Les 6 plus belles randonnées
dans le Trièves
Entre la « Montagne Inaccessible » gravie dès 1492, deux passerelles suspendues au-dessus d'un lac turquoise, et une capitale historique surnommée la « petite Genève des Alpes », le Trièves déploie un plateau préservé entre Vercors et Dévoluy, à moins d'une heure de Grenoble.
En 1492, le roi Charles VIII, intrigué par cette « Montagne Inaccessible » qui semblait défier les lois de la pesanteur, ordonna à son chambellan Antoine de Ville d'en atteindre le sommet à l'aide d'échelles et de cordes — l'un des tout premiers exploits documentés de l'histoire de l'alpinisme, 294 ans avant la conquête du Mont Blanc.
Le Trièves, plateau préservé du sud de l'Isère entre les massifs du Vercors et du Dévoluy, doit son nom à la période romaine (« trois voies ») et son identité à un relief spectaculaire : le Mont Aiguille, monument absolu du Dauphiné, et la Grande Tête de l'Obiou, point culminant du Dévoluy, encadrent ce territoire de moyenne montagne resté à l'écart des grands flux touristiques alpins, malgré sa proximité avec Grenoble.
C'est aussi une terre d'histoire religieuse singulière : converti massivement au protestantisme dès 1552 sous la prédication de Guillaume Farel, le Trièves vit sa capitale Mens surnommée la « petite Genève des Alpes », avant que la révocation de l'édit de Nantes en 1685 ne pousse ses habitants sur les routes de l'exil, aujourd'hui balisées par le sentier des Huguenots (GR965).
La gastronomie du Trièves accompagne chaque itinéraire : les fromages de chèvre fermiers, le miel de montagne et les produits d'une agriculture paysanne préservée, à découvrir dans les fermes-auberges après l'effort.
Le Top 6 des randonnées dans le Trièves
Mont Aiguille – la Montagne Inaccessible
📍 Chichilianne, Isère · Départ : village de Chichilianne · Aller-retour · Variable, D+ 800 m, 4hLe Mont Aiguille, monument absolu du massif du Vercors et emblème du Trièves, doit sa silhouette unique à l'érosion : un bloc calcaire isolé de 2 087 mètres, véritable mesa aux falaises verticales de 300 à 500 mètres sur ses quatre faces, sans la moindre faiblesse naturelle permettant d'y grimper sans matériel. Sa première ascension, en 1492, ordonnée par le roi Charles VIII à son chambellan Antoine de Ville, reste l'un des tout premiers exploits alpinistes documentés de l'Histoire — près de trois siècles avant la conquête du Mont Blanc.
L'approche depuis Chichilianne, quatre heures de marche à travers forêts, alpages et éboulis, mène au pied des falaises impressionnantes, où le refuge du Gîte permet une pause avant de contempler ce monument minéral qui semble défier les lois de la pesanteur.

Grand Veymont – le Toit du Vercors
📍 Gresse-en-Vercors, Isère · Départ : Pas de la Ville (1 100 m) · Aller-retour ou traversée · 18 km, D+ 1 350 m, 8hLe Grand Veymont, toit du massif du Vercors à 2 341 mètres, domine de sa silhouette calcaire arrondie la Réserve Naturelle Nationale des Hauts-Plateaux du Vercors, plus vaste réserve naturelle terrestre de France métropolitaine. Depuis son plateau sommital, le panorama embrasse le massif des Écrins et, au nord, le Mont Aiguille visible à seulement 5 kilomètres — deux géants du Trièves qui se répondent au-dessus du plateau.
Le sentier depuis Gresse-en-Vercors traverse d'abord la forêt de hêtres jusqu'au Pas de la Selle, débouché sur les hauts-plateaux, avant de rejoindre le sommet à travers un paysage minéral de lapiaz et de combes karstiques — le plus grand espace de moyenne montagne sans route ni habitation des Alpes du Nord françaises.
Passerelles Himalayennes du Lac de Monteynard – l'Aventure Suspendue
📍 Treffort, Isère · Départ : embarcadère de Treffort · Boucle · 12–13 km, D+ 400–492 m, 4h–4h30Les passerelles himalayennes du lac de Monteynard-Avignonet, installées en 2007, sont devenues l'une des cartes postales incontournables du tourisme isérois : deux ponts suspendus, l'un de 220 mètres au-dessus des gorges du Drac, l'autre de 180 mètres au-dessus de celles de l'Ebron, permettant de survoler à pied les eaux turquoise de ce lac artificiel serpentant sur 10 kilomètres entre Trièves et Matheysine.
La boucle complète, au départ de l'embarcadère de Treffort, alterne sous-bois ombragés et vues dégagées sur le lac, avec la possibilité de traverser en bateau jusqu'à Savel pour varier les plaisirs — une randonnée aussi spectaculaire qu'accessible, à seulement trente minutes de Grenoble.

Mens – la Petite Genève des Alpes
📍 Mens, Isère · Départ : centre historique · Circulaire · Village + Musée du Trièves, 1h–2hMens, capitale historique du plateau du Trièves depuis le Moyen Âge, connut au XVIe siècle un bouleversement religieux majeur : convertie en grande partie au protestantisme dès 1552 sous la prédication de Guillaume Farel, compagnon de Calvin, la ville devint une place forte huguenote surnommée la « petite Genève des Alpes », fortifiée par le connétable Lesdiguières. Ses deux églises, catholique et protestante, témoignent encore aujourd'hui de cette histoire religieuse complexe qui façonna durablement l'identité du Trièves.
Le Musée du Trièves, niché dans une ancienne garnison au cœur du quartier historique, retrace des millénaires d'occupation humaine, des Néandertaliens aux maquisards de la Résistance, tandis que le marché du samedi matin, sous la halle, perpétue une tradition commerciale toujours vivace.
Grande Tête de l'Obiou – le Géant du Dévoluy
📍 Châtel-en-Trièves, Isère · Départ : parking des Baumes · Aller-retour · Variable, D+ important, journée complèteLa Grande Tête de l'Obiou, point culminant du massif du Dévoluy à 2 789 mètres, dresse sa « muraille de pierre » face au Trièves depuis le nord du massif, à égale distance de Grenoble et de Gap. Son nom, issu du patois franco-provençal « Testo de biou » (Tête de bœuf), évoque la puissance de ce sommet massif sans être lourd, dont l'ascension traverse alpages verdoyants, forêts denses puis pentes lunaires et minérales.
L'itinéraire, au départ du parking des Baumes, débute par une brève déambulation dans les alpages avant de changer d'ambiance sur des passages aériens nécessitant un pied sûr — le sentier suit en partie les traces des maquisards de Tréminis, attaqués par l'armée allemande le 19 octobre 1943, un épisode marquant de l'histoire locale de la Résistance.

Le Percy – le Village sur le Chemin des Huguenots
📍 Le Percy, Isère · Départ : parking du village · Circulaire · Village + sentier GR965, 1h–2hLe Percy, blotti sous la protection des falaises du Vercors et du Mont Aiguille, incarne l'architecture traditionnelle du Trièves : maisons aux toits pentus couverts de tuiles en écailles d'argile locale, ponctuées de « croupes » caractéristiques, et église Saint-Barthélémy dont le porche et le chœur remonteraient au XIIIe siècle. Étape emblématique du GR965 « Sur les Pas des Huguenots », ce village pastoral rappelle l'exil des protestants dauphinois vers l'Allemagne après la révocation de l'édit de Nantes en 1685.
La visite du bourg, animée par le chant des six fontaines qui rythment ses ruelles, se prolonge idéalement par une portion du sentier des Huguenots en direction de Mens, à travers un paysage vallonné typique du plateau du Trièves.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées dans le Trièves
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Niveau |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Mont Aiguille | Variable | 800 m | 4h | Difficile |
| 2 | Grand Veymont | 18 km | 1 350 m | 8h | Difficile |
| 3 | Passerelles de Monteynard | 12–13 km | 400–492 m | 4h–4h30 | Moyen |
| 4 | Mens | Village + musée | Négligeable | 1h–2h | Facile |
| 5 | Grande Tête de l'Obiou | Variable | Important | Journée | Difficile |
| 6 | Le Percy | Village + GR965 | Négligeable–modéré | 1h–2h | Facile |
FAQ – Randonnée dans le Trièves
Pourquoi le Mont Aiguille était-il surnommé la « Montagne Inaccessible » ?
Le Mont Aiguille est une mesa calcaire isolée, ceinte sur ses quatre faces de falaises verticales de 300 à 500 mètres, sans la moindre faiblesse naturelle permettant d'en atteindre le sommet sans matériel d'escalade. Cette configuration exceptionnelle en faisait, avant 1492, un sommet jugé littéralement inaccessible — jusqu'à ce que le roi Charles VIII, intrigué, ordonne à son chambellan Antoine de Ville d'y grimper à l'aide d'échelles et de cordes, un exploit considéré comme l'un des actes fondateurs de l'histoire de l'alpinisme.
Pourquoi Mens est-elle surnommée la « petite Genève des Alpes » ?
En 1552, les prêches du réformateur Guillaume Farel, proche collaborateur de Calvin, convertirent massivement les habitants de Mens et du Trièves au protestantisme. La ville devint dès la fin du XVIe siècle un bastion huguenot majeur du Dauphiné, fortifié par le connétable Lesdiguières, ce qui lui valut d'être comparée à Genève, capitale historique du calvinisme. Cette identité protestante marqua durablement la région jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes en 1685, qui poussa de nombreux habitants du Trièves sur les routes de l'exil.
Quelle randonnée choisir pour une sortie rapide en famille ?
La visite du centre historique de Mens (1h à 2h) et la découverte du village du Percy conviennent parfaitement à une sortie courte avec de jeunes enfants. Les passerelles himalayennes du lac de Monteynard, en version aller-retour jusqu'à la seule passerelle de l'Ebron sans faire la boucle complète, offrent également une aventure accessible et mémorable en famille.
Quelle est la meilleure période pour randonner dans le Trièves ?
Printemps (mai-juin) : idéal pour les villages (Mens, Le Percy) et le lac de Monteynard, avant l'affluence estivale. Été (juillet-août) : seule période propice aux grands sommets (Mont Aiguille, Grand Veymont, Obiou), pleinement dégagés de neige. Automne (septembre-octobre) : excellente période, lumière douce sur le plateau et affluence réduite. Hiver (novembre-avril) : privilégier les villages et les balades de basse altitude, les sommets étant enneigés et réservés aux randonneurs expérimentés.
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