Pierra Menta 2026 — Étape 1
40e édition · 18 manip' · 2 500 m D+ · 16 km · Mercredi 11 mars 2026
La 40e Pierra Menta, qui vaut aussi titre mondial longue distance ISMF, a livré une première journée électrique. Des deux côtés, les tenants du titre ont plié. Le ton est donné pour trois jours de combat.
Hommes : Equy et Damevin font plier les Beaufortains sur leur terrain
On attendait le duel franco-français, on l'a eu. William Bon-Mardion et Xavier Gachet, doubles tenants du titre, ont dicté le tempo dès les premières pentes et imprimé leur rythme jusqu'au sommet de la 2e bosse du Pas de l'Âne. Leurs poursuivants tricolores, Samuel Equy et Anselme Damevin, ont résisté malgré les variations d'allure, ne cédant jamais.
La bascule s'est produite au 3e et dernier obstacle de l'étape, le sommet de la Grande Journée. Equy et Damevin, le mors aux dents, ont lâché les tauliers et pris 30'' d'avance dans l'ultime couloir du Pas des Vaches. L'écart a tenu à la manipulation, et surtout à la descente — que les Beaufortains, pourtant experts sur leurs pentes natales, n'ont pas réussi à combler.
« C'est la course dont on rêvait, faire armes égales avec les Beaufortains sur leur territoire. On a fait l'écart sur le dernier portage et on est parvenus à maintenir ces quelques secondes d'avance jusqu'à l'arrivée. »— Samuel Equy
Les Beaufortains, eux, ne sont pas en mode panique. La réponse a fusé dans la raquette d'arrivée. William Bon-Mardion : « Une belle jeunesse qui se rapproche. L'étape était très nerveuse, y'avait pas beaucoup de place pour faire des écarts. On a encore 3 jours ! » Son équipier Xavier Gachet d'ajouter : « On n'a jamais gagné la 1re étape les autres années, mais c'est une course qui se gagne sur 4 jours. » Message reçu.
Les Italiens Davide Magnini et William Boffelli récupèrent la 3e place à 2'54''. Ils restent dans la course, mais l'écart est déjà conséquent sur un parcours aussi court. La paire franco-suisse François D'Haene – Rémi Bonnet, partie dans le 2e sas, pointe à la 8e place à 10'41''.
« Ça fait plaisir de courir avec François, la légende de l'ultra-trail. On est parti dans le 2e sas mais on a bien rattrapé. Plus ça va aller, plus il sera bien et moi moins, ça va s'équilibrer. »— Rémi Bonnet
Femmes : Harrop et Ravinel volent la mise à la dernière manipulation
Scénario haletant côté féminin. Axelle Gachet-Mollaret (6 victoires à la Pierra Menta) et Célia Périllat-Pessey avaient pris 1'30'' d'avance à mi-course. Elles l'ont intégralement reperdu. Emily Harrop et Margot Ravinel, rodées sur les manipulations grâce à leur préparation sprint pour les JO de Milan-Cortina, ont grignoté méthodiquement l'écart pour porter l'estocade sur l'ultime changement de peaux — le dernier de la journée.
Revenues de 1'30'' de déficit à la mi-course, les olympiennes ont doublé leurs adversaires dans le dernier chrono de peaux et maintenu l'écart à la descente. 9'' d'avance à l'arrivée, en temps réel, avant pénalité.
« Ça va être un joli fight, très fière de Margot, j'espère que notre prépa' sprint va nous porter jusqu'à la fin. On les dépasse à la dernière manip' et on maintient l'écart à la descente. »— Emily Harrop, double médaillée olympique de Milan-Cortina
La défaillance de Célia Périllat-Pessey est à surveiller de près. La Savoyarde l'a dit sans détour : « C'est parti ultra vite, ça m'a mise dans le dur, on avait 1'30 d'avance, on perd tout à la fin, je suis dégoûtée. » Axelle Gachet-Mollaret, elle, temporise : « C'était très serré, on perd quelques secondes, pas de quoi baisser les bras, on verra dans les prochains jours. Vivement demain. »
Les Italiennes Alba De Silvestro et Lisa Moreschini se classent 3es à 9'35''. L'écart est déjà important, mais les 30'' de pénalité infligées aux deux paires tricolores le réduisent mécaniquement.
Le profil de cette 1re étape : technique avant tout
18 manipulations, 2 500 m de dénivelé, 16 km. Un tracé court et nerveux qui laissait peu d'espace pour creuser des écarts de puissance pure. Ce profil particulier a favorisé la précision sur les manip' — et c'est précisément là que Harrop et Ravinel, préparées pour le sprint olympique, ont fait la différence. La suite va crescendo : les étapes 2 et 3 seront moins piégées sur les changements de peaux, plus favorables aux grimpeurs purs.
