🎿 Ski de fond·SVT

Les fondeurs russes ont obtenu le statut neutre pour revenir en Coupe du monde, mais la Suède ne veut pas d'eux à Falun. La fédération suédoise de ski, soutenue par le mouvement sportif national, cherche à leur refuser les visas pour les Championnats du monde 2027. Savelii Korostelev, 5e du 50 km olympique de Milan-Cortina, a répondu sans détour.

« C'est triste quand on mélange sport et politique »

Interrogé par la télévision suédoise SVT, le Russe de 22 ans n'a pas caché sa déception, sans pour autant dramatiser.

« C'est triste quand les gens essaient de mélanger le sport et la politique. » Savelii Korostelev / SVT

Après des années d'exclusion, le jeune leader du ski de fond russe pensait avoir tourné la page en retrouvant le circuit international. Le pays organisateur des Mondiaux pourrait lui dresser un nouvel obstacle. Sa motivation, elle, ne bouge pas.

« Cela ne changera rien. D'abord, il ne s'agit que de la volonté d'une seule personne. Ensuite, nous étions à Falun l'année dernière. Qu'est-ce qui a changé ? Rien, donc je ne vois aucune conséquence négative. » Savelii Korostelev

Nepryaeva : « On ne peut pas s'entraîner sereinement »

Darya Nepryaeva, qui vise une qualification pour les Mondiaux, se montre bien plus inquiète. Pour elle, l'incertitude pèse déjà sur la préparation.

« C'est très triste. Je ne sais même pas quoi dire. Bien sûr que cela a un impact, car on ne peut pas s'entraîner sereinement en sachant qu'on va concourir et que notre seule préoccupation est notre condition physique. Il y a tellement d'autres facteurs à prendre en compte, comme les visas et tout le reste. » Darya Nepryaeva

Deux poids, deux mesures

La position suédoise interroge. Les athlètes russes concernés ont rempli les conditions de neutralité fixées par la FIS, comme Alexander Bolshunov sous statut neutre. Les fondeurs étaient d'ailleurs à Falun l'an dernier. Et en tennis, les joueurs russes ont obtenu leurs visas pour disputer les tournois de Stockholm et de Båstad sans le moindre problème. Ce qui est possible sur un court ne le serait pas sur une piste de ski ? Voilà qui en dit long sur l'hypocrisie de certains dirigeants.

La FIS, propriétaire des Championnats du monde, aura le dernier mot sur les conditions d'accès des athlètes qu'elle a elle-même autorisés à concourir. En attendant, ce sont des sportifs qui paient la facture, à quelques semaines de la reprise de la Coupe du monde. À lire aussi : Johaug et Karlsson, la course à pied comme terrain de jeu.