« Je n'avais plus envie de partir trois semaines de chez moi. »
La famille, le statut militaire, la réalité économique, Antonin Guigonnat explique pourquoi l'arrêt de sa carrière s'est imposé comme une évidence. Pas de dramatisation, pas de regrets. Juste un homme qui a choisi de vivre autrement.
On pouvait se demander pourquoi Antonin Guigonnat, encore capable de contribuer à l'équipe de France, a choisi d'arrêter maintenant. Au Dauphiné Libéré, il répond sans détour. La décision n'a pas été prise par défaut, elle a été construite, réfléchie, et assumée sur plusieurs critères qui convergeaient tous dans le même sens.
Le raisonnement tient en trois piliers. D'abord, la famille et ce n'est pas une formule creuse chez lui. Ensuite, la reconversion militaire, dont le timing était décisif : une saison de plus et il perdait son statut ministériel, avec des conditions de sortie bien moins favorables. Enfin, une lucidité rare sur sa propre situation sportive.
Ce printemps, il a rattrapé le temps perdu, sa fille, ses parents, ses beaux-parents, ses neveux et nièces. Le genre de présence que le calendrier de biathlon, ses déplacements et ses exigences physiques ne permettent pas vraiment. Maintenant, c'est aussi le tour des amis, et du sport pratiqué autrement, pour le plaisir, sans compétition.
Sur l'avenir professionnel, il ne fait pas semblant que la question est réglée. Il est encore en réflexion — et il le dit clairement, sans la langue de bois habituelle des communiqués de fin de carrière.
Un athlète qui quitte le sport les yeux ouverts, sans en faire un drame ni une épopée. Guigonnat sait ce qu'il laisse, sait ce qu'il gagne. Et pour l'instant, l'équilibre penche clairement du bon côté.
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