Marco Odermatt nommé "docteur honoris causa" lundi à Lausanne
L'École polytechnique fédérale de Lausanne a remis lundi soir un doctorat honoris causa à Marco Odermatt. Une distinction rarissime pour un sportif dans une institution qui récompense surtout les scientifiques. Un honneur que Roger Federer avait obtenu de l'Université de Bâle.
Marco Odermatt n'a jamais fréquenté les amphithéâtres de l'EPFL. Il n'y a suivi aucun cours. Lundi soir à Lausanne, l'École polytechnique fédérale lui a pourtant remis un doctorat honoris causa, la distinction la plus rare que peut décerner une université. Et au sein de l'EPFL, qui récompense habituellement des académiciens, des fondateurs de technologies et des scientifiques, un sportif est une exception absolue. Avant ce 4 mai 2026, aucun athlète ne figurait dans la liste des lauréats.
Pourquoi l'EPFL ? Le lien avec les skis de Marco
Ce n'est pas une distinction purement symbolique. Le laboratoire de mise en œuvre de composites à haute performance de l'EPFL travaille avec Stöckli, la marque qui équipe Odermatt, depuis plus de vingt ans. Le lien entre la recherche lausannoise et les succès du Nidwaldien est direct : les matériaux qui composent ses skis naissent en partie de ces travaux.
La professeure Véronique Michaud, responsable du laboratoire, résume : « On aime à se dire qu'il y a un peu de notre technologie dans les skis de Marco. » Et quand elle regarde une course, précise-t-elle, « je regarde comment le ski vibre et tourne ».
Quand je parle de ski dans mes cours, certains étudiants endormis se mettent à avoir les yeux qui pétillent.
Dans les pas de son idole Federer
L'Université de Bâle avait décerné un doctorat honoris causa à Roger Federer. Le cheminement est identique : une star mondiale récompensée par une institution qu'elle n'a pas fréquentée, dont elle amplifie le rayonnement en y apportant son aura.
C'est une relation gagnant-gagnant et un signe que le sport de haut niveau a conquis des cercles qui l'ignoraient encore il y a peu.
Pour Odermatt, la nouvelle s'ajoute à une collection de récompenses qui déborde déjà les armoires. Globes de cristal, médailles olympiques, victoires à Adelboden.
Avec ses globes qui débordent des armoires, le skieur n'avait pas besoin d'un titre comme celui-là pour exister. Mais « Dr Odi », reconnaît la professeure Michaud, « c'est un nom qui lui va comme un gant ».
Près de 2000 étudiants, dans une salle remplie à ras bord, ont assisté à la conférence de Marco Odermatt, puis à la remise de son prestigieux diplôme. Les plus chanceux ont pu poser des questions à la star du sport Suisse qui s'est bien évidemment prête au jeu avec le sourire.
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