Dans un contexte marqué par le décès tragique et inexpliqué du biathlète Sivert Bakken, survenu il y a quelques jours dans un hôtel italien, les entraîneurs de l'équipe B norvégiennes brisent le silence sur leurs pratiques d'entraînement.
Anders Oeverby, entraîneur principal, qui était présent au Grand Bornand, et Anders Brun Hennum, affirment qu'il n'y a "aucun secret" autour de l'usage de la simulation d'altitude, un outil marginal et loin d'être central dans leur préparation.
À la suite de cet événement choc, la Fédération norvégienne et l'Olympiatoppen ont recommandé une suspension temporaire de toute utilisation de tels équipements afin d'écarter tout risque potentiel.
"Ce qui est regrettable, c'est que cela soit présenté comme si quelqu'un avait fait quelque chose d'illégal. Ce n'est absolument pas le cas", explique Anders Brun Hennum.
"C'est du matériel disponible dans le commerce, que n'importe qui peut acheter et installer. C'est simplement un outil que nous avons désormais dans notre boîte à outils."
Selon les deux responsables, l'usage de la simulation d'altitude, qu'il s'agisse de masques, de tentes ou de chambres hypoxiques, reste très limité au sein du biathlon norvégien, particulièrement chez les recrues.
"Très peu d'athlètes l'ont utilisé ou testé", précise Hennum, qui se refuse toutefois à donner des noms.
Cette pratique est généralement initiée par les sportifs eux-mêmes, en dialogue avec les entraîneurs, dans le respect des directives de l'Olympiatoppen.
Interdite en Norvège de 2003 à 2021, elle a été autorisée depuis, mais avec prudence en raison de possibles effets secondaires comme des troubles du sommeil ou une réponse réduite à l'entraînement.
Il faut savoir que la simulation d'altitude est également utilisée par plusieurs biathlètes et fondeurs des équipes de France depuis de nombreuses années, notamment à Prémanon avec des chambres hypoxiques, ou à domicile avec une tente.
Pas une technique miracle
Anders Øverby insiste sur le fait que cet outil ne constitue en aucun cas la "clé du succès" :
"La simulation d'altitude ne sera jamais le facteur X, celui qui fait la différence entre réussir ou échouer. Elle ne vient qu'en complément, pour affiner les marges chez des athlètes déjà à un niveau exceptionnel.
Les grands gains proviennent de l'entraînement quotidien : skating, course, intervalles, séances calmes... C'est là la base de tout."
Au-delà des aspects techniques, les deux hommes expriment une profonde émotion face à la perte de Bakken.
"Ces jours ont été lourds, un choc terrible et douloureux pour nous tous", confie Hennum. Øverby ajoute : "On vit un cauchemar, on se sent arraché à tout ce qu'on aime."
Ils rendent hommage à leur ancien athlète, décrit comme un "modèle" complet, loyal et dévoué, dont l'héritage inspirera les générations futures.
"Nous aurions tant aimé avoir une réponse claire sur ce qui s'est passé dans ce décès totalement inexplicable", poursuit Hennum.