⛷️ Ski de fond·TV 2

Elle avait porté plainte, la fédération a classé l'affaire. Cette fois, Kristine Stavås Skistad met des mots sur ce qu'elle dit avoir vécu. Dans un long entretien accordé à la chaîne norvégienne TV 2, la sprinteuse détaille ce qu'elle reproche à Sofienlund, l'entraîneur qui la suivait depuis ses 14 ans à Konnerud. Des accusations qu'il conteste.

« J'ai commencé à me perdre »

« Il s'agissait de contrôle, de pouvoir, d'argent, d'intimité physique, de harcèlement sexuel et de confusion des rôles. À la fin, je ne savais plus à quoi je pouvais vraiment dire non. J'ai commencé à me perdre. » Kristine Stavås Skistad /

Dans sa plainte, la Norvégienne accusait son entraîneur de l'avoir manipulée et d'avoir abusé de sa position d'autorité. Après avoir quitté l'entraînement de l'équipe nationale en 2021, elle s'était entièrement remise entre les mains de ce technicien en qui elle avait une confiance absolue.

« Il y avait de longs câlins, des caresses, des tapes sur les fesses et des massages. Il faisait des commentaires sur mon apparence. Il voulait aussi qu'on passe plus de temps ensemble, tous les deux, parce qu'il pensait que ça améliorerait notre relation de travail. J'ai trouvé cette intimité physique déplacée et blessante. » Kristine Stavås Skistad
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La veille du sprint des Mondiaux de Trondheim

Elle cite un épisode précis : aux Championnats du monde 2025 à Trondheim, la veille du sprint, son entraîneur l'aurait emmenée dans sa chambre d'hôtel en annonçant vouloir y mener seul sa préparation mentale.

« Il voulait faire la préparation au lit, s'allonger et me caresser pendant que j'étais sur ses genoux. Ensuite, il m'a demandé si je voulais qu'il me masse. J'ai dit non parce que je ne portais pas de short. Il a répondu que ce n'était pas un problème. » Kristine Stavås Skistad

La sprinteuse raconte s'être retrouvée, du jour au lendemain, à devoir poser des limites à son propre entraîneur.

Le comité d'éthique voulait sanctionner

Sa plainte a d'abord été examinée par le comité d'éthique de la fédération norvégienne de ski, qui a recommandé des sanctions. Le dossier a ensuite été transmis au comité chargé des règlements et des poursuites, qui a décidé de ne pas y donner suite. L'entraîneur n'a donc pas été sanctionné et travaille toujours à Konnerud. Skistad, elle, a claqué la porte du club, dont elle estime avoir été abandonnée.

« La valeur même des règles et des principes éthiques du sport est remise en cause quand un signalement aussi grave reste sans suite. Comment d'autres pourraient-ils oser raconter ce qu'ils ont vécu s'il n'y a aucune conséquence ? » Kristine Stavås Skistad

Sa version : un commun accord

Dans sa réponse au comité d'éthique, l'entraîneur a affirmé que tout s'était déroulé d'un commun accord entre les deux parties. Aucune sanction n'a été prononcée à son encontre.

Depuis septembre, Kristine Stavås Skistad court pour Mjøndalen, sous la direction de Per Ola Gasmann. Une affaire qui avait déjà fait réagir Marit Bjørgen et qui continue de secouer le ski de fond norvégien.