C'est à Saint-Jean-de-Moirans, loin des projecteurs des pistes olympiques, que se joue peut-être déjà le destin des médailles.
Dans les ateliers de course du géant français Rossignol, on ne fabrique pas des skis, on conçoit des Formule 1.
Pour équiper les 80 athlètes sous contrat (alpin, fond, biathlon), la marque ne lésine pas sur les moyens.
Ici, l'industriel laisse place à l'artisanat de haute précision. Sébastien Fillod, chef de produit courses, s'est récemment confié sur France Bleu.
La métaphore du millefeuille
Comment fabrique-t-on un ski champion olympique ? C'est un assemblage complexe, presque culinaire.
« Un ski, c'est comme un millefeuille, on veut que ça soit vraiment précis », explique Sébastien Fillod.
Tout se joue dans le moule, où chaque couche est empilée au millimètre près. Le niveau de détail donne le vertige.
« Sur la finition, on va passer à des précisions de micron, c'est dix fois plus petit qu'un cheveu. Pour la performance, on est à ce niveau-là d'exigence. »
50 Paires dans les bagages !
C'est le chiffre qui affole les compteurs. Les meilleurs athlètes ne partent pas en Italie avec une ou deux paires, mais avec un véritable arsenal.
« Certains athlètes partent avec 50 paires de ski en Italie pour affiner leur choix jusqu'au dernier moment », révèle le chef de produit.
Sur place, les "servicemen" ajusteront le matériel en fonction de la neige du jour J. Une logistique démesurée pour un objectif unique : la gagne.
Du "sur-mesure" comme en haute vouture
Rossignol va même jusqu'à créer des prototypes uniques pour ses stars. C'est un échange permanent.
« On est en capacité de faire des pièces uniques pour nos top athlètes. Ses retours de sensations nous permettent de faire évoluer nos skis [...]
Lui il fait tout le boulot, mais ce petit centième vient peut-être des skis. »
