Il l'a vue travailler deux étés de suite, et il en est convaincu : Océane Michelon a de l'or dans les jambes. Mais Patrick Favre, l'entraîneur du groupe féminin français, ne verse pas dans l'angélisme. Pour lui, la championne olympique doit encore franchir un cap dans la tête. Et quand on lui demande à qui elle le fait penser, le technicien qui a accompagné l'éclosion de Lisa Vittozzi en Italie n'hésite pas une seconde.
« Une grande professionnelle, parfois même trop »
Le portrait est sans fard. Favre loue le sérieux de la Française, au point d'y voir parfois un excès. Ce qui lui manque encore, selon lui, ce n'est ni le physique ni le talent.
Un paradoxe pour une athlète déjà titrée aux Jeux de Milan-Cortina.
Mais Michelon elle-même l'a reconnu cet automne : elle n'a encore jamais gagné en Coupe du monde, comme elle l'expliquait dans son entretien sur les objectifs qui lui restent.
« Une soif de réussite que peu possèdent »
Le constat de Favre n'a rien d'un reproche. Au contraire, l'entraîneur voit chez elle une qualité qu'on n'enseigne pas.
Le parallèle avec Lisa Vittozzi
Interrogé sur une ressemblance avec la Vittozzi des débuts, Favre valide. Il connaît le sujet mieux que personne : il a longtemps entraîné l'Italienne, devenue depuis l'une des références du circuit.
Le tir, clé de son hiver
Tout est dit : la vitesse est là, la régularité à la carabine pas encore. C'est le même chantier que Favre pointait chez Lou Jeanmonnot, dont la vitesse de tir reste l'un des rares points faibles.
Et c'est tout le sens de la méthode française décrite par Siegfried Mazet, avec ses spécialistes du tir et de la préparation. Réponse dès le 26 novembre à Kontiolahti, où la Tricolore partira à la chasse à sa première victoire en Coupe du monde.

