🎿 Biathlon · Antonin Guigonnat 

« Je n'avais plus envie de partir trois semaines de chez moi. »

La famille, le statut militaire, la réalité économique,  Antonin Guigonnat explique pourquoi l'arrêt de sa carrière s'est imposé comme une évidence. Pas de dramatisation, pas de regrets. Juste un homme qui a choisi de vivre autrement.

On pouvait se demander pourquoi Antonin Guigonnat, encore capable de contribuer à l'équipe de France, a choisi d'arrêter maintenant. Au Dauphiné Libéré, il répond sans détour. La décision n'a pas été prise par défaut, elle a été construite, réfléchie, et assumée sur plusieurs critères qui convergeaient tous dans le même sens.

Je n'avais plus envie de partir trois ou quatre semaines loin de chez moi en décembre puis en janvier. Toutes les planètes étaient donc alignées pour arrêter dans les meilleures conditions. Antonin Guigonnat — Dauphiné Libéré

Le raisonnement tient en trois piliers. D'abord, la famille et ce n'est pas une formule creuse chez lui. Ensuite, la reconversion militaire, dont le timing était décisif : une saison de plus et il perdait son statut ministériel, avec des conditions de sortie bien moins favorables. Enfin, une lucidité rare sur sa propre situation sportive.

Même si j'avais pu conserver un niveau, ce n'était plus ce que je voulais. Le fait de bénéficier de cette reconversion militaire a également pesé dans ma décision. Si j'avais poursuivi une saison supplémentaire, j'aurais probablement perdu mon statut ministériel sans bénéficier ensuite des mêmes conditions de reconversion. Antonin Guigonnat

Ce printemps, il a rattrapé le temps perdu, sa fille, ses parents, ses beaux-parents, ses neveux et nièces. Le genre de présence que le calendrier de biathlon, ses déplacements et ses exigences physiques ne permettent pas vraiment. Maintenant, c'est aussi le tour des amis, et du sport pratiqué autrement, pour le plaisir, sans compétition.

J'ai envie de faire du sport avec mes amis, d'être dehors et de profiter de ma famille. J'ai beaucoup profité de ma fille, mais aussi de mes parents, de mes beaux-parents, de mes neveux et de mes nièces. Nous avons passé énormément de temps ensemble ce printemps. Antonin Guigonnat

Sur l'avenir professionnel, il ne fait pas semblant que la question est réglée. Il est encore en réflexion — et il le dit clairement, sans la langue de bois habituelle des communiqués de fin de carrière.

Il faut que je trouve un métier qui me permette de conserver un certain niveau de vie et de continuer à pratiquer tous les loisirs que j'aime. Il y a malgré tout une réalité économique à prendre en compte. Antonin Guigonnat

Un athlète qui quitte le sport les yeux ouverts, sans en faire un drame ni une épopée. Guigonnat sait ce qu'il laisse, sait ce qu'il gagne. Et pour l'instant, l'équilibre penche clairement du bon côté.

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