8e VICTOIRE D'AFFILÉE SUR TERRETENNIS WTAMutua Madrid Open 2026·26 avril 2026

Kostyuk balaie Pegula à Madrid : « Il m'a fallu des années pour apprendre à jouer ici »

L'Ukrainienne signe sa 8e victoire consécutive sur terre, sa 13e  Top 10 en carrière, et la 2e face à Pegula cette saison. Une démonstration tactique de 1h13 en deux sets.

Affiche colossale au troisième tour du Mutua Madrid Open : Marta Kostyuk (Ukraine) face à Jessica Pegula (USA), les deux seules femmes invaincues sur terre cette saison après leurs titres respectifs à Rouen et Charleston. Verdict en 1h13 : 6-1, 6-4 pour l'Ukrainienne, qui décroche son 8e succès consécutif sur ocre et sa 13e  Top 10 en carrière. 

3e tour · Arantxa Sanchez Stadium Durée : 1h13
 
SET 1
SET 2
M. Kostyuk UKR · TS 18
6
6
J. Pegula USA · TS 6
1
4

« Madrid, j'ai mis des années à apprendre »

Sur la terre 2026, Kostyuk déroule depuis Rouen. Mais Madrid, avec ses conditions atypiques, restait pour elle un casse-tête. Elle l'a dit clairement après le match : elle a eu besoin de plusieurs années avant de comprendre comment jouer à la Caja Mágica.

Je crois qu'il m'a fallu des années pour apprendre à jouer Madrid. C'est très traître, des conditions très différentes ici. Je suis contente de la façon dont j'ai joué tactiquement aujourd'hui et de comment j'ai utilisé mes points forts. Marta Kostyuk — conférence de presse, Madrid

Et la phrase qui suit éclaire tout. Kostyuk, comme Sierra hier, comme Etcheverry aussi, refuse de mettre toutes les terres dans le même panier :

Pour moi, ce n'est pas de la terre battue. Rouen, ce n'est pas de la terre battue. La terre battue, c'est probablement Rome ou Paris. Mais le reste de la saison, c'est de la terre vraiment différente, ce n'est pas ce sur quoi j'ai grandi, et j'ai dû apprendre à m'adapter. Marta Kostyuk

Lecture rare et précieuse : pour les joueuses ukrainiennes, formées sur les terres lentes d'Europe centrale, l'altitude de Madrid (660 m) et la terre rapide indoor de Rouen sont des surfaces hybrides qui demandent une adaptation complète. Là où la presse parle souvent de « terre battue » comme d'un bloc homogène, les joueuses du circuit savent que c'est faux.

By the numbers : la lecture statistique du match

2
Après avoir perdu 4 de leurs 5 premières confrontations, Kostyuk en gagne maintenant 2 d'affilée face à Pegula. Elle l'avait déjà battue 6-0, 6-3 en demi-finales du Brisbane International en janvier. Un mental complètement renversé en H2H.
3
L'Ukrainienne a aligné 3 séries de 3 jeux consécutifs dans la rencontre : les 3 premiers du 1er set, les 3 derniers du 1er set, puis 3 d'affilée à partir de 1-0 contre dans le 2e. Étouffant.
4
4 breaks réalisés sur 7 balles obtenues. Efficacité redoutable face à une joueuse réputée pour son service consistant.
8
En ajoutant une victoire sur Magda Linette en qualifications BJK Cup pour l'Ukraine, c'est 8 victoires consécutives, la plus longue série de carrière. Son record précédent : 5 succès, après son 1er titre à Austin il y a trois ans.
10
Sur 11 balles de break concédées, Kostyuk en a sauvé 10 — dont les 9 du premier set. Quatre sauvées dans un seul jeu de 5 deuces pour mener 3-0. Du grand mental.
20
Coups gagnants pour Kostyuk, contre seulement 9 pour Pegula. Le déséquilibre de l'agressivité, en clair.
27%
Taux de points gagnés par Pegula sur sa 2e balle. C'est là que Kostyuk a fait la différence : sur le retour des deuxièmes services, elle a verrouillé le match.

Le 13e Top 10 d'une carrière qui décolle

Depuis ses débuts ATP/WTA, l'Ukrainienne s'est fait une spécialité de battre des cadres du circuit. Sa progression depuis 2024 est linéaire et elle s'installe peu à peu comme une Top 20 plus que fiable, même si le ranking ne reflète pas encore pleinement sa valeur.

Je crois que c'était un bon match. J'avais déjà joué Jessica cette année, et c'est une joueuse si dure, si solide, que je suis entrée sur le court parfaitement préparée pour une grande bataille. Je suis très, très contente de finir ça en deux sets. Marta Kostyuk

L'effet « blessure d'Australie » : le déclic mental

Détail qui résonne avec une autre histoire de cette semaine à Madrid (celle de Lorenzo Musetti, blessé lui aussi à l'Open d'Australie) : Kostyuk a, elle aussi, traversé un moment compliqué début 2026. Et c'est précisément ce moment qui a déclenché un changement d'approche.

Je profite vraiment de jouer au tennis depuis ma blessure à l'Open d'Australie. J'ai dû repenser un peu comment aborder les choses, et combien ça me coûte d'être sur ce court — mon énergie, mon physique. Je suis très contente des ajustements qu'on a faits, je suis très contente des progrès qu'on accomplit en équipe. Marta Kostyuk

Pegula admet : pas de tactique

L'Américaine, fair-play, n'a pas cherché d'excuses. Elle a reconnu n'avoir jamais trouvé son schéma de jeu.

Je crois que c'était un bon réveil pour moi, pour réfléchir un peu plus intelligemment sur le court. En fait, je me sentais bien quand je frappais la balle, mais je ne crois pas avoir joué très intelligemment. Je ne crois pas avoir joué les bons schémas que j'avais besoin de jouer. Je n'étais pas contente de la stratégie que je mettais en place. Jessica Pegula
Prochain rendez-vous · 8e de finale

Kostyuk vs Caty McNally — 1er 8e de carrière en M1000 pour l'Américaine

Le tableau réserve à Kostyuk un défi tout autre : Caty McNally, l'Américaine de Cincinnati qui vient de sauver 2 balles de match face à Katerina Siniakova pour décrocher son premier huitième de finale en WTA 1000 en carrière (6-3, 2-6, 7-6(2)). Pour Kostyuk, ce sera l'occasion de de rejoindre les quarts à Madrid pour la deuxième année consécutive. Pour McNally, cela resemble presque au match de sa vie.

La série la plus longue de sa carrière

L'Ukrainienne le note elle-même avec une touche d'humour : « Je n'ai jamais eu une si longue série de victoires dans ma carrière, donc on doit faire quelque chose de bien ! » 8 victoires consécutives, c'est la nouvelle référence personnelle. Le précédent maximum était de 5 succès, après son tout premier titre à Austin il y a 3 ans. La progression est nette.

Reste à savoir si Kostyuk peut poursuivre cette dynamique sur Rome puis Roland-Garros, où la « vraie terre » prendra le relais — celle, justement, sur laquelle elle dit s'être formée. Si Madrid est le test le plus dur, alors les deux échéances suivantes pourraient être encore plus favorables.

Source primaire : dossier publié sur WTA Tennis officiel (WTA Staff). Stats croisées avec WTA Live et tableau Mutua Madrid Open.