Une démonstration sur un Rettenbach balayé par le vent, et un message limpide pour la suite. Vainqueur éblouissant du géant d'ouverture à Sölden, avec 48 centièmes d'avance sur Loïc Meillard et 49 sur Marco Odermatt, Lucas Pinheiro Braathen ne s'en cache pas : le Brésilien, deuxième du classement général l'hiver dernier et détenteur du globe de géant, veut désormais le gros globe. Et pour y parvenir, il va élargir son terrain de jeu.
« Je n'ai pas voulu hésiter »
En tête après la première manche avec 24 centièmes d'avance, le champion olympique a doublé son écart sur le second tracé. Quatrième victoire de rang en géant, Jeux de Milan-Cortina compris : depuis son titre olympique, personne ne l'a battu dans la discipline.
Mais pour lui, l'essentiel était ailleurs. Dans les sensations, dans ce lien avec lui-même qu'il dit rechercher à chaque entraînement.
Sölden, là où tout a commencé
Le glacier tyrolien a une saveur particulière pour lui. En 2020, sous les couleurs norvégiennes, il y avait signé sa première victoire en Coupe du monde, à 20 ans, devenant le plus jeune vainqueur de l'histoire de l'épreuve. Six ans plus tard, il remet ça sous le drapeau brésilien.
Le gros globe, l'objectif assumé
Pas question de jouer la fausse modestie. Le classement général, il en parle ouvertement, et il s'en explique.
Le général, c'est une bataille de longue haleine, de Sölden à la finale. Le Brésilien de 26 ans se dit armé pour la mener.
Le super-G pour défier Odermatt
Face à Marco Odermatt, présent dans trois disciplines quand lui n'en dispute que deux, le technicien sait qu'il ne pourra pas se contenter du slalom et du géant.
Il prévoit de s'aligner sur les premiers super-G de la saison, à Copper Mountain puis Beaver Creek, fin novembre et début décembre. Jusqu'ici, Braathen n'a disputé que deux super-G en Coupe du monde, pour une 7e et une 64e place.
Prochaine étape avant l'Amérique du Nord : le slalom de Levi, mi-novembre. Le « projet slalom » devait démarrer dès lundi matin, juste après une soirée bien méritée, « après quelques bières entre amis ».
« Je travaille pour gagner tous les jours »
La course n'avait rien d'une promenade. Départ abaissé à cause du vent, lumière plate, piste bosselée : Braathen s'en est remis à sa préparation.
Neige dure ou molle, grand soleil ou brouillard : sa devise reste la même, donner le meilleur à chaque manche. Une philosophie qui a déjà fait de lui l'un des visages forts du circuit.
Une spectatrice très spéciale
Sur le glacier, une personne vivait sa toute première course de ski en direct : sa compagne, Isadora Cruz, très émue à l'arrivée. Une présence qu'il a savourée, et qu'il espère revoir plus souvent cet hiver.
Premier round pour le Brésilien, qui a hurlé « Vamos ! » face caméra dans l'aire d'arrivée. Le gros globe se jouera sur tout l'hiver, mais Braathen a déjà fixé le ton : il ne viendra pas pour faire de la figuration.

