Lorsque dimanche matin nous avons pris connaissance de la dépêche de la FFS annonçant la retraite de Vincent Jay la surprise a été grande. On s'est même demandé, l'espace de quelques secondes, si il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague.
Mais non le biathlète Savoyard, sacré champion olympique de sprint à Vancouver, puis médaillé de bronze deux jours plus tard en poursuite, n'a plus la foi. Il n'a plus la force nécessaire pour suer des mois durant à l'entrainement alors que son niveau ne progresse pas.
Il souffre de voir ses rivaux skier une minute plus vite que lui sur un 10km et comprend qu'il ne pourra, sauf miracle, jamais plus se placer tout devant en coupe du monde. Lui, le champion olympique, ne veut pas aller à Sochi pour se retrouver remplaçant, comme il l'a été l'an passé aux mondiaux. "Trop dur à vivre" expliquait-il.
Alors après une carrière que l'on qualifiera de très courte, même si il a donné beaucoup avant d'arriver en coupe du monde. Il a choisi d'écouter son coeur, de suivre ses envies et de ranger ses skis et sa carabine au placard.
Vincent Jay ne voulait pas vivre une nouvelle saison de galère, il quitte donc ses camarades de manière surprenante mais aussi en beauté et en toute amitié après avoir obtenu avec ses potes une belle deuxième place dimanche en relais.
Depuis l'annonce de sa retraite il a reçu de très nombreux messages de félicitations de la part de ses supporters et des hommages mérités venant de ses pairs. Même le plus grand de tous a pris le temps pour lui dire au revoir :
"Après la relais, 80% des athlètes sont venus me voir et m'ont serré dans leurs bras. Ca m'a fait chaud au coeur. Quand quelqu'un comme Ole-Einar Bjoerndalen vient te prendre dans les bras, c'est émouvant. J'ai essayé de retenir mes larmes, mais ce n'était pas facile. » raconte Vincent Jay plein d'émotion.
Son titre olympique lui a donné la plus belle des récompenses mais ce titre ne lui a pas nécéssairement rendu service pour la suite. Il avoue sans se cacher que les nombreuses sollicitations qui ont suivi Vancouver l'ont un peu détourné de ses objectifs.

De nombreuses portes s'ouvrent, le biathlète fait la connaissance de personnes importantes, les invitations pleuvent. En fait du jour au lendemain on passe d'un statut de biathlète anonyme à celui de sportif doré, reconnu dans le pays. Et ça il faut savoir l'assumer, le vivre et le digérer. Vincent Jay l'a vécu à sa façon.
"Quand tu es champion olympique tout change très vite, j'ai vécu douloureusement ce changement de statut. Ce qui devait me poser durablement sur un petit nuage pesait des tonnes sur mes épaules de biathlètes." avoue le biathlète.
Le sport de haut niveau c'est aussi ça, il faut savoir trouver la motivation malgré les titres, et ça c'est sans doute beaucoup plus facile à gérer pour celui qui était déjà habitué à gagner avant de toucher à la consécration.
De puis son zénith olympique vécu avec celle qui était alors sa compagne, Marie-Laure Brunet, elle-aussi double médaillée olympique 2010, le biathlète savoyard n'a plus vraiment brillé.
Il a ainsi terminé à la 20e place du classement général de la Coupe du monde 2010-11 et au 48e rang mondial la saison dernière alors qu'il était 11e mondial l'hiver des JO-2010.
La fiche de Vincent Jay :
Date de naissance: 18 mai 1985
Lieu de naissance: Saint-Martin-de-Belleville (73)
Lieu de résidence: Saint-Martin-de-Belleville (73)
Taille: 1,80 m Poids: 70 kg
Palmarès:
. Jeux Olympiques:
Sprint: 1er (2010)
Poursuite: 3e (2010)
. Coupe du monde:
4 podiums en Coupe du monde (deux victoires: 20 km, Whistler 2009 et sprint olympique Whistler 2010, deux 3e places: poursuite olympique 2010, poursuite Kontiolahti 2010)
Classement général: 11e (2010), 20e (2011), 29e (2009), 48e (2012)
. Championnats du monde
Sprint: 43e (2009), 45e (2011)
Poursuite: 39e (2009), 56e (2011)
Individuel: 19e (2011), 23e (2009), 29e (2012)
Relais: 4e (2009), 12e (2011)
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