Il y a des troisièmes places qui valent de l'or. Ce samedi, dans le temple absolu de la vitesse à Kitzbühel, Maxence Muzaton a dompté la bête.
Troisième d'une descente d'anthologie remportée par la révélation Giovanni Franzoni, le Français s'offre le "Chamois" dont il a toujours rêvé.
Récit d'une journée où l'instinct a pris le pouvoir.
Le rêve d'une vie accompli
À l'arrivée, l'émotion était palpable. Muzaton, 35 ans, visage illuminé, savait qu'il venait de réaliser l'un des objectifs majeurs de sa carrière : monter sur la boîte dans la Mecque du ski alpin.
« Un podium ici, ça faisait partie de mes deux plus grands rêves de ma carrière. Ramener un chamois à la maison, c'est fait !
Ici, c'est toujours particulier, t'as toujours un peu cette boule au ventre... Mais de claquer un podium, c'est toujours différent. » explique t'il à l'Equipe.
Le saut de la route comme déclic
Comment explique-t-il cet exploit à seulement 39 centièmes de la gagne ? Par un mélange de relâchement et d'agressivité. Sur la Streif, on ne calcule pas, on survit.
Et quand on survit avec panache, le chrono s'affole. Muzaton raconte ce moment clé au "saut de la route", où tout s'est joué.
« Je sais qu'ici, quand je me balance sans réfléchir, en essayant d'être à l'instinct, ça me réussit souvent bien...
Il y eu ce saut de la route : quand tu t'envoles, c'est souvent un signe que tu es vite.
La récompense d'un parcours tortueux
Ce podium, c'est aussi la revanche d'un skieur qui n'a jamais rien lâché malgré les blessures et les doutes.
Si la fin de parcours a été un combat physique dans le dévers, le résultat final vient "récompenser pas mal d'efforts".
« Vivre une journée comme ça, ça récompense tout... Je me suis fait un peu malmener en bas, mais les autres aussi.
Kitzbühel, c'est une piste qui me va bien, mais qui va bien au final à beaucoup de Français, ce qui nous aide à nous surpasser. »
