages — plus de 20 espèces différentes ont été recensées sur les versants du col, dont plusieurs espèces rares ou protégées (*Gymnadenia conopsea*, *Platanthera chlorantha*, *Dactylorhiza maculata*). La période optimale est mi-juin à mi-juillet.
Descente sur la Vallée de Campan : depuis la Hourquette, descendre sur Payolle (1 099 m) dans la Vallée de Campan (D+ 0, D– 1 281 m depuis le col, 7 km, 2h30) — puis retour en taxi ou en vélo (route de la Vallée de Campan, 25 km via Bagnères-de-Bigorre). Un circuit transvallée original.
Lac de l'Oule (1 820 m) – Le Lac Sauvage du Vallon Isolé
📍 Aragnouet (1 100 m) · Vallon de l'Oule · Lac de l'Oule (1 820 m) · PyrénéesLe Lac de l'Oule (1 820 m) est un des lacs pyrénéens les moins fréquentés du secteur de Saint-Lary — situé dans un vallon latéral de la vallée d'Aure peu connu des touristes, il offre une tranquillité et un caractère sauvage que les lacs du Néouvielle plus accessibles ont perdu en haute saison. Sa couleur — un bleu-vert moins intense que l'Orédon mais plus naturel (le lac de l'Oule n'est pas une retenue artificielle) — et ses berges de granite rose polies par les anciens glaciers en font un lieu de grande beauté minérale.
La montée depuis Aragnouet (1 100 m) traverse des forêts de hêtres et de sapins avant de déboucher dans le vallon ouvert du torrent de l'Oule. Le vallon est une zone de pâturage extensif — des troupeaux de chevaux semi-sauvages (des tarbaises, race chevaline pyrénéenne locale, distincte du cheval de Mérens d'Ariège) paissent librement sur les versants en été. La cohabitation entre randonneurs et chevaux libres est une des caractéristiques les plus agréables de ce secteur des Hautes-Pyrénées.
Le triton pyrénéen (Calotriton asper) — la salamandre aquatique endémique des Pyrénées — est présent dans le torrent de l'Oule et dans les mares permanentes en bordure du lac. C'est une espèce nocturne et discrète, mais les individus sont parfois visibles sous les pierres du torrent lors d'une inspection attentive des bords.
Triton pyrénéen : pour observer le triton, chercher sous les pierres plates du bord du torrent, dans les mares calmes aux bords du lac. Ne pas déplacer les pierres définitivement (remettre en place). Le triton est une espèce protégée — ne pas capturer ni transporter.
Chevaux tarbais : la race tarbaise (ou Anglo-Arabe Tarbais) est la race chevaline historique des Hautes-Pyrénées — utilisée par l'armée napoléonienne pour sa robustesse. Les troupeaux semi-sauvages qui paissent en alpage en été sont des chevaux de propriétaires locaux, non dangereux pour les randonneurs — s'en approcher calmement, ne pas s'interposer entre une jument et son poulain.
Pic de Chiroulet (2 366 m) – La Crête Panoramique au-dessus de Saint-Lary
📍 Saint-Lary-Soulan (830 m) · Crêtes de Chiroulet · Pic (2 366 m) · Hautes-PyrénéesLe Pic de Chiroulet (2 366 m) est le belvédère principal au-dessus de Saint-Lary-Soulan — le sommet d'une crête qui domine directement la station depuis l'ouest et qui offre depuis son sommet une vue plongeante sur toute la Vallée d'Aure et sur le massif du Néouvielle en face. C'est la randonnée de référence pour les randonneurs qui veulent comprendre la géographie de la vallée depuis les hauteurs avant de s'engager dans les randonnées plus engagées du Néouvielle.
La montée depuis Saint-Lary (D+ 1 536 m, 7 km, 4h) est engagée depuis le fond de vallée — elle traverse successivement les zones de vergers et de jardins périurbains de Saint-Lary, la forêt de hêtres et de chênes, les alpages et enfin les crêtes dénudées. La diversité de végétation traversée est caractéristique des Pyrénées centrales humides.
Les vautours fauves (Gyps fulvus) sont très présents dans le secteur de Saint-Lary — les thermes chauds de la vallée créent des courants ascendants que les vautours utilisent pour prendre de l'altitude sans effort. Observer une colonne de 20-30 vautours spiralant dans un thermique depuis la crête du Chiroulet — leurs 2,5 m d'envergure se superposant dans des cercles ascendants — est un des spectacles ornithologiques les plus impressionnants des Hautes-Pyrénées.

Thermes de Saint-Lary (saintlary-thermal.com) : après la descente depuis le Chiroulet, les thermes de Saint-Lary offrent une récupération de qualité — sources sulfurées à 38°C, piscine extérieure avec vue sur la montagne, soins thérapeutiques. Ouverts à l'année (~25 € l'entrée de base).
Vautours fauves : la population de vautours fauves des Hautes-Pyrénées (environ 500 couples nicheurs dans les gorges du gave de Pau et les falaises autour de Gavarnie) est une des plus importantes de France. L'observation depuis les crêtes de la vallée d'Aure permet de les voir en vol à grande proximité — leurs colonnes de thermes sont souvent visibles depuis le bas de la vallée les matins d'été.
Tour de la Vallée d'Aure – La Grande Boucle des Lacs et des Cols
📍 Saint-Lary-Soulan (830 m) · GR 10 · Tour Vallée d'Aure · NéouvielleLe Tour de la Vallée d'Aure est un circuit itinérant qui fait le tour complet du massif entourant la vallée — une boucle de 80-100 km qui traverse la Réserve du Néouvielle, les crêtes de la Hourquette d'Ancizan, les versants du Pic de Chiroulet et les cols frontaliers avec l'Espagne. Le tour intègre plusieurs des randonnées décrites dans ce guide dans un enchaînement logique et progressif.
Le tour de la Vallée d'Aure est l'une des grandes randonnées itinérantes des Pyrénées centrales — moins médiatisé que le Tour du Néouvielle officiel, il offre une vision plus complète de la vallée et de ses différentes composantes. Les étapes alternent entre la haute montagne (Néouvielle, Pic d'Estaragne, zones de 2 500-3 000 m) et les villages de la vallée (Saint-Lary, Vignec, Aragnouet) avec leur culture et leur gastronomie pyrénéenne.
La gastronomie de la Vallée d'Aure est une des richesses méconnues de la randonnée dans ce secteur — le garbure bigourdan (soupe-ragoût de légumes et de confit de canard, plat emblématique de la région), l'aligot de l'Aubrac (servi dans les restaurants locaux malgré son origine auvergnate — une curiosité culturelle), le magret et le foie gras de canard omniprésents dans les menus des gîtes, et les fromages de brebis des estives — notamment le "brébis des Pyrénées" affiné dans les caves des fermes d'altitude.
Gavarnie accessible en extension : depuis la vallée d'Aure, le Cirque de Gavarnie (Site UNESCO, cascade de 422 m, cirque glaciaire monumental) est à 40 km par la route D929. Une journée-excursion incontournable depuis Saint-Lary — mais en randonnée pédestre, un col sépare les deux vallées (la Hourquette de Héas, 2 608 m, 6h depuis Saint-Lary).
Festival de musique d'Aragnouet : le hameau de Plan d'Aragnouet accueille chaque été une journée de musique classique en plein air dans un cadre montagnard exceptionnel — renseignements à l'OT de Saint-Lary. La musique classique au pied du Néouvielle est une expérience culturelle pyrénéenne authentique.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Tour Lacs Néouvielle (2 400 m) – turquoise | 2 400 m | 10–16 km | 550 m | 4h–6h | Moyen |
| 2 | Pic d'Estaragne (3 006 m) – premier 3 000 | 3 006 m | 14–18 km | 1 156 m | 6h–8h30 | Difficile |
| 3 | Hourquette d'Ancizan (2 380 m) – GR 10 | 2 380 m | 16–22 km | 1 550 m | 7h–9h | Difficile |
| 4 | Lac de l'Oule (1 820 m) – vallon sauvage | 1 820 m | 10–14 km | 720 m | 4h–6h | Moyen |
| 5 | Pic de Chiroulet (2 366 m) – vautours | 2 366 m | 14–18 km | 1 536 m | 6h30–8h30 | Difficile |
| 6 | Tour Vallée d'Aure – 80-100 km total | 3 006 m | 80–100 km | 6 500 m total | 5–7 jours | Moyen |
FAQ – Randonnée dans la Vallée d'Aure
Pourquoi les lacs du Néouvielle sont-ils turquoise et quelle est la différence avec les autres lacs pyrénéens ?
La couleur turquoise des lacs du Néouvielle est un des mystères les plus souvent posés des Pyrénées — et la réponse est à la fois simple et fascinante.
La cause principale : la pureté de l'eau. Les lacs du Néouvielle sont alimentés quasi-exclusivement par la fonte des neiges et des glaciers résiduels du massif — une eau d'une pureté exceptionnelle, avec très peu de particules en suspension. Cette eau transparente laisse passer la lumière jusqu'au fond, et le granite blanc-rose du fond la réfléchit. La combinaison "eau transparente + fond clair + diffusion de Rayleigh" produit un bleu-turquoise intense.
Pourquoi différent des autres lacs pyrénéens : les lacs des Pyrénées ariégeoises (Rabassoles, Comte) ont une teinte bleu-violette plus sombre parce que leur granite est plus foncé et les schistes métamorphiques de leurs bassins versants sont gris-noirs. Les lacs des Pyrénées calcaires (secteur de Gavarnie, Cirque de Troumouse) ont une teinte bleu-vert différente, due aux carbonates de calcium en suspension qui donnent un effet "lait de montagne". Le Néouvielle a le granite le plus clair et le plus blanc des Pyrénées françaises — d'où sa teinte turquoise la plus intense.
Variations saisonnières : la couleur est maximale en juillet-août (niveau d'eau maximal, fonte récente des neiges de l'année). En septembre, quand le niveau baisse et que les particules de fond se concentrent, le turquoise se fait plus profond. En hiver, les lacs gèlent (glace claire translucide) — une autre beauté, différente mais comparable.
Lac Cap de Long (2 161 m) : le Lac Cap de Long est une retenue artificielle (barrage EDF de haute montagne, rempli en 1955) — mais sa couleur est identique aux lacs naturels car son eau vient des mêmes sources. Le barrage a la particularité d'être un des plus hauts barrages de France en altitude, visible depuis plusieurs cols environnants.
Qu'est-ce que le pin à crochets et pourquoi forme-t-il la forêt la plus haute d'Europe ?
Le pin à crochets (Pinus uncinata) est un conifère endémique des Pyrénées et des Alpes — une espèce adaptée aux conditions extrêmes de la haute montagne, capable de survivre et de former des forêts jusqu'à 2 600 m d'altitude dans les Pyrénées, ce qui en fait l'espèce arborescente poussant le plus haut en Europe en peuplements continus.
Les adaptations au milieu extrême : le pin à crochets est adapté à la haute montagne par plusieurs caractéristiques morphologiques et physiologiques. Ses aiguilles sont courtes et rigides (résistance au vent), ses cônes ont des écailles terminées en crochet recourbé (d'où son nom — ces crochets empêchent les cônes de s'ouvrir tant que la température est trop froide, assurant une germination au moment optimal). Sa croissance est extrêmement lente — les arbres de 50 cm de diamètre peuvent avoir 300-400 ans. Sa résine est très dense et imperméabilise le bois contre le gel.
Les formes tordues du Néouvielle : la forme tortuée caractéristique des pins à crochets du Néouvielle est due aux conditions extrêmes de leur environnement — neige lourde qui courbe les jeunes branches chaque hiver, vents dominants qui forcent les branches à croître vers le sous-vent, gel printanier qui tue les bourgeons les plus exposés. Chaque arbre est une sculpture unique façonnée par des décennies d'adversité climatique — aucun pin à crochets n'a la même silhouette qu'un autre.
L'importance écologique : les forêts de pins à crochets du Néouvielle jouent un rôle crucial dans la stabilisation des versants (leurs racines retiennent les éboulis granitiques) et dans la régulation thermique des lacs (ombrage en été, accumulation de neige en hiver). Leur présence est une condition de la qualité exceptionnelle de l'eau des lacs — les feuilles de pin decomposées nourrissent les micro-organismes qui maintiennent l'eau claire.
Qu'est-ce que la Réserve Naturelle de Néouvielle et quelle est son importance pour la conservation ?
La Réserve Naturelle Nationale de Néouvielle est une des plus anciennes réserves naturelles de France — créée en 1935 à une époque où la notion de protection de la nature était encore très peu développée dans la culture française. Elle couvre 2 313 hectares dans le massif du Néouvielle (Hautes-Pyrénées) et comprend les 70 lacs, les forêts de pins à crochets et les crêtes granitiques du massif.
Pourquoi créée en 1935 : la réserve a été créée à l'initiative de naturalistes et de biologistes qui s'inquiétaient de la dégradation des espèces de haute montagne (chasse intensive des isards, surpâturage) et qui voulaient créer un "laboratoire naturel" pour étudier les écosystèmes pyrénéens de haute altitude. La réserve est une des premières au monde à avoir été créée avec un objectif scientifique explicite.
La réglementation dans le cœur de la réserve : bivouac interdit (nuit sous tente ou en abri), ramassage de fleurs, champignons et minéraux interdit, chasse interdite, chiens tenus en laisse obligatoire, drone interdit. La pêche est autorisée avec un permis sur certains lacs. La randonnée est libre sur les sentiers balisés. Ces règles sont appliquées par des gardes-réserve présents en été.
Le résultat de 90 ans de protection : la Réserve de Néouvielle est aujourd'hui un des sites de biodiversité pyrénéenne les mieux documentés au monde. Les populations d'isards (estimées à 500-800 individus dans la réserve et ses alentours), de gypaètes barbus (2-3 couples nicheurs), de tritons pyrénéens (espèce endémique menacée), d'orchidées sauvages (>40 espèces recensées) et de plantes à fleurs d'altitude (>500 espèces) sont parmi les mieux conservées des Pyrénées.
Comment rejoindre Saint-Lary-Soulan depuis Paris et que faire en dehors de la randonnée ?
Saint-Lary-Soulan est accessible depuis Paris via Tarbes ou Lannemezan — deux gares des Hautes-Pyrénées desservies par le TGV.
Par le train : TGV Paris-Montparnasse → Tarbes (4h30) + voiture (location à Tarbes) Saint-Lary-Soulan (60 km via D929 et D618, 1h). Total : environ 5h30. Ou TGV Paris → Lannemezan (5h, correspondance à Tarbes) + car ou voiture vers Saint-Lary (30 km, 30 min). La gare de Lannemezan est plus proche de la vallée d'Aure mais moins bien desservie.
En voiture : Paris → Saint-Lary (850 km, 9h via A10-A63-N117), Toulouse → Saint-Lary (120 km, 1h30 via A64 et D618), Bordeaux → Saint-Lary (280 km, 3h via A63).
Activités hors randonnée à Saint-Lary : les thermes de Saint-Lary (ouvertes à l'année, ~25 €) permettent la récupération musculaire après les grandes randonnées. La Station de ski Saint-Lary Soulan (100 km de pistes, 1 km² d'altitude maximale à 2 515 m) est ouverte en hiver et propose des activités en été (VTT, luge d'été, tyrolienne). Le village de Saint-Lary lui-même a conservé son coeur de village gascon authentique avec ses maisons à toits d'ardoise, ses commerces locaux et ses restaurants de spécialités bigordanes.
Le Cirque de Gavarnie (Site UNESCO, à 40 km par route) est l'excursion incontournable depuis Saint-Lary — la cascade de 422 m, le cirque glaciaire de 3 km de largeur et les sommets à 3 000-3 355 m qui le ferment sont parmi les paysages naturels les plus spectaculaires de France. En randonnée depuis Saint-Lary, la Hourquette de Héas (2 608 m, sur le GR 10) sépare les deux vallées — une randonnée de 10-11h aller-retour pour les randonneurs qui souhaitent relier les deux sites à pied.
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