Elle a soulevé le gros globe de cristal au printemps, et elle sait déjà qui viendra le lui disputer. À quelques semaines de la reprise, Lou Jeanmonnot a passé en revue ses principales rivales auprès de l'IBU. Trois noms, trois profils, et une lucidité qui en dit long sur l'état d'esprit de la Française au moment de défendre son titre.
Elvira Öberg, « le plus gros moteur »
Première sur la liste : la Suédoise Elvira Öberg. Pour Jeanmonnot, personne n'a plus de puissance qu'elle sur les skis. C'est elle qui possède, selon ses mots, « le plus gros moteur » du circuit. Sa seule faiblesse, c'est la carabine. Si son tir gagne en régularité, la Suédoise deviendra très difficile à battre, prévient la Française.
Lisa Vittozzi, le tir et la tête
Deuxième menace : l'Italienne Lisa Vittozzi. Jeanmonnot a noté ses gros progrès sur la vitesse de tir la saison dernière. Le tir reste son arme maîtresse, et elle y ajoute un mental solide. Un profil que Patrick Favre, son ancien entraîneur, connaît bien, lui qui la compare aujourd'hui à la jeune Océane Michelon.
Julia Simon, la force mentale
Troisième nom, et non des moindres : sa coéquipière Julia Simon. Pour Jeanmonnot, la plus grande force de la Savoyarde, c'est la tête. Elle y ajoute un excellent niveau au tir comme sur les skis. La rivalité franco-française pour le globe promet donc de durer, alors que Simon court toujours après une victoire au Grand-Bornand.
« Porter le dossard jaune, c'est différent »
Lucide sur ses adversaires, Jeanmonnot l'est aussi sur elle-même. Son principal point faible ? Le temps passé sur le pas de tir, un constat que partageait déjà Patrick Favre, pour qui sa vitesse de tir reste l'un de ses rares points faibles. Elle veut aussi s'affirmer davantage comme leader, un rôle qu'elle n'a pas encore totalement apprivoisé.
La Française reconnaît ne pas avoir encore appris à se sentir pleinement en confiance dans ce costume de leader. Elle a pourtant trouvé un appui précieux en la personne de Cyril Burdet. Son entraîneur l'a aidée à comprendre qu'elle n'était pas seulement une bonne tireuse, mais aussi une skieuse solide, et lui a donné confiance. Son conseil tient en quelques mots : se sentir forte et prendre davantage de plaisir, ce que Jeanmonnot avoue devoir faire plus souvent.
Le globe, et l'or mondial en ligne de mire
L'ancienne lauréate du classement général de l'IBU Junior Cup ne se contente pas de défendre son gros globe. Il manque encore une ligne à son palmarès : un titre mondial individuel. C'est l'objectif affiché de son hiver. Pour y parvenir, elle pourra s'appuyer sur la méthode tricolore détaillée par Siegfried Mazet. Rendez-vous le 26 novembre à Kontiolahti pour le premier acte.

