Le fond féminin américain au bord du gouffre
Coup sur coup, les retraites de Jessie Diggins puis Rosie Brennan laissent les États-Unis sans une seule skieuse au niveau requis pour intégrer l'équipe nationale d'élite.
L'alarme est donnée, et elle résonne fort du côté américain : tout le monde est parti, ou presque. La superstar Jessie Diggins a mis un terme à sa carrière après la finale de la Coupe du monde disputée à domicile en mars, au terme de quinze années au sommet mondial. Peu après, c'est Rosie Brennan qui a suivi le même chemin vers la sortie.
En l'espace de quelques mois seulement, les États-Unis sont passés du statut de nation candidate face à la Norvège et la Suède à celui d'équipe en pleine crise identitaire.
À moins de trois mois du coup d'envoi de la saison, aucune skieuse américaine ne remplit à ce jour les critères pour intégrer le groupe national élite.
Karlsson et Dahlqvist elles-mêmes stupéfaites
Même chez les rivales scandinaves, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Frida Karlsson n'en revient toujours pas, tout comme Maja Dahlqvist.
Ça ne sent pas bon. Ils devraient pouvoir faire mieux.
Je trouve ça vraiment triste. Mais Jessie Diggins porte ce fardeau depuis longtemps.
Un basculement total entre hommes et femmes
Les sélections américaines pour la saison à venir ont désormais été publiées, et le constat est sans appel : aucune femme ne satisfait les conditions requises pour l'équipe d'élite.
Chez les hommes, la situation reste plus favorable, sans pour autant être florissante : l'équipe d'élite 2026-2027 ne devrait compter que trois noms, Ben Ogden, Gus Schumacher et JD Schoonmaker.
Nathaniel Herz, journaliste spécialiste du ski de fond américain qui suit l'équipe nationale depuis des années, se dit lui bien moins surpris que les stars scandinaves.
En réalité, je ne suis pas si surpris. Le statut de superstar de Jessie a masqué le déclin du côté féminin ces dernières années.
Il pointe surtout un renversement de situation assez frappant : pendant plus d'une décennie, ce sont les Américaines qui dominaient largement leurs homologues masculins, ces derniers peinant à suivre le rythme. Aujourd'hui, c'est très exactement l'inverse.
Les Américaines ont désormais disparu, les Finlandaises ont perdu leurs stars, les Russes ne sont plus là, à quoi ressemble la coupe du monde de ski de fond ?
Et bien finalement à pas grand chose avec une Suède qui écrase tout, la Norvège derrière et puis le désert. Très inquiétant pour l'avenir.
Norvégiennes inquiètes pour l'avenir de la discipline
En Norvège, plusieurs championnes avaient déjà exprimé leurs craintes concernant l'avenir du ski de fond féminin sans Jessie Diggins, tant cette dernière a incarné à elle seule le rayonnement international des États-Unis dans la discipline.
Nous avons le même âge, alors ce sera étrange qu'elle ne soit plus là. Oui... ce sera étrange.
Astrid Øyre Slind partage ce constat, saluant à son tour le rôle de pionnière joué par l'Américaine.
D'une nation de cross-country à laquelle personne ne pensait, elle a remporté de multiples médailles olympiques avec plusieurs athlètes différents. Tout est en place aujourd'hui, et c'est en grande partie grâce à elle. Désormais, c'est au tour des hommes de prendre le relais, afin que la discipline ne se retrouve pas complètement dénuée de talents.
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