0,03 seconde. C'est l'écart infime, invisible à l'oeil nu, qui a séparé le paradis de l'enfer ce mercredi sur le Super-G olympique.
Nils Allègre a réalisé une des meilleures courses de sa vie, mais il échoue à la pire des places, la 4ème, juste derrière le monstre suisse Marco Odermatt.
La détresse au micro
Au micro de France TV, le Français était sonné. Fier de son ski, mais dévasté par le résultat comptable. Une réaction poignante, marquée par de longs silences.
« Je suis fier de moi, mon plan était vraiment clair dans ma tête, j’ai réussi à faire un run sans aucune info.
Trois centièmes, c’est… (long silence) Là j’ai les boules, parce que ma carrière, c’est souvent ça pour le moment. »
Le syndrome de la pièce qui tombe du mauvais côté
Ce qui fait le plus mal à Allègre, c'est ce sentiment d'injustice permanente face aux cadors qui semblent avoir la baraka avec eux.
« Y’a des mecs, ils ont toujours les centièmes de leur côté, moi je ne les ai toujours pas du bon côté. Je ne vais pas faire le pleureur, mais… Mais voilà.
Aujourd’hui, j’ai un mélange de beaucoup de fierté, sur l’ensemble de ma semaine, comment j’ai construit ma saison pour arriver au meilleur niveau ici, et beaucoup de déception. »
Maudit jusqu'au bout
Déjà 5ème du combiné il y a deux jours (à 13 centièmes du podium !), Allègre accumule les places d'honneur frustrantes.
Il est au sommet de son art, il skie comme un médaillé, mais le chronomètre refuse obstinément de lui sourire.