Les 6 plus belles randonnées
en Galice
De l’archipel protégé des Islas Cíes au canyon viticole du Sil, en passant par le phare du “bout du monde” où s’achève le Camino de Santiago, la Galice concentre des paysages atlantiques uniques — et une mythologie propre, celle de la Santa Compaña et des meigas, où chaque chemin, chaque fraga, chaque pierre semble raconter une histoire.
Le Cabo de Fisterra était considéré comme le véritable bout du monde par les Romains, jusqu’à la découverte de l’Amérique il y a à peine 500 ans. Aujourd’hui encore, des milliers de pèlerins ayant achevé le Camino de Santiago choisissent de prolonger leur marche jusqu’à ce phare, pour regarder l’Atlantique là où il n’est plus possible d’aller plus loin à pied.
La Galice (Galicia), pointe nord-ouest de la péninsule ibérique, associe une côte atlantique parmi les plus découpées d’Europe — les Rías Baixas et la redoutée Costa da Morte — à un intérieur de canyons viticoles (Ribeira Sacra), de forêts atlantiques primaires (Fragas do Eume) et de hautes montagnes granitiques (Os Ancares). Elle est aussi, bien sûr, la destination finale du Camino de Santiago, dont le prolongement vers Fisterra et Muxía offre certaines des plus belles marches côtières d’Espagne.
Comme ses voisines asturienne et cantabre, la Galice possède une mythologie très vivante. La Santa Compaña, procession d’âmes en peine qui parcourt les chemins de nuit à la lueur de cierges, reste l’une des légendes les plus cra ntes de la région ; les meigas, sorcières-guérisseuses dont le dicton populaire dit “haberlas, hailas” (“elles existent, oui”), préparent encore la queimada rituelle ; les mouras, belles jeunes femmes encha ntées, gardent des trésors dans les fontaines et les castros (villages fortifiés préromains) ; et les trasnos, petits lutins facétieux, s’amusent à semer le désordre dans les maisons.
La gastronomie galicienne accompagne chaque randonnée : pulpo à la gallega, empanada, queso tetilla, et les vins de la Ribeira Sacra, issus d’une viticulture “héroïque” sur des coteaux si pentus qu’aucune machine ne peut y travailler.
Le Top 6 des randonnées en Galice
Islas Cíes – Ruta del Monte Faro, dans le Parc National des Îles Atlantiques
📍 Ría de Vigo · Départ : caseta de information (embarcadéro de Rodas) · Arrivée : Faro de Cíes (mirador) · 3,5 km aller, D+ 175 m, 1h30 aller (données officielles du Parc national)Les Islas Cíes, classées Parc national maritime-terrestre des Îles Atlantiques de Galice, ferment la ría de Vigo comme une digue naturelle contre l’Atlantique. La Ruta del Monte Faro, la plus fréquentée des quatre sentiers balisés de l’archipel, traverse d’abord une forêt agréable, longe la plage de Nosa Señora, puis grimpe en lacets jusqu’au mirador du phare, offrant une vue d’ensemble sur les trois îles (Monteagudo, do Faro et San Martíño) et sur la Playa de Rodas, régulièrement citée parmi les plus belles plages du monde.
L’accès aux îles est strictement réglementé : un permis gratuit de la Xunta de Galicia est obligatoire, en plus du billet de bateau depuis Vigo, Cangas ou Baiona, afin de préserver l’écosystème de ce joyau naturel.

Camino de Fisterra – du Santiago de Compostela au Phare du “Bout du Monde”
📍 Costa da Morte · Départ : Praza do Obradoiro, Santiago de Compostela · Arrivée : Faro de Fisterra · ~90 km au total (4 étapes), dernière section Fisterra→Faro : 3,2 km, D+ 112 m, 45 min (Gronze, données officielles)Le Camino de Fisterra prolonge le célèbre pèlerinage au-delà de Santiago de Compostela, vers la Costa da Morte. Contrairement aux autres itinéraires jacquaires, il ne mène pas à la ville de l’Apôtre mais en repart, en direction du Cabo de Fisterra — considéré comme le véritable “Finis Terrae” jusqu’à la découverte de l’Amérique. Sur environ 90 km répartis en 4 étapes, le chemin traverse les bourgs côtiers de Negreira, Olveiroa et Cee, avant d’atteindre Fisterra.
La dernière section, de la localité de Fisterra jusqu’au phare, ne fait que 3,2 km — mais c’est elle qui conclut symboliquement le voyage : “l’objectif de cette route au Finis Terrae n’est pas d’arriver dans une ville, de prier devant une tombe ou d’obtenir un certificat, mais quelque chose d’aussi simple et profond que se planter face à la mer depuis les rochers d’un cap, là où il n’est plus possible d’aller plus loin” (Gronze). Les pèlerins peuvent poursuivre vers Muxía et son sanctuaire de la Virxe da Barca, ajoutant environ 29 km.
Fragas do Eume – le Monasterio de Caaveiro au Cœur d’une Forêt Atlantique Primaire
📍 A Capela / Pontedeume · Départ : centre d’interprétation des Fragas do Eume · Arrivée : Monasterio de San Xoán de Caaveiro · Ruta dos Encomendoiros · ~14,5 km A/R (exploraturuta, plusieurs sources concordantes)Les Fragas do Eume, parc naturel protégeant l’une des dernières forêts atlantiques primaires d’Europe, encadrent le cours de la rivière Eume, aux eaux d’un turquoise hypnotique. La route classique, la Ruta dos Encomendoiros, longe le cours d’eau depuis le centre d’interprétation jusqu’au Monasterio de San Xoán de Caaveiro, fondé au IXe siècle par San Rosendo pour rassembler les ermites qui vivaient dispersés dans ces bois.
Classé Monument Artistique National depuis 1975, le monastère surplombe la confluence du río Sesín et de l’Eume ; juste en contrebas, un pont roman et les ruines d’un ancien moulin complètent une scène digne d’un conte, entre mousse, fougères et châtaigniers centenaires.

Ribeira Sacra – le Cañón do Sil depuis Parada do Sil, Vignobles Héroïques et Monastère Roman
📍 Parada do Sil (Ourense) · Boucle · PR-G98 · Points clés : Balcones de Madrid, Monasterio de Santa Cristina · ~20–21 km, D+ ~890–920 m (concordance de multiples traces Wikiloc)La Ribeira Sacra, à cheval sur les provinces d’Ourense et de Lugo, doit son nom à la profusion de monastères bénédictins bâtis entre les Xe et XIIIe siècles au bord des canyons du Sil et du Miño. Depuis le village d’Ourense de Parada do Sil, le sentier homologué PR-G98 enchaîne les miradors les plus emblématiques de la région : les vertigineux Balcones de Madrid, suspendus à environ 650 m au-dessus du fleuve, puis le Mirador do Fental et celui des Fontiñas, avant de descendre vers le hameau de Portela et le Monasterio de Santa Cristina.
Ce dernier, joyau du roman galicien niché au pied du canyon, resta longtemps isolé du monde par la seule difficulté d’accès. Tout autour, les coteaux de vignes en terrasses témoignent d’une viticulture qualifiée d’“héroïque” : des pentes si abruptes qu’aucune machine ne peut y travailler, seulement la main de l’homme.
Praia das Catedrais – la Marche sur Marée Basse entre les Arches Naturelles
📍 Ribadeo (Lugo) · A Mariña lucense, entre Foz et Ribadeo · Nom officiel : Praia de Augas Santas · Marche sur l’estran, dépendante de la marée basseLa Praia das Catedrais, dont le nom officiel est Praia de Augas Santas, ne se révèle vraiment qu’à marée basse : c’est à ce moment seulement que le sable et les passages entre les grandes arches de roche apparaissent, permettant de marcher au cœur de ce qui ressemble à une nef de cathédrale sculptée par des millénaires d’érosion atlantique. À marée haute, l’eau recouvre presque entièrement l’arenal et l’accès devient dangereux.
Classée Monument Naturel en 2005, la plage est soumise à une réservation gratuite obligatoire en haute saison (1er juillet au 30 septembre et Semaine Sainte), avec un plafond de 4 812 visiteurs par jour destiné à protéger cet écosystème fragile. Hors de ces périodes, l’accès reste libre, mais toujours conditionné à l’horaire de la marée.

Os Ancares – Pico Mustallar depuis Piornedo, entre Pallozas et Toit de la Province de Lugo
📍 Cervantes (Lugo) · Départ : Piornedo (1 100–1 150 m) · Arrivée : Pico Mustallar (1 924–1 935 m selon les sources) · A/R · 11,6 à 15 km, D+ 756–856 m selon l’itinéraire choisiPiornedo, à plus de 1 100 m d’altitude dans la Sierra de Os Ancares, est l’emblème galicien de cette architecture rurale ancestrale : les pallozas, maisons circulaires de pierre coiffées d’un toit de chaume conique, et les hórreos de teito, qui ont dominé le paysage de ces montagnes pendant des siècles. Depuis le village, la montée vers le Pico Mustallar démarre juste après la chapelle de San Lourenzo, par une rampe particulièrement raide qui concentre l’essentiel du dénivelé.
Le sommet, “toit de la province de Lugo” culminant selon les sources entre 1 924 et 1 935 m, offre un panorama à 360° sur les montagnes environnantes — jusqu’à la ville de Lugo, le Teleno et Peña Trevinca. Les rebecos (chamois) sont fréquemment observés broutant sur les pentes proches de la cime.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées en Galice
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Niveau |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Islas Cíes – Ruta del Monte Faro (permis obligatoire) | 3,5 km (7 km A/R) | 175 m | 1h30 / 3h | Modéré |
| 2 | Camino de Fisterra – Fisterra au Faro (fin du chemin) | 3,2 km (~90 km au total) | 112 m | 45 min | Facile |
| 3 | Fragas do Eume – Monasterio de Caaveiro | ~14,5 km A/R | Faible | ~4h | Facile |
| 4 | Ribeira Sacra – Cañón do Sil (PR-G98) | ~20–21 km | ~900 m | 5h30–7h30 | Difficile |
| 5 | Praia das Catedrais (marée basse, réservation) | ~880 m de plage | — | Selon marée | Facile |
| 6 | Os Ancares – Pico Mustallar depuis Piornedo | 11,6–15 km A/R | 756–856 m | 4–6h | Difficile |
FAQ – Randonnée en Galice
Faut-il réserver pour visiter les Islas Cíes et la Praia das Catedrais ?
Oui, dans les deux cas. Pour les Islas Cíes, un permis gratuit de la Xunta de Galicia est obligatoire toute l’année pour débarquer sur l’archipel, en plus du billet de bateau — à demander en ligne avant de réserver la traversée depuis Vigo, Cangas ou Baiona. Pour la Praia das Catedrais, la réservation gratuite n’est obligatoire que du 1er juillet au 30 septembre et pendant la Semaine Sainte, avec un plafond de 4 812 visiteurs par jour ; hors de ces périodes, l’accès reste libre (mais toujours conditionné à l’horaire de marée basse).
Qui sont la Santa Compaña, les meigas et les mouras dans la mythologie galicienne ?
La Santa Compaña est une procession d’âmes en peine, vêtues de linceuls et portant des cierges allumés, qui parcourrait silencieusement les chemins ruraux la nuit ; la croiser serait signe de mauvais augure. Les meigas sont des femmes dotées de savoirs sur les plantes, les sortilèges et la guérison — le dicton populaire “haberlas, hailas” (“elles existent, oui”) témoigne de la persistance de cette croyance, associée notamment au rituel de la queimada. Les mouras sont de belles jeunes femmes encha ntées qui habitent fontaines et castros (villages fortifiés préromains), gardiennes de trésors cachés. Les trasnos, enfin, sont de petits lutins facétieux qui s’amusent à déplacer les objets et semer une confusion sans gravité dans les foyers.
Le Camino de Fisterra fait-il officiellement partie du Camino de Santiago ?
Le Camino de Fisterra et Muxía est souvent appelé “l’Épilogue” du Camino de Santiago : contrairement aux autres itinéraires jacquaires, il ne mène pas à la cathédrale de l’Apôtre mais en repart, vers la Costa da Morte. Il fut recouvré comme itinéraire jacobite dans les années 1990 par l’Association galicienne des Amis du Camino de Santiago et reconnu officiellement par la Xunta de Galicia. Les pèlerins qui l’empruntent reçoivent des certificats propres — la Fisterrana et la Muxiana — distincts de la Compostela délivrée à Santiago.
Quelle est la meilleure période pour randonner en Galice ?
Printemps (avril-juin) : idéal pour l’ensemble de la région, végétation verdoyante, moins de foule qu’en été. Été (juillet-août) : période la plus fréquentée, réservation obligatoire pour les Islas Cíes et la Praia das Catedrais, mais aussi la période la plus sûre pour Os Ancares en altitude. Automne (septembre-novembre) : la Ribeira Sacra revêt ses couleurs les plus spectaculaires (vendanges, châtaigniers cuivrés), et la foule diminue nettement sur la côte. Hiver (décembre-mars) : la côte et les Fragas do Eume restent praticables, mais Os Ancares demandent un équipement hivernal et de l’expérience en montagne (neige fréquente au-dessus de 1 000 m).
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