A quelques jours du coup d'envoi des Jeux Olympiques de Milan Cortina, le constat est clair. Le ski féminin Français ne sera pas invité dans le jeu des médailles. Seule Romane Miradoli peut sérieusement prétender à un podium, en super-G.
Pour le reste, il faudrait un miracle ou un tremblement de terre pour espérer voir une autre fille sur le podium, tant les résultats montrés en coupe du monde sont décevants et les écarts par rapport aux meilleures, énormes.
On est pas vraiment surpris car les soucis du ski féminin viennent de loin. Depuis des années, rien ne change à part les beaux discours du début de saison qui servent à amadouer les plus naïfs.
Aujourd'hui à mi-saison, Romane Miradoli sauve le Titanic en pointant au 16e rang de la coupe du monde. Ensuite il faut descendre au 38e rang pour voir Marion Chevrier, la spécialiste du slalom !
En poussant l'analyse un peu plus loin, on retrouve la France classée seulement 13e nation mondial en slalom géant, qui reste LA discipline de base du ski !
C'est maigre, beaucoup trop maigre par rapport à tous les pays voisins et c'est indigne d'une grande nation du ski comme la France, qui a produit tellement d'immenses championnes dans les dernières décennies.
Pourquoi si peu de résultats ?
Les raisons sont nombreuses et on va essayer d'être le plus complet.
Tout d'abord le ski coûte cher et reste dans notre pays un sport régional. Financièrement c'est compliqué dans une nation où les grands médias ignorent la discipline honteusement, du coup les sponsors sont rares !
Du coup la base de pratiquantes à niveau élevée n'est vraiment pas énorme et le réservoir se tarit au fil des années et la concurrence est absente.
Les dernières affaires de harcèlement, cachées par certains dirigeants, évidemment n'ont pas aidé.
Egalement beaucoup de parents rechignent à envoyer leurs filles sur les épreuves de vitesse, de peur d'un accident grave.
Souvent les filles parlent également d'un manque de reconnaissance et d'un manque d'écoute, à tous les niveaux.
(suite sous la photo)
Résultats, elles sont nombreuses à mettre les voiles dès l'âge de 20 ans, préférant reprendre les études, jugées plus sécurisantes. Les exemples ne manquent pas.
Tout cela mis bout à bout nous donne un tableau bien noir de la situation. Et en plus la FFS en arrive à se satisfaire d'une 25e place, il suffit de s'abonner à son compte X pour comprendre les dégats !
Les problèmes sont nombreux et les solutions ne sont pas simples alors commençons par la plus simple : Faire rêver les jeunes et leur donner envie d'imiter les grandes, mais là encore, sans idole, sans une star visible à la TV et dans les médias, on fait comment ?
D'ailleurs on retrouve le même terrible bilan en ski de fond avec la meilleure Tricolore Léonie Perry, seulement classée 44e mondiale !
