De la désillusion alpine à la révélation ski alpinisme
Le destin d'Emily Harrop aurait pu s'écrire sur les pistes damées du circuit de ski alpin traditionnel.
Née à Bourg-Saint-Maurice de parents britanniques mordus de poudreuse, elle grandit avec la montagne pour terrain de jeu à Sainte-Foy-Tarentaise.
Bilingue, dotée d'une culture de l'effort héritée de ses expéditions familiales en backcountry, elle semblait tracée pour la descente, empochant même le titre national britannique en 2015.
Puis, le couperet tombe : les blessures à répétition. Celles qui brisent les genoux autant que le mental. À 20 ans, le rêve alpin s'effondre.
Mais là où beaucoup auraient rendu les armes, la Savoyarde d'adoption opère un pivot magistral.
En 2017, elle se tourne vers le ski-alpinisme. Un sport hybride, brutal, exigeant une caisse physique phénoménale pour enchaîner ascensions à peaux de phoque et descentes vertigineuses.
Ce choix, qu'elle décrit elle-même comme un "roller coaster émotionnel", s'est avéré être le pari de sa vie.

Une domination absolue et méthodique
Dès qu'elle a commencé à structurer son entraînement en 2020, notamment grâce au précieux soutien de l'Armée de Terre qui l'a intégrée avec le grade de sergent-chef, son ascension a été fulgurante. Harrop ne s'est pas contentée de participer, elle a atomisé la discipline.
Pour comprendre le poids de cette athlète sur le circuit, il suffit de regarder dans le rétroviseur de ces quatre dernières années :
- Un règne sans partage : Quatre globes de cristal au classement général de la Coupe du Monde (2022-2025).
- La Reine du Sprint : Quatre globes de spécialité en sprint, avec un impressionnant 7/7 en victoires lors de la saison 2025.
- L'endurance en prime : Elle excelle aussi sur le long format, avec des victoires mythiques à la Pierra Menta (2023, 2024) et au Trofeo Mezzalama (2025).
Milan-Cortina : Une médaille d'argent
Archi-favorite, celle qui a tout raflé ces dernières saisons savait qu'elle était la femme à abattre pour cette première apparition de la discipline aux JO.
Après avoir survolé ses qualifications, elle s'est inclinée d'un souffle en finale face à la Suissesse Marianne Fatton.
Certains y verront l'or manqué, mais la récompense est magnifique.
À 28 ans, la résidente de Bozel décroche l'argent olympique, propulsant son sport et son nom dans l'histoire.
Et l'aventure italienne est loin d'être terminée : son association avec Thibault Anselmet en relais mixte (une épreuve où ils sont champions d'Europe et du Monde en titre) promet de faire des étincelles.


