11,2 secondes, puis 4,8, puis 4,2. C'est ce que Suvi Minkkinen perdait en moyenne par kilomètre sur les skieuses les plus rapides du circuit au cours des trois dernières saisons. Derrière cette chute spectaculaire, la Finlandaise, médaillée de bronze de la poursuite aux Jeux de Milan-Cortina, aborde un sujet que le biathlon évite soigneusement : le poids.
Le sujet dont on ne parle pas
Le déclic date de l'après-saison 2023-2024. Avec son entraîneur de longue date Mikko Viitanen, avec qui elle travaille depuis 2015, Minkkinen passe en revue ses marges de progression. Une piste revient, jamais vraiment abordée jusque-là.
Encadrée par des professionnels, la biathlète de Joutsa aborde la saison 2024-2025 avec quatre kilos de moins que les hivers précédents, un poids de compétition qu'elle a conservé la saison dernière.
Le message est clair, et il mérite d'être souligné : pas de course à la maigreur, mais un réglage fin, suivi de près.
| Saison | Perte / km |
|---|---|
| 2023-2024 | 11,2 s |
| 2024-2025 | 4,8 s |
| 2025-2026 | 4,2 s |
Bessans, l'autre secret
Le poids n'explique pas tout. Depuis 2024, la Finlandaise enchaîne de longues périodes en altitude. Cet été encore, elle a passé trois mois à Bessans, en Haute-Maurienne, à plus de 1 700 mètres.
Le geste a suivi : plus fluide, plus propre. « Ça se voit. Le moniteur de mon premier été en France m'a suivie pendant trois mois et ne me lâchait pas sur ma technique », sourit-elle.
« Elle a abordé le sport avec une détermination sans faille »
L'entraîneur en chef de l'équipe de Finlande, Erik Kulstad, a vu la bascule, et pas seulement sur les skis.
Déjà l'une des meilleures tireuses du circuit, Minkkinen a même progressé derrière la carabine, de 88 % de réussite en 2023-2024 à 91 % sur les deux dernières saisons. « Ce n'est pas facile mentalement, la pression est plus forte quand on se bat pour les premières places », rappelle Kulstad.
Objectif : 30 secondes
Le thème de l'été 2026 tient en une formule : serrer les vis. La Finlandaise travaille désormais au quotidien avec une nouvelle entraîneuse, Venla Lehtonen, qu'elle décrit comme « très exigeante ».
Anecdote révélatrice : avant la dernière séance à Bessans, déjà épuisée, Minkkinen voit sa coach chausser les ski-roues, faire un tour chrono et lui lancer un défi. « Je lui ai demandé si elle était sérieuse. J'ai dit que c'était un peu effrayant. » Elle a battu le temps de sept secondes. Réponse le 26 novembre à Kontiolahti, à domicile, pour l'ouverture de la Coupe du monde. À lire aussi : la Finlande s'offre son premier camion de fartage et la nouvelle règle de l'IBU qui fait déjà des victimes.

