Les 6 plus belles randonnées
en Cantabrie
La Cantabrie concentre en une seule région les Picos de Europa — les plus hauts sommets calcaires du nord de l’Espagne — et une côte atlantique spectaculaire jalonnée de villages médiévaux et d’architecture moderniste. Du village le plus isolé du Nord de l’Espagne au sommet où naissent trois mers, la randonnée cantabre est aussi géographique que mythologique.
Tresviso, per éché à 900 m d’altitude sur le rebord cantabre du parc national des Picos de Europa, n’a aucun accès routier direct depuis la Cantabrie : la seule route arrive des Asturies, via Sotres, après un long détour. Pour la plupart des visiteurs, grimper à pied par la gorge de l’Urdón n’est pas seulement le moyen le plus pratique de rejoindre le village — c’est la manière juste de le faire.
La Cantabrie est une communauté autonome resserrée entre la mer Cantábrico et la cordillère Cantabrique, qui abrite à elle seule une partie du massif oriental et du massif central des Picos de Europa — les plus hauts sommets calcaires du nord de la péninsule, partagés avec les Asturies et la Castille-et-Léon. La région se caractérise par ses montagnes rencontrant la mer, avec des formations calcaires, de vastes forêts et des gorges profondes, offrant un large éventail d’environnements pour la randonnée — des sentiers côtiers du Camino del Norte aux hautes pastures d’altitude de Fuente Dé.
Ce qui distingue la Cantabrie : une mythologie propre, très vivante dans l’imaginaire local. L’Ojáncanu, géant cyclope malfaisant qui habite grottes et montagnes reculées — on raconte qu’il errait autrefois dans les massifs du Dobra et de l’Ándara, juste au-dessus de Tresviso — s’oppose à l’Anjana, fée bienveillante qui protège les voyageurs perdus depuis les sources et fontaines. Sur la côte, c’est le Culebre, dragon ailé gardien de trésors, qui hante les falaises de San Vicente de la Barquera. La randonnée cantabre traverse ces légendes autant que ces paysages.
La gastronomie complète le tableau : le fromage bleu Picón de Tresviso-Bejes, l’un des meilleurs quesos azules d’Espagne avec le Cabrales, se déguste directement dans les tabernes des villages de montagne, tandis que la côte propose poissons, marisco et le traditionnel cocido montañés après une longue étape du Camino del Norte.
Le Top 6 des randonnées en Cantabrie
Puertos de Áliva depuis Fuente Dé – l’Itinéraire le Plus Populaire de Cantabrie
📍 Comarca de Liébana · Départ : téléphérique de Fuente Dé (El Cable) · Parc national des Picos de Europa · Boucle · 14,8 km, D+ 940 m, 5h12 (Komoot)Les Puertos de Áliva se situent dans la partie centrale du parc national des Picos de Europa. Le parcours démarre à la station supérieure du téléphérique de Fuente Dé, qui hisse le randonneur en quelques minutes de la vallée de Cama leño jusqu’à près de 1 800 m d’altitude. C’est, selon Komoot, l’itinéraire de randonnée le plus populaire de toute la Cantabrie — une boucle de 14,8 km qui traverse le plateau d’altitude des Puertos de Áliva avant de redescendre vers la vallée.
Le parcours alterne balcons rocheux sur le massif central et vastes pâtures d’estive encadrées de parois calcaires blanches — typiques des Picos de Europa. Compter 5h12 et un dénivelé de 940 m, classé “difficile” par Komoot malgré des sentiers globalement bien tracés.

Cabaña Verónica par Horcados Rojos (PR-PNPE 23) – l’Itinéraire le Plus Exigeant de Cantabrie
📍 Départ : téléphérique de Fuente Dé (El Cable) · Massif central · Col d’Horcados Rojos · Cabaña Verónica (refuge) · 15,1 km, D+ 1 320 m, 7h51 (Komoot)Cet itinéraire vers la Cabaña Verónica, en passant par le col d’Horcados Rojos, est selon Komoot l’itinéraire le plus exigeant de Cantabrie : 15,1 km pour un dénivelé cumulé de 1 320 m, soit près de 8 heures de marche en haute montagne. Depuis la station supérieure du téléphérique de Fuente Dé, le sentier grimpe vers le cœur minéral du massif central, entre végétation rase, roche calcaire acérée et vues sur les vautours et autres oiseaux alpins.
La Cabaña Verónica elle-même — un refuge métallique accroché à la paroi — est l’un des points de vue les plus spectaculaires sur le Naranjo de Bulnes (Picu Urriellu, 2 519 m), l’aiguille calcaire la plus emblématique des Picos de Europa, très prise des grimpeurs.
Urdón → Tresviso (PR-PNPE 30) – le Sentier Minier vers le Village le Plus Isolé du Nord
📍 Défilé de la Hermida · Départ : centrale hydroélectrique d’Urdón (N-621) · Arrivée : Tresviso (900 m) · ~6,1 km aller / 12,25 km A/R, D+ 800–830 m (concordance de plusieurs sources)Situé à environ 900 m d’altitude sur le rebord cantabre du parc national, Tresviso est l’un des villages les plus isolés du nord de l’Espagne : aucune route ne le relie directement à la Cantabrie, la seule arrivant des Asturies via Sotres, après un trajet d’environ une heure depuis Arenas de Cabrales (S-cape Travel). Pour la plupart des visiteurs, grimper à pied par la gorge de l’Urdón n’est pas seulement le moyen le plus pratique d’y accéder : c’est la manière juste de le faire.
Le sentier, ouvert à la seconde moitié du XIXe siècle par les mineurs qui descendaient le zinc des mines d’Ándara, est une véritable œuvre d’ingénierie : des murs de soutènement en pierre bâtis à la main sur un versant presque vertical, 790 m au-dessus de la rivière (S-cape Travel). Il grimpe en lacets serrés jusqu’au Balcón de Pilatos, un mirador naturel offrant une vue plongeante sur toute la gorge, avant de rejoindre les pâturages qui précèdent le village.

Camino del Norte : Santillana del Mar → Comillas – du Village Médiéval à l’Architecture de Gaudí
📍 Départ : Santillana del Mar (Colegiata de Santa Juliana) · Étape 15 du Camino del Norte · Arrivée : Comillas (El Capricho de Gaudí) · 22,2 km, D+ 461 m, 5h30 (Gronze, données officielles)Cette étape du Camino del Norte — le chemin de pèlerinage historique qui relie Irún à Saint-Jacques-de-Compostelle en longeant la côte nord de l’Espagne — relie deux des plus belles localités de Cantabrie. Le départ se fait à Santillana del Mar, l’un des villages médiévaux les mieux conservés d’Espagne, depuis la Colegiata romane de Santa Juliana. Le tracé, essentiellement sur asphalte et petites routes rurales selon les guides officiels du Camino, traverse quatre municipalités de l’occident cantabre en alternant paysages d’intérieur et brèves incursions côtières.
L’arrivée à Comillas est une récompense architecturale : la ville, devenue à la fin du XIXe siècle lieu de villégiature de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie espagnoles, abrite El Capricho, l’une des toutes premières œuvres d’Antoni Gaudí, ainsi que le Palacio de Sobrellano et l’Universidad Pontificia. Selon Gronze, la distance officielle est de 22,2 km pour un dénivelé de 461 m, en 5h30.
Camino del Norte : Castro Urdiales → Laredo – Falaises Cantabriques et Villes Historiques
📍 Départ : Castro Urdiales (chapelle du Temple) · Étape 12 du Camino del Norte · Arrivée : Laredo (Puebla Vieja) · 24,7 km, D+ 479 m, 6h30 (Gronze, données officielles)Cette étape du Camino del Norte relie deux villes marinières historiques de l’est de la Cantabrie. Depuis Castro Urdiales, le sentier longe d’abord les ruines du château templier d’Allendelagua avant d’alterner falaises, plages (Ostende, Islares) et tronçons de forêt. Le profil, décrit par les guides officiels comme un “sube y baja continuo” (montées-descentes permanentes), impose des dénivelés modérés mais répétés sur les 24,7 km de l’itinéraire officiel.
L’arrivée à Laredo se fait par une descente offrant de belles vues sur la ria de Treto. La ville, membre historique de la Hermandad de las Cuatro Villas dès la fin du Xe siècle, conserve un ensemble monumental remarquable dans sa Puebla Vieja : le Palacio Benito Zarauz et l’église gothique de Santa María de la Asunción, l’un des joyaux de l’art gothique espagnol.

Pico Tres Mares (2 175 m) depuis Alto Campoo – le Sommet où Naissent Trois Mers
📍 Comarca de Campoo · Départ : station de ski d’Alto Campoo / Brañavieja · Pico Tres Mares (2 175 m) · Sierra de Peña Labra · A/R · 12,4 km, ~3h53 (AllTrails)Le Pico Tres Mares doit son nom à une singularité hydrographique : c’est de son sommet, situé sur la Sierra de Peña Labra, que naissent des rivières se jetant dans trois mers différentes — l’Ébro vers la Méditerranée, le Saja vers le Cantabrique, et le Pisuerga (affluent du Duero) vers l’Atlantique. C’est, selon les randonneurs locaux, l’un des meilleurs balcons du nord de l’Espagne : par temps clair, la vue porte jusqu’aux Picos de Europa à l’ouest et à la Montaña Palentina au sud.
L’ascension se fait depuis la station de ski d’Alto Campoo, très populaire l’hiver en raquettes. La route de la station permet de monter en voiture jusqu’à près de 2 000 m (collado de la Fuente del Chivo), ce qui réduit considérablement l’effort restant pour qui souhaite une version courte ; l’itinéraire complet depuis le bas de la station fait 12,4 km aller-retour selon AllTrails.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées en Cantabrie
| # | Randonnée | Distance | D+ | Durée | Niveau |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Puertos de Áliva depuis Fuente Dé (le plus populaire) | 14,8 km | 940 m | 5h12 | Difficile |
| 2 | Cabaña Verónica par Horcados Rojos (le plus exigeant) | 15,1 km | 1 320 m | 7h51 | Difficile |
| 3 | Urdón → Tresviso (sentier minier, village isolé) | ~6,1 km (12,25 km A/R) | 800–830 m | ~6h A/R | Moyen |
| 4 | Camino Norte : Santillana del Mar → Comillas (Gaudí) | 22,2 km | 461 m | 5h30 | Moyen |
| 5 | Camino Norte : Castro Urdiales → Laredo (falaises) | 24,7 km | 479 m | 6h30 | Moyen |
| 6 | Pico Tres Mares depuis Alto Campoo (2 175 m) | 12,4 km A/R | — | 3h53 | Modéré |
FAQ – Randonnée en Cantabrie
Qu’est-ce que le Camino del Norte et pourquoi traverse-t-il la Cantabrie ?
Le Camino del Norte est un chemin de pèlerinage historique qui relie Irún, à la frontière franco-espagnole, à Saint-Jacques-de-Compostelle, en longeant presque tout du long la côte nord de l’Espagne — Pays basque, Cantabrie, Asturies puis Galice. En Cantabrie, il traverse notamment Castro Urdiales, Laredo, Santander, Santillana del Mar et Comillas, alternant sentiers côtiers, petites routes rurales et traversées de villages historiques. C’est une alternative moins fréquentée et plus littorale au célèbre Camino Francés, appréciée pour ses paysages côtiers et son patrimoine architectural (villages médiévaux, édifices modernistes de Comillas).
Qui sont l’Ojáncanu et les Anjanas dans la mythologie cantabre ?
L’Ojáncanu est le monstre le plus emblématique de la mythologie cantabre : un géant cyclope, doté d’une force surnaturelle, qui habite grottes et montagnes reculées et incarne la brutalité de la nature sauvage — la tradition lui attribue notamment le creusement des gorges et défilés de la région (Wikipedia, mitologicus.com). Son opposée est l’Anjana, fée bienveillante et protégée des voyageurs perdus, qui vit près des sources et fontaines et récompense la bonne conduite. Sur la côte, le Culebre — un dragon ailé gardien de trésors — est associé aux falaises de San Vicente de la Barquera. Ces figures, recueillies notamment par le folkloriste Manuel Llano au début du XXe siècle, restent très présentes dans l’imaginaire local et donnent leur nom à plusieurs sentiers et grottes de la région.
Pourquoi Tresviso est-il si isolé et pourquoi y accède-t-on à pied ?
Tresviso, perché à environ 900 m d’altitude sur le versant cantabre des Picos de Europa, ne dispose d’aucune route directe depuis la Cantabrie : la seule voie carrossée arrive des Asturies, via le village de Sotres, après un long détour d’environ une heure depuis Arenas de Cabrales (S-cape Travel). Historiquement, le village vivait de l’élevage et de l’exploitation des mines de zinc d’Ándara, dont le minerai descendait justement par le sentier de l’Urdón aujourd’hui emprunté par les randonneurs. Pour la plupart des visiteurs, grimper à pied par cette gorge reste la manière la plus directe — et la plus authentique — de rejoindre le village.
Quelle est la meilleure période pour randonner en Cantabrie ?
Printemps (avril-juin) : idéal pour les sentiers côtiers du Camino del Norte et les moyennes montagnes — végétation verdoyante, températures agréables, moins de foule. Été (juillet-août) : période la plus sûre pour les hautes randonnées des Picos de Europa (Puertos de Áliva, Horcados Rojos), où la neige peut persister au printemps — mais aussi la plus fréquentée, avec des files d’attente possibles au téléphérique de Fuente Dé. Automne (septembre-novembre) : excellente alternative, couleurs des forêts de hêtres, températures encore clémentes sur la côte. Hiver (décembre-mars) : la côte reste praticable, mais les Picos de Europa demandent un équipement hivernal (crampons, piolet selon l’itinéraire) — le Pico Tres Mares, lui, se prête bien à une sortie en raquettes depuis la station d’Alto Campoo.
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